Municipales. Échec des ex-présidents

Suite de la chronique : Municipales 2020. 7 ex-présidents. Un ex-président d’université, Louis Vogel, voulait rester maire de Melun. 7 autres ex-présidents voulaient devenir maire ou adjoint au maire d’une grande ville ou d’une ville moyenne. Ils posaient pour la première fois leur candidature : 1. Yvon Berland, 2. Pascal Olivard, 3. Alain Beretz, 4. Richard Lioger, 5. Luc Hittinger, 6. Jean-Emile Gombert, 7. Patrick Lévy.

Six d’entre eux, Yvon Berland, Alain Beretz, Richard Lioger, Luc Hittinger, Jean-Emile Gombert, ainsi que Louis Vogel, se sont présentés sur une liste LaREM. Pascal Olivard s’est classé lui-même : Centriste ouvert. Patrick Levy est le seul qui se soit positionné à gauche.

Dur, dur pour ces ex-présidents néophytes en politique ? Lors des municipales du 15 mars 2020, dans un contexte de forte abstention, liée au moins en partie à la pandémie Codiv 19, ils ont tous échoué et échoué largement. Présider une université, ce n’est pas le même métier qu’être maire ou adjoint au maire d’une ville. Avec la loi LRU, les regroupements ou fusions d’établissements, la prolifération de services centraux, les mobilités internationales, la possibilité de faire un second mandat, les présidents se sont coupés des personnels et des usagers, venus de toutes les régions de France, du continent et du monde. Les maires doivent avoir une vision de l’avenir de la Cité, tout en se penchant, pour les régler, sur les problèmes quotidiens des gens. La proximité est essentielle pour les maires et leurs adjoints.

Passage en revue des 8 échecs. 1. Yvon Berland. 8 décembre 2019. Chronique Marseille. Berland, candidat LRE. Il aura présidé une université durant 15 ans et demi : un record ! Quatre mandats consécutifs de président : près de 8 ans à la tête de l’université de la Méditerranée, 8 ans à la tête d’Aix-Marseille Université (fusion des trois universités existantes). Le  9 décembre 2019, il est officiellement désigné comme candidat de la LaREM à la mairie de Marseille.

15 mars 2020. A Marseille, la liste LaREM, menée par Yvon Berland, est arrivéee en 6ème position avec un faible score : 7,88%. Échec patent. C’est l’Union de la Gauche qui est arrivée arrive en tête.

2. Pascal Olivard, 5 février 2020. Chronique Brest. Carrière de Pascal Olivard, candidat à la mairie de Brest (son site de campagne). Né en 1966, il est ancien président de l’Université de Bretagne Occidentale (2007-2016), ancien président de l’Université Européenne de Bretagne (2012-2016), ancien président de la COMUE Université de Bretagne-Loire (2016-2019), ancien candidat à la direction de l’IFREMER (en 2018). Il est aujourd’hui candidat à la mairie de Brest pour le mandat 2020-2026.

La liste qu’il présente aux électeurs (Brest, imaginons demain) n’a pas le soutien d’un parti politique national. Il se définit comme un Centriste ouvert : « je n’ai jamais voulu exprimer publiquement mes opinions politiques…. Aujourd’hui, je peux me revendiquer pleinement comme centriste ouvert ».

15 mars 2020. A Brest, la liste menée par Pascal Olivard arrive en 5ème position, avec un faible score : 9,06 %. Échec patent. C’est l’Union de la Gauche qui arrive en tête.

3. Alain Beretz, 65 ans, a été l’un des acteurs de la fusion des trois universités strasbourgeoises. Il a été élu président de l’université fusionnée pour deux mandats (décembre 2008 – décembre 2012 – septembre 2016).

Le 15 septembre 2016, il est nommé directeur général de la recherche et de l’innovation et a de ce fait quitté la présidence quelques mois avant la fin de son mandat. Depuis cette date, il enchaîne des missions courtes

28 janvier 2020. Alain Beretz figure en 3e position de la liste conduite par Alain Fontanel, premier adjoint (socialiste) de la mandature sortante, passé à LaREM. La liste a été longtemps en tête des sondages.

15 mars 2020. Elle n’arrive qu’en 2ème position avec un score de 19,86 %. Alain Beretz ne sera pas 1er adjoint. Échec patent. C’est Europe Écologie les Verts qui arrive avec un score de 27,87 %.

4. Richard Lioger, 63 ans. 5 mars 2020, chronique du blog, l’ex-président de METZ est candidat à la mairie de Metz

Richard Lioger a été président de l’université Paul Verlaine. En 2005, il est élu pour deux ans 3ème vice-président de la conférence des présidents d’Université… Il entre au Parti socialiste en 2005. En mars 2008, il devient 1er adjoint au maire de la ville de Metz et vice-président de Metz Métropole.

