Archives mensuelles : août 2020

Quiz. Les de Klinglin

Suite de la chronique : 1741. Strasbourg. Hôpital civil. Histoire résumée de l’