De Rohan à Strasbourg et à Reims

1713, 8 septembre. Bulle Unigenitus

« Pour éviter un nouveau scandale, le pape Clément XI se soumit à ces conditions humiliantes et, en février 1712, nomma une congrégation spéciale de cardinaux et de théologiens pour extraire du travail de Quesnel les propositions qui méritaient d’être censurées par l’Église. Le membre le plus influent de cette congrégation était le cardinal Fabroni.

Il fallut à la congrégation dix-huit mois pour exécuter sa tâche, et le résultat fut la publication à Rome de la bulle Unigenitus, le 8 septembre 1713. Cette Bulle commence par l’avertissement du Christ contre les faux prophètes, surtout ceux qui « propagent secrètement les doctrines du mal sous couvert de la piété et qui présentent sous un jour de sainteté des sectes qui apportent la ruine » ; vient ensuite la condamnation de 101 propositions prises textuelles dans la dernière édition de l’œuvre de Quesnel comme : quand la grâce travaille, elle est toute-puissante et irrésistible ; sans grâce l’homme ne peut commettre que le péché ; le Christ n’est mort que pour les prédestinés ; tout amour qui n’est pas surnaturel est mauvais ; sans amour surnaturel il ne peut y avoir aucun espoir en Dieu, aucune obéissance à Sa loi, aucune bonne œuvre, aucune prière, aucun mérite, aucune religion ; la prière du pécheur et ses autres bonnes actions exécutées par peur de la punition constituent seulement de nouveaux péchés ; l’Église consiste seulement dans les justes et dans les élus ; la lecture de la Bible est obligatoire pour tous ; l’absolution sacramentelle devrait être remise jusqu’à la fin de la pénitence ; les pasteurs suprêmes ne peuvent exercer le pouvoir d’excommunication de l’Église qu’avec le consentement, au moins tacite, du corps entier de l’Église. Louis XIV reçut la Bulle à Fontainebleau le 24 septembre 1713 et en envoya une copie au Cardinal de Noailles, qui retira son approbation aux Réflexions Morales donné en 1695.

Le roi convoqua également le clergé français qui se réunit à Paris 16 octobre 1713 pour accepter la bulle. À la première séance, Noailles nomma un comité présidé par le Cardinal de Rohan, de Strasbourg, pour voir quelle manière serait la plus convenable pour accepter la Bulle. Les tentatives de Noailles pour empêcher une acceptation sans condition furent vaines, et la Bulle fut acceptée et enregistrée le 23 janvier 1714 par 40 évêques tandis que seulement 9 prélats la refusaient. Une instruction pastorale de Noailles interdit à ses prêtres, sous la peine de suspension, d’accepter la Bulle sans son autorisation, mais elle fut condamnée par Rome. Les évêques de France se divisèrent. Le pape, estimant que son autorité était discutée, avait l’intention de convoquer Noailles devant la Curie et, si besoin était, de le déchoir du cardinalat. Mais le roi et ses conseillers, voyant dans cette procédure une intrusion dans les « libertés gallicanes », proposèrent de convoquer un « concile » national au lieu de celui qui devrait juger Noailles et sa fraction minoritaire, et prononcer une sentence contre eux ».

  • 1730, 2 octobre. « Lettre de Son Altesse éminentissime monseigneur le cardinal de Rohan, évêque et prince de Strasbourg, grand aumônier de France, etc., écrite à M. de Romigny, syndic de la Faculté de théologie de Paris, portant approbation des actes que ladite Faculté a faits pour faire observer et exécuter la constitution « Unigenitus » (source : Data BNF).

1715, 1er septembre. Mort du roi Louis XIV

1722. Armand-Gaston-Maximilien de Rohan est membre du Conseil de Régence. Le 22 novembre, le traité de Paris avec l’Espagne est signé. Il fixe le mariage de Louis d’Espagne, prince des Asturies et Louise-Élisabeth d’Orléans, les fiançailles de Louis XV et Marie-Anne-Victoire d’Espagne et de Charles d’Espagne et Philippine Élisabeth d’Orléans.

Commentaires fermés sur De Rohan à Strasbourg et à Reims

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne)

Les commentaires sont fermés.