Archives mensuelles : août 2020

1685-1789. Magistrat de Strasbourg

Source principale. Paul Greissler, La classe politique dirigeante à Strasbourg 1650 à 1750, Le Quai Éditions, 1987, 302 pages. Album de 6 photos en grand format.

« Entre les 13ème et 18ème siècles, la ville de Strasbourg est gouvernée par trois conseils et un Ammestre. L’ensemble est appelé le Magistrat.

Cette organisation permettait aux grandes familles patriciennes strasbourgeoises de détenir les pouvoirs, selon un système oligarchique ».

Après la capitulation de Strasbourg en septembre 1681 (chronique du blog), et le rattachement à la France qui s’en est ensuivi, Louis XIV conserve le système municipal organisé avec trois pôles de pouvoir depuis le 13ème siècle. Mais le Magistrat strasbourgeois n’a plus de pouvoir que sur le papier d’un organigramme particulièrement complexe.

Dans les faits, les pouvoirs du Magistrat sont passés aux mains de Gens du Roi, à l’Intendant, au Préteur royal, au Gouverneur militaire et au Conseil souverain d’Alsace (équivalent des Parlements des autres régions du Royaume, créé en septembre 1657 par Louis XIV à la suite de la réunion de l’Alsace à la France par les traités de Westphalie de 1648).

D’autre part, Louis XIV institue l’Alternative, procédure qui vise une égalité des confessions protestante et catholique au sein de chacune des instances du Magistrat. Strasbourg étant protestante, l’égalité ne peut s’obtenir que par la conversion de protestants au catholicisme (ce fut le cas pour Ulrich Obrecht, préteur royal, 1685-1701), et/ou par le remplacement – par un catholique – d’un protestant arrivé en fin de mandat. L’Alternative sera combattue systématiquement, en particulier dans l’université protestante, jusqu’à la Révolution.

Ulrich Obrecht. Gravure au Musée historique de Strasbourg

Suite de la chronique : pages 2 et 3

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Sarrebourg, un Hôtel du 18ème

Sarrebourg : Hôtel des Saintignon devenu bibliothèque municipale. Portail en grès rose des Vosges.

Album de 15 photos en grand format.

« C’est le monument le plus prestigieux laissé par le 18ème siècle à Sarrebourg. Construit par Marie-Joseph-Maurice de Saintignon (1727-1806), cet hôtel, rue de la Paix, abrite aujourd’hui la bibliothèque municipale » (source : Petit patrimoine)

« La famille de Saintignon est une famille subsistante de la noblesse française, d’ancienne extraction, originaire de Verdun, où, selon Bernard Chérin, elle est citée au XVe siècle dans l’échevinage de cette ville. Elle occupa la charge de bailli de l’évêché et comté de Verdun de 1591 à 1633″.

« La sobriété du bâtiment contraste avec le portail monumental. Deux pilastres cannelés supportent un fronton arrondi orné d’un médaillon de style rocaille. De chaque côté, deux lions surplombent les portes piétonnes.

Aujourd’hui, le portail est fermé par une grille de Sandor Kiss artiste mosellan, qui s’intègre fort bien à l’architecture 18ème.

Dans la cour, donner un coup d’œil aux fenêtres décorées d’agrafes en forme de coquilles asymétriques et à une fontaine de style rocaille ».

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18ème. Approvisionner Strasbourg

Valérie Feuerstoss, Nourrir, chauffer, éclairer les habitants de Strasbourg au XVIIIème siècle : les autorités et l’approvisionnement (1681-1788), doctorat d’Histoire sous la direction de Claude Muller. Université de Strasbourg, 2015, 829 pages.

Résumé. « Au XVIIIe siècle, il incombe aux autorités de veiller à l’approvisionnement des habitants en denrées alimentaires, en combustibles et en chandelles de suif. Le rattachement de Strasbourg au royaume de France de Louis XIV en 1681 signifie la fin de l’indépendance de la cité, le préteur royal étant à la tête du magistrat. Quelle conséquence cette évolution institutionnelle a-t-elle sur la politique d’approvisionnement de la ville ? Celle-ci demeure régulièrement perturbée par les accidents météorologiques, les guerres et les agissements des spéculateurs. Elle doit par ailleurs répondre à une demande croissante. La cité continue de se ravitailler en grain et en vin dans la province d’Alsace, mais elle recourt à l’importation pour le bois de chauffage, les bestiaux ou encore le café. Les tribus, à l’instar de celle des bouchers, jouent un rôle important dans l’approvisionnement de la ville qui se trouve compromis en 1788 ». Le premier prêteur royal, Ulrich Olbrecht, 1685-1701

Article : Revue d’Alsace, 142-2016, pages 405-410.

