Covid-19. Surmortalités régionales

Huit départements ont un nombre de décès en mars 2020 supérieur de 25 % à 40 % par rapport à 2019, parmi lesquels le Val-de-Marne (+ 39 %), le Val-d’Oise (38 %), le Bas-Rhin (+ 38 %), Paris (+ 36 %). Il n’est cependant pas possible d’imputer systématiquement cet excès de mortalité à l’épidémie du Covid-19 notamment dans des départements où le nombre de décès est relativement faible et fluctuant d’une année sur l’autre. C’est par exemple le cas de Mayotte. C’est aussi le cas des Deux-Sèvres, qui a connu un excès de décès au début du mois de mars 2020 par rapport à 2019 a priori sans lien avec l’épidémie du Covid-19. Il ne s’agit donc pas d’une estimation de la surmortalité liée au Covid-19 qui nécessite la mobilisation de modélisations économétriques mises en œuvre par Santé Publique France. Au total, sur cette période du 1er au 30 mars, trente-trois départements enregistrent un excédent de décès de 10 % ou plus par rapport à 2019, et parmi eux, vingt-quatre enregistrent également des décès supérieurs en 2020 à ceux enregistrés en 2018 à la même date.

Afin de comparer directement les décès survenus en 2020 aux décès survenus en 2019 et 2018, en neutralisant les évolutions des taux de dématérialisation, les décès survenus jusqu’à la date du 3 avril sont communiqués à partir de cette semaine sur le champ – constant – des communes ayant opté pour une transmission dématérialisée au 1er avril 2020.

Le nombre de ces décès survenus en France dans ces communes entre le 1er mars et le 30 mars 2020 s’élève à 54 109 (soit 94 % des décès transmis par voie dématérialisée ou par papier par l’ensemble des communes). Il est de 63 142 à la date du 3 avril, contre 53 596 entre le 1er mars et le 3 avril 2019 et 59 780 à la même période en 2018. Que ce soit à la date du 3 avril, ou à celle du 30 mars, ce sont les mêmes régions et les mêmes départements qui enregistrent les plus forts excédents de décès par rapport à 2019. Mais ces excédents sont encore plus marqués : Haut-Rhin (+ 150 %), Seine-Saint-Denis (+ 82 %), Hauts-de-Seine (+ 79 %), Vosges (+ 68 %), Moselle (+ 59 %), Val-d’Oise (+ 57 %), etc.

La hausse des décès dans la région Grand Est se poursuit, mais à un rythme nettement ralenti par rapport à la semaine passée. Sur le champ des communes dématérialisées, les décès survenus du samedi 28 mars au vendredi 3 avril sont supérieurs de 7 % ceux de la semaine précédente (du samedi 21 au vendredi 27 mars), alors que la hausse sur une semaine était auparavant de 32 %. On peut citer le cas du Haut-Rhin, dont les décès avaient crû la semaine du 14 au 20 mars de + 89 % par rapport à la semaine précédente, puis de + 27 % la semaine du 21 au 27 mars et augmentent de 2 % la semaine du 28 mars au 3 avril. En Île-de-France en revanche, la hausse des décès reste vive : + 41 % d’augmentation la semaine du 28 mars au 3 avril (contre + 46 % la semaine d’avant). Elle ralentit néanmoins dans deux départements franciliens : en Seine-Saint-Denis (+ 47 % contre + 73 % la semaine précédente) et à Paris (+ 18 % contre 50 %).

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