1736. Strasbourg. Hôtel du Prêteur

1731-1736. Le Prêteur royal François-Joseph de Klinglin (1686-1753) s’approprie un terrain communal pour y faire construire un hôtel fastueux, dont il fait dresser les plans par l’architecte Le Chevalier en collaboration avec Jean Querret. Mais ils seront finalisés et exécutés par l’architecte de la Ville, Jean-Pierre Pflug. Les concepteurs ont adopté un style Régence auquel se mêlent des éléments rococo.

Album de 37 photos : diaporama

  • Sources des citations de cette chronique :
  • François-Joseph de Klinglin, Wikipédia
  • Hôtel du Prêteur royal Klinglin (aujourd’hui Hôtel de la préfecture, Horizon-nomade
  • Hôtel de Klinglin, Wikipédia
  • Hôtel du Préfet, Archi-Wiki

L’influence française est sensible dans le plan : bâtiment construit entre cour et jardin. La façade vers l’Ill « est entièrement parementée de grès rose, avec avant-corps cintrés et triangulaires. L’élévation côté Cour se singularise par l’élégante incurvation de son plan ».

Les Mascarons sur les façades. « Ils ont été refaits après 1872 sans que l’on sache s’ils reprennent l’iconographie des anciennes têtes. Ils sont répartis sur les avant-corps : têtes de femmes coiffées à l’antique (deux nymphes et une naïade à collier de coquillages), cinq têtes d’hommes sans attribut, les 4 saisons, un faune, Bacchus et Hercule ». Définition de Mascaron.

« Le Prêteur a recours à la main-d’œuvre municipale pour la construction, et il réussit le tour de force de vendre l’hôtel à la ville de Strasbourg qui en avait supporté les frais ! À charge pour elle d’y loger le Prêteur »…

1747. Le grand portail d’honneur (rue Brûlée) a été construit par l’architecte Joseph Massol : une grande conque majestueuse, flanquée de deux piliers rectangulaires ornés de trophées sculptés et supportant des lions couchés sculptés par Martin Leprince. Son cartouche était sculpté des armoiries de la famille Klinglin.

1752-1753. « Les malversations du préteur Klinglin finirent par ruiner son crédit auprès de ses protecteurs. Une vérification générale des comptes de la ville aboutit à son arrestation le 25 février 1752. Incarcéré à la citadelle de Strasbourg, François-Joseph de Klinglin y meurt à peine un an plus tard, échappant ainsi à un procès ».

1752. La demeure devient Hôtel de l’Intendance d’Alsace jusqu’à la Révolution.

1790. À la suite des États généraux, l’Assemblée constituante supprime les institutions d’Ancien Régime et crée, en 1790, les départements. Le conseil général du Bas-Rhin trouvera naturellement son siège dans l’ancienne intendance.

Depuis 1800, l’hôtel de Klinglin sert de résidence au préfet, représentant de l’Etat dans la région. Lezay Marnesia (1769-1814), préfet de Rhin-et-Moselle le 15 mai 1806, puis préfet du Bas-Rhin le 12 février 1810. « Statue de Philippe Grass (1801-1876) datée de 1856, sortie de la fonderie de Eck et Durand en 1857. Inauguration le 27/08/1857 » (Archi-Wiki).

1861. Histoires des aigles du portail (Archi-Wiki). aigles Archi Wiki. Ils proviendraient de l’ancien fort de Kehl et seraient dans le magasin du Génie depuis 1815 (date de l’évacuation de Kehl par la France). Il semble qu’ils aient été en mauvais état, car en 1861 le sculpteur Eugène Dock s’engagea à fournir deux aigles du modèle et de la taille de ceux cédées par le Service du Génie. Les nouveaux aigles étaient en place le 31 décembre et furent payées à Dock la somme de 1000 Francs.

1870. Les allemands considérèrent les aigles comme pouvant faire figure d’aigles prussiens, ce qui faillit leur porter malheur lors de la libération en 1918. On réussit juste à temps à empêcher la destruction, en apportant la preuve qu’ils existaient déjà sous le Second Empire.

1870 (20 septembre). Lors du siège de Strasbourg, de nombreux bâtiments publics sont détruits par l’artillerie prussienne et l’hôtel Klinglin en fait partie : seuls quelques murs restent debout ! L’hôtel bénéficie d’une reconstruction assez fidèle, sous la direction de l’architecte de la ville, Jean Geoffroy Conrath (1824-1892) et Édouard Roederer (1838-1899) ; elle sera terminée en 1877. Les fastueux intérieurs néo-baroques sont reconstitués et dotés d’équipements modernes comme le chauffage à air pulsé.

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