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Critiquer le classement de Shanghai

Classement de Shanghai : 12 chroniques critiques d’Histoires d’universités depuis 2009

La Saison 8 du blog étant commencée, je ne commente pas le classement de Shanghai 2020.

Miche Abhervé, blogueur Alternatives Économiques, m’a communiqué le lien vers un article The Conversation (13 août) : Débat. Classement de Shanghai, un palmarès pas très classe. Je l’en remercie.

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18ème. Visitandines et éducation

Chronique du blog sur l’Abbaye de Saint-Etienne. 1687. Après la capitulation de Strasbourg en 1681, l’abbaye est rendue au culte catholique par la France. Des Antonins s’y installent. En 1702, ils sont remplacés par des Visitandines.

1718. Celles-ci ouvrent un pensionnat pour l’éducation des jeunes filles nobles. 1792. Elles sont expulsées.

J’ai  recherché des sources sur la mission d’éducation des Visitandines. L’histoire de l’Ordre de la Visitation Sainte-Marie n’en fait pas mention. Source : Wikipédia

1604. « Jeanne-Françoise Frémyot, baronne de Chantal, jeune veuve de 28 ans et mère de quatre enfants, rencontre à Dijon l’évêque de Genève François de Sales. Entre eux, va s’établir une grande amitié spirituelle, qui va la pousser à venir s’installer près de lui à Annecy et à fonder l’ordre de la Visitation Sainte-Marie.

Jeanne de Chantal, sous la direction spirituelle de l’évêque de Genève, accepte de diriger un groupe que celui-ci voulait apostolique : comme lors de l’épisode évangélique de la Visitation, où la Vierge Marie, enceinte du Christ s’en va aider sa cousine Élisabeth âgée et enceinte de Jean-Baptiste, les religieuses auraient comme tâche principale de visiter malades et pauvres et les réconforter.

1610. Le premier groupe, formé le 6 juin et comprenant Jeanne de Chantal, Jaqueline Favre, Jeanne-Charlotte de Bréchard et Anne-Jacqueline Coste, s’installe à Annecy, dans les États du duc de Savoie« .

Source de cette carte

Pensionnat pour jeunes filles nobles que les Visitandines auraient ouvert à Strasbourg ? Aucune trace dans les Actes du Colloque, dirigé par Bernard Dompnier et Dominique Julia, Visitation et Visitandines aux XVIIème et XVIIIème siècles, Colloque, Publications de l’Université de Saint-Etienne, 2001, 603 pages. En ligne : livre Google

« Fondé à l’orée du XVIIème siècle par François de Sales et Jeanne de Chantal, l’ordre féminin de la visitation apparaît comme l’une des créations les plus originales du temps de la réforme catholique, en mettant l’accent sur la totale soumission à la volonté divine plus que sur les austérités corporelles. La rapide augmentation du nombre de ses monastères témoigne du succès du modèle qu’il propose,  empreint de cordialité et de douceur. En dépit de l’absence de gouvernement central, les monastères de la Visitation conservent tout au long des XVIIème et XVIIIème siècles une forte identité commune, dans le partage d’une conception de la vie en religion comme dans celui d’une spiritualité ».

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Musée de Marsal. Sels et Saints

Marsal. Le musée départemental du sel est « abrité dans l’une des deux anciennes portes fortifiées, dite Porte de France, vestige des fortifications de Vauban. Il est la propriété du Conseil Départemental de la Moselle et fait partie du réseau des sites Moselle Passion.

Marsal se situe au cœur du pays du Saulnois. Il y a 200 000 millions d’années, la mer du Nord descendait jusqu’en Lorraine. Dès l’âge du fer, une exploitation des mares salées s’est développée à une échelle quasi-industrielle : elle produisait 20 000 tonnes de sel par an.

Les nombreuses sources salées sur le territoire Marsal, fortifié dès le XIIIe siècle, suscite la convoitise des ducs de Lorraine, des évêques de Metz et des rois de France ».

Sels et Saints. Album de 30 photos (août 2020).

Nouvelle muséographie. » Le musée tente de restituer au visiteur le processus d’exploitation de « l’or blanc », à travers les techniques de production depuis la préhistoire et évoque également l’histoire de l’ancienne place forte de Marsal. Il présente une partie des collections provenant des fouilles du briquetage de la Seille, qui illustrent les relations complexes de l’homme au sel au cours de l’histoire ».