4 mars 2020. Il est tête de liste LaREM pour les élections municipales à Metz et débat Deux heures pour convaincre… des universitaires !

15 mars 2020. La liste LaREM Lioger arrive en 4ème position avec un score de 7,16%, derrière le Rassemblement national (11,79 %) ! Échec patent pour l’ancien président de l’université… mais il est député LREM depuis 2017 ! C’est la liste Les Républicains qui est arrivée en tête.

5. Luc Hittinger a été président de l’université Paris-Est Créteil de 2012 à 2016 (Luc Hittinger, président de l’UPEC). Mais il a échoué à se faire élire pour un second mandat ; il s’est fait battre par Olivier Montagne (UPEC. Une contre-analyse du rififi).

18 février 2020, Municipales à Boissy-Saint-Léger. Luc Hittinger figure en 7ème position sur la liste LaREM de Moncef Jendoubi

15 mars 2020. La liste LaREM arrive en 4ème position avec un score de 12,33 %. S’il y avait un second tour le 22 mars prochain et que la LREM restait au même rang, il n’est même pas sûr que Luc Hittinger soit conseiller municipal. Échec patent pour lui. C’est la liste du Parti socialiste qui est arrivée en tête.

  • Pour aller plus loin. Chroniques d’Histoires d’universités sur Luc Hittinger, dont celles du 17 septembre 2016,  CPU : lobbying à Bruxelles. Depuis juin dernier, Luc Hittinger est devenu délégué permanent de la CPU.

6. Jean-Emile Gombert, ex-président de Rennes 2 élu en 2010, est candidat (en position 2) sur la liste LREM de Carole Gandon qui vise à conquérir la mairie de Rennes.

26 Janvier 2015. Le président Gombert démissionne, suite à la démission de 22 administrateurs, en désaccord profond sur la gouvernance de la future université de Rennes. En 2020, statu quo, pas de fusion entre Rennes 1 et Rennes 2.

14 février 2020. Les Rennais sont prêts pour le renouvellement, estime la candidate LaREM Carole Gandon (36 ans). Propos recueillis par Camille Allain, La capitale bretonne est aux mains des socialistes depuis plus de quarante ans. La candidate espère surfer sur les bons résultats de son parti lors des derniers scrutins électoraux. Elle compte bien se faire une place dans le match des élections municipales, qui opposera Nathalie Appéré (PS) à Matthieu Theurier (EELV).

4 mars 2020. La candidate LaREM reçoit le soutien de Jean-Yves Le Drian, ministre des affaires étrangères, ancien président socialiste de la Région Bretagne… et mentor politique de la maire socialiste Nathalie Appéré.

15 mars 2020. La liste LaREM arrive en 3ème position avec un score de 14,29 %. Échec patent pour Jean-Émile Gombert. C’est la liste d’Union de la gauche, menée par Nathalie Appéré qui est arrivée en tête (32,77 %).

7. Patrick Lévy, en 2012, succède à Farid Ouabdesselam à la présidence de l’université Joseph Fourier. En décembre 2015, il est élu président de la Comue Université Grenoble-Alpes. En janvier 2018, il est élu président de l’université fusionnée Grenoble-Alpes pour une durée de deux ans.

08 mars 2020. Eric Piolle, seul contre tous à Grenoble. Candidat à sa propre succession à Grenoble, le seul maire écologiste de France, Eric Piolle, est la cible des critiques de ses adversaires dont Olivier Noblecourt, avec sa liste de gauche Grenoble nouvel air. Patrick Levy figure en 3ème position sur cette liste.

15 mars 2020. La liste Grenoble Nouvel Air arrive en 4ème position avec un score de 13,31 %. Échec patent pour Patrick Lévy. C’est la liste du maire sortant écologiste, Eric Piolle, qui est arrivée de loin en tête (46,67 %). Réélection au 1er tour ratée de peu !

8. Louis Vogel (biographie sur Wikipédia), ancien président de Paris II Panthéon Assas et ex-président de la CPU, est devenu maire de Melun en 2016, après avoir été maire-adjoint à l’issue des élections de 2014. Il est candidat à sa propre succession en 2020.

Après avoir obtenu le soutien officiel de La République en Marche, lundi 28 octobre 2019, il annonce sa candidature pour poursuivre les projets entrepris depuis son élection.

15 mars 2020. La liste Vogel, soutenue par la LREM arrive en 1ère position avec un score de 45,66 %. Réélection dès le 1er tour ratée de peu. Psychologiquement, ce doit être un échec pour Louis Vogel ! Il se dit peut-être : mais que suis-je donc allé faire dans la galère de la LREM ?

Commentaires fermés sur Municipales. Échec des ex-présidents

Classé dans Non classé

Les commentaires sont fermés.