ParcourSup épinglé par la Cour

19 mai 2020, les candidats à la poursuite d’études dans l’enseignement supérieur reçoivent ou ne reçoivent pas de propositions d’admission décidées par les établissements

Chroniques critiques sur ParcourSup dont

Cour des Comptes. Un premier bilan de l’accès à l’enseignement supérieur dans le cadre de la loi Orientation et Réussite des Étudiants. Communication au comité d’évaluation et de contrôle des politiques publique de l’Assemblée nationale, février 2020, 200 pages.

Critiques de la Cour des Comptes sur la faible transparence du Code source de ParcourSup. Dans les extraits ci-dessous, les phrases en gras ont été effectuées par l’informaticien qui a transmis.

« En dépit des actions de mise en transparence du ministère, le code source de Parcoursup reste à 99% fermé. La partie publiée demeure d’un intérêt limité pour comprendre, expertiser, et évaluer le processus d’affectation des candidats dans les formations. Les données de Parcoursup, particulièrement riches, ne font pas l’objet d’une valorisation à la hauteur des enjeux, non seulement par les acteurs de la recherche et de l’innovation, mais aussi par l’administration elle-même, tant les moyens matériels et humains pour permettre leur exploitation sont insuffisants. 

Les résultats ainsi produits suggèrent que l’application Parcoursup présente une qualité médiocre, avec un niveau de risque élevé et de nombreuses violations critiques identifiées. Parcoursup se situe à un niveau de qualité plus faible que d’autres logiciels d’ancienneté similaire. Plus précisément, les indices d’efficience et de sécurité ainsi évalués montrent que le risque de rupture du fonctionnement normal de Parcoursup est élevé. 

D’après le ministère, le code Java public, qui « n’a pas été produit selon les standards professionnels », ne peut être analysé avec les métriques de l’audit car elles ne sont pas adaptées à ce mode de production artisanal. 

Le dispositif présente ainsi un risque de rupture de service. Il n’est pas non plus à l’abri d’une intrusion comme en témoigne un autre audit de sécurité du code source, réalisé en juillet 2018 à la demande du ministère, et qui souligne un risque de sécurité « très élevé » pour l’application. Cette situation doit être corrigée rapidement. À la fin 2019, le ministère souligne qu’une « démarche de certification du code Parcoursup a été initiée avec les équipes de recherche du laboratoire de recherche en informatique de Saclay ainsi que du laboratoire bordelais de recherche en informatique ». 

[…] d’autant que l’échantillonnage n’a pas permis de trouver les traces d’un processus de développement mené dans les règles de l’art. Le code actuel est en effet d’une facture plus artisanale. Il serait souhaitable d’introduire un processus de développement moderne et éprouvé afin d’assurer une évolution fiable et maitrisée de l’application. 

Le code de Parcoursup présente un niveau de complexité anormalement élevé. Les composantes complexes représentent 27 % du volume de code, ce qui est bien plus élevé que le plafond de 5 à 7 % recommandé par les standards des professionnels du secteur. Avec un tel niveau de complexité, la mise en œuvre d’évolutions fonctionnelles risquent d’introduire des erreurs. Le ministère ne partage pas cet avis et invoque la complexité du système d’enseignement français et la variété des parcours proposés. Pour la Cour, le code source devrait être restructuré afin de réduire le nombre de ses composantes complexes. 

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