Trois œuvres religieuses exposées dans le Musée. Sels et Saints. Citations des cartels.

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1722. Portail du Poêle à la Fleur

Suite de la chronique du blog (30 novembre 2019) : Strasbourg. Corporations de bouche. Corporation des Bouchers dite A la Fleur (bouchers, tripiers, fabricants de saucisses). Emblème : le bœuf ou un outil de coupe.

1722. Portail du Poêle à la Fleur  (source Horizon nomade)

« Du XIV° siècle jusqu’en 1791, la corporation des Bouchers avait son Poêle dit A la Fleur au n°19, rue des Bouchers. La porte d’entrée était décorée d’une fleur sculptée dans la pierre et le bâtiment renfermait une écurie pour 120 chevaux.

Les Balades Strasbourgeoises font remonter la date du portail à 1722, et lui attribuent un style classique d’époque Louis XIV.

Diaporama de 19 photos du Portail (en grand format, juin et août 2020)

Lors des travaux de la Grande percée en 1933, le bâtiment du Poêle fut démoli mais son portail d’entrée fut conservé et remonté rue de Rohan en 1953″.

Corporation de la Fleur (source Archi-Wiki)

« Adresse citée depuis 1398 par Seyboth dans Das Alte Strassburg, sous l’appellation Der Metziger Trinkstube , maison reconnaissable par la présence d’une fleur sculptée et abritant le Poêle des Bouchers. Nouvelle construction en 1558.

Le bâtiment de 1722. « Seul subsiste le portail d’entrée qui a été réinstallé au 3 rue de Rohan. Celui-ci est plutôt classique avec son fronton triangulaire, mais les consoles supportant le fronton, le cartouche naturaliste avec son décor floral qui orne le tympan, et le vase de fleurs qui le surmonte lui donnent une touche baroque. Ce portail est de style Louis XIV d’après la documentation de l’office du tourisme Sur les traces des corporations de métiers« .

Mais pourquoi la toute proche Fondation de l’Oeuvre Notre-Dame n’entreprend-elle pas la restauration de l’ensemble du tympan ? Couvert de vigne-vierge morte, le vase de fleurs n’est pas lisible ; de loin, il ressemble à un nid de cigogne déserté.

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Reims. Conflits Université / Collège

L’université de Reims est créée en 1548 et celle de Pont-à-Mousson l’est en 1572. Le Collège des Jésuites de Reims est fondé en 1606. Concurrence et conflit entre eux marqueront la première moitié du 17ème siècle. Source des textes de la chronique : université de Reims (Wikipédia), collège des Jésuites de Reims (Wikipédia).

Album de 29 photos : exposition de septembre 2008 sur le premier Collège des Jésuites à Reims, 1608-1618.

Dissensions sur la collation des grades : le collège Jésuite qui enseigne les matières de la Faculté des Arts, préparant ainsi au baccalauréat, peut-il délivrer seul ce diplôme ou doit-il obtenir la validation par un jury universitaire ? Dissensions sur le regroupement : le Collège doit-il être incorporé à l’université ? Faut-il laisser les Jésuites enseigner la théologie en Collège ou dans un établissement autre que l’université, un Séminaire ?

Les trois établissements disparaissent dans la deuxième moitié du 18ème siècle. Les jésuites sont expulsés ; les deux universités, la champenoise et la lorraine, sont emportées par la Révolution.

Bref, les collèges supérieurs et les universités sont mortels : saison 8 du blog.

1548. L’université de Reims est fondée grâce au patronage de Charles de Lorraine (1524-1574), membre influent de la maison de Guise, archevêque de Reims depuis 1545 et qui héritera de son oncle, Jean III de Lorraine (1498-1550), le titre de cardinal de Lorraine. Le jeune archevêque est en même temps un proche conseiller du roi Henri II, qui le charge des affaires italiennes…

Charles obtient du pape Paul III, par une bulle du 5 janvier 1548, et du roi, par lettres patentes, la transformation du collège des Bons-Enfants en une université à quatre facultés : arts, droit, médecine et théologie. Le cardinal veille à développer l’université en y faisant venir les meilleurs professeurs, notamment en théologie.

1564. Dans le contexte de la Contre-Réforme, mais aussi des guerres de Religion qui se développent à partir de 1562, le cardinal tient à renforcer la qualité et la discipline de l’enseignement afin d’éradiquer le protestantisme. En 1564, il crée à Reims le premier séminaire de France, lié à l’université et destiné à la formation du clergé.

1573. Lors de l’assemblée du clergé, il s’adresse au roi Charles IX : Parce que, de l’institution de la jeunesse dépend la bonne ou mauvaise vie des sujets, aidez-nous, Sire, à réformer toutes les universités de vostre Royaume.

1572. L’université de Pont-à-Mousson, fondée en Lorraine sous le patronage des Guise, est destinée à accueillir les étudiants étrangers : les jésuites en font un centre actif de mission catholique.

1578-1593. Le Collège anglais est un collège dépendant de l’ancienne université de Reims, créé en 1578 pour accueillir les étudiants catholiques anglais victimes de persécutions et déplacés du collège anglais de Douai. Il connaît un rayonnement important à la fin du XVIe siècle mais son activé diminue après 1593 en raison du retour de la plupart de ses membres à Douai.

Reims accueille plusieurs figures importantes du catholicisme anglais en exil. William Gifford y fait plusieurs séjours à partir de 1579 et y enseigne la théologie. Il devient recteur de l’université en 1606 avant d’entrer dans l’ordre de Saint-Benoît.

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1685-1701. U. Olbrecht prêteur royal

Sur décision de Louis XIV, Strasbourg, devenue française en 1681 (chronique du blog, 1681, la capitulation de Strasbourg), conserve toutes ses instances séculaires de Ville libre d’Empire.

Par édit de 1685, Louis XIV crée toutefois la charge de Prêteur Royal et y nomme Ulrich Obrecht.

Présent sur place et assistant de droit à toutes les réunions des Instances strasbourgeoises, le prêteur a de très larges pouvoirs et ce dans tous les domaines. François-Joseph de Klinglin, prêteur de 1725 à 1752, en abusera et sera jeté en prison.

Archives de l’Eurométropole et de la Ville de Strasbourg. Extraits de l’Édit enregistré suivant l’Arrêt du Conseil souverain d’Alsace, le 17 avril 1685.

Nous avons par le présent Edit créé et érigé, créons et érigeons en titre d’office une Charge de Preteur Royal dans la ladite Ville de Strasbourg, pour résider dans icelle, avec pouvoir à celuy qui en sera pourvu de prendre rang et séance en notre nom en la maison et Hôtel commun dudit Strasbourg, d’entrer dans toutes les assemblées qui s’y feront, et dans tous les conseils qui s’y tiendront, soit pour le Reglement de la Police, de l’administration de la Justice, soit pour les revenus et dépenses de ladite Ville, veiller et prendre garder à ce qu’il ne s’y passe aucune chose contre notre service, y avoir en la susdite qualité de Preteur Royal voix décisive tant en consultation des matieres civiles que criminelles, juger et terminer conjointement avec lesdits Bourguemaîtres et Echevins toutes les affaires généralement quelconques qui se présenteront de quelque nature qu’elles puissent être sans qu’il puisse être par eux tenu aucune assemblée extraordinaire que ledit Preteur Royal n’y soit present et participant, et au surplus jouir par ledit Preteur Royal des mêmes honneurs, authorités, prérogatives, préeminences, privileges, droits, fruits, profits, revenus et emoluments dont jouissent ceux qui sont  pourvus de pareilles charges...

Biographie d’Ulrich Obrecht. Sources. Wikipédia pour les évènements cités ci-dessous. Famille des Obrecht, Revue d’Alsace, Dix-huitième année, Tome troisième, Colmar, 1867, page 58-68.

1646 (23 juillet). Naissance à Strasbourg. Il est le fils du juriste strasbourgeois Georges Ulric Obrecht et d’Anne Marie Boeder.

Il étudie les belles-lettres, l’histoire et le droit à Altdorf, Bâle et Strasbourg. Polyglotte, il parle, outre l’allemand et les langues anciennes, le français, l’espagnol et l’italien.

Précepteur du fils d’un ambassadeur russe, il voyage à travers l’Europe, séjournant notamment à Vienne et à Venise.

1676 (30 ans). Il retourne dans sa ville natale.

1682 (36 ans). Il succède à son beau-père à la double chaire d’éloquence et d’histoire de l’université de Strasbourg. Parallèlement, il est avocat Général du Magistrat de Strasbourg.

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1736. Strasbourg. Hôtel du Prêteur

1731-1736. Le Prêteur royal François-Joseph de Klinglin (1686-1753) s’approprie un terrain communal pour y faire construire un hôtel fastueux, dont il fait dresser les plans par l’architecte Le Chevalier en collaboration avec Jean Querret. Mais ils seront finalisés et exécutés par l’architecte de la Ville, Jean-Pierre Pflug. Les concepteurs ont adopté un style Régence auquel se mêlent des éléments rococo.

Album de 37 photos : diaporama

  • Sources des citations de cette chronique :
  • François-Joseph de Klinglin, Wikipédia
  • Hôtel du Prêteur royal Klinglin (aujourd’hui Hôtel de la préfecture, Horizon-nomade
  • Hôtel de Klinglin, Wikipédia
  • Hôtel du Préfet, Archi-Wiki

L’influence française est sensible dans le plan : bâtiment construit entre cour et jardin. La façade vers l’Ill « est entièrement parementée de grès rose, avec avant-corps cintrés et triangulaires. L’élévation côté Cour se singularise par l’élégante incurvation de son plan ».

Les Mascarons sur les façades. « Ils ont été refaits après 1872 sans que l’on sache s’ils reprennent l’iconographie des anciennes têtes. Ils sont répartis sur les avant-corps : têtes de femmes coiffées à l’antique (deux nymphes et une naïade à collier de coquillages), cinq têtes d’hommes sans attribut, les 4 saisons, un faune, Bacchus et Hercule ». Définition de Mascaron.

« Le Prêteur a recours à la main-d’œuvre municipale pour la construction, et il réussit le tour de force de vendre l’hôtel à la ville de Strasbourg qui en avait supporté les frais ! À charge pour elle d’y loger le Prêteur »…

1747. Le grand portail d’honneur (rue Brûlée) a été construit par l’architecte Joseph Massol : une grande conque majestueuse, flanquée de deux piliers rectangulaires ornés de trophées sculptés et supportant des lions couchés sculptés par Martin Leprince. Son cartouche était sculpté des armoiries de la famille Klinglin.

1752-1753. « Les malversations du préteur Klinglin finirent par ruiner son crédit auprès de ses protecteurs. Une vérification générale des comptes de la ville aboutit à son arrestation le 25 février 1752. Incarcéré à la citadelle de Strasbourg, François-Joseph de Klinglin y meurt à peine un an plus tard, échappant ainsi à un procès ».

1752. La demeure devient Hôtel de l’Intendance d’Alsace jusqu’à la Révolution.

1790. À la suite des États généraux, l’Assemblée constituante supprime les institutions d’Ancien Régime et crée, en 1790, les départements. Le conseil général du Bas-Rhin trouvera naturellement son siège dans l’ancienne intendance.

Depuis 1800, l’hôtel de Klinglin sert de résidence au préfet, représentant de l’Etat dans la région. Lezay Marnesia (1769-1814), préfet de Rhin-et-Moselle le 15 mai 1806, puis préfet du Bas-Rhin le 12 février 1810. « Statue de Philippe Grass (1801-1876) datée de 1856, sortie de la fonderie de Eck et Durand en 1857. Inauguration le 27/08/1857 » (Archi-Wiki).

1861. Histoires des aigles du portail (Archi-Wiki). aigles Archi Wiki. Ils proviendraient de l’ancien fort de Kehl et seraient dans le magasin du Génie depuis 1815 (date de l’évacuation de Kehl par la France). Il semble qu’ils aient été en mauvais état, car en 1861 le sculpteur Eugène Dock s’engagea à fournir deux aigles du modèle et de la taille de ceux cédées par le Service du Génie. Les nouveaux aigles étaient en place le 31 décembre et furent payées à Dock la somme de 1000 Francs.

1870. Les allemands considérèrent les aigles comme pouvant faire figure d’aigles prussiens, ce qui faillit leur porter malheur lors de la libération en 1918. On réussit juste à temps à empêcher la destruction, en apportant la preuve qu’ils existaient déjà sous le Second Empire.

1870 (20 septembre). Lors du siège de Strasbourg, de nombreux bâtiments publics sont détruits par l’artillerie prussienne et l’hôtel Klinglin en fait partie : seuls quelques murs restent debout ! L’hôtel bénéficie d’une reconstruction assez fidèle, sous la direction de l’architecte de la ville, Jean Geoffroy Conrath (1824-1892) et Édouard Roederer (1838-1899) ; elle sera terminée en 1877. Les fastueux intérieurs néo-baroques sont reconstitués et dotés d’équipements modernes comme le chauffage à air pulsé.

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