ParcourSup piège les bacs pros

Les résultats au BTS. Combien de bacheliers professionnels obtiennent-ils le BTS en 2 ou 3 ans ? Moins de la moitié ! Chronique du 18 juin 2019. Bacs Pros en BTS : 50% d’échec

Cédric MAMARI, Parcours et réussite en STS : les indicateurs de la session 2018, Note Flash du SIES, n°10, juin 2019. Cette Note Flash est un suivi de cohorte de bacheliers 2015, ayant poursuivi immédiatement en BTS après leur bac : sont-ils passés en 2ème année ? ont-ils obtenu leur diplôme en deux ou trois ans?

Ce sont les bacheliers professionnels (25,6% des inscrits dans la cohorte 2015) qui sont le plus en difficulté :

  • en effet, ils ne sont qu’un peu plus de deux sur trois (67 %) à passer en 2ème année, alors que c’est le cas pour plus de 80% des bacheliers généraux et technologiques.
  • les bacheliers pros sont moins d’un sur deux (45,3 %) à obtenir le BTS en deux ans, alors que c’est le cas pour plus de 80 % des bacheliers généraux scientifiques et économiques, pour plus des deux tiers des bacheliers technologiques
  • au final, moins d’un bachelier professionnel sur deux (49,6 %) obtient le BTS en 2 ou 3 ans.

Conclusion. Plus ParcourSup propose de formations, plus il a des effets négatifs sur le devenir des élèves de terminale professionnelle. L’existence de Parcoursup est un piège pour eux.

Le 1er piège est une sorte d’obligation à déposer des vœux de poursuite d’études dans le supérieur, comme si cela allait de soi. Cette année, 95% d’entre eux ont émis un vœu de poursuite, ce qui ne les distingue plus guère des élèves de bac général ou technologique.

Le 2ème piège de ParcourSup pour les élèves de bac pro est de faire croire que le BTS est la « filière naturelle » pour eux, qu’ils ont une priorité d’accès à ce diplôme (les fameux quotas) et que le nombre de places (capacité d’accueil) y est de plus en important. Il demeure que la croissance de places est insuffisante eu égard à la demande.

Le 3ème piège est masqué. Évidemment, la plateforme ne va pas clamer sur les toits que le taux d’obtention du BTS en deux ou trois ans est inférieur à 50% pour les titulaires d’un baccalauréat professionnel, que leur taux d’obtention de la licence en 3 ou 4 ans est inférieur à 5%.

Que faire pour éventrer le piège ? Il est d’abord nécessaire de réaffirmer le droit pour tous les bacheliers de poursuivre des études supérieures, mais pas forcément en formation initiale.

Le baccalauréat professionnel doit prouver qu’il apporte aux élèves les compétences à la poursuite d’études supérieures. Ce n’est pas le cas actuellement. Il le prouverait sans problème s’il était suivi par une période d’acquisition de compétences professionnelles en milieu de travail. On reviendrait ainsi à la logique initiale du bac pro : c’est un diplôme terminal ouvrant directement sur le marché du travail.

Comment valoriser, aux yeux des élèves de terminale professionnelle, l’acquisition d’une expérience professionnelle, de deux à trois années après le bac, en entreprise ?

L’attractivité d’un tel parcours pourrait être obtenue par un droit automatique à la formation continue diplômante, rémunérée à taux plein, gratuite et débouchant sur une progression de classification dans la grille de la convention collective du secteur d’accueil.

Trop coûteux ? Pas du tout. Ce parcours attractif serait financé par les gâchis actuels : financement inutile de places de BTS, aboutissant majoritairement à des échecs, à un gaspillage financier, matériel, et humain.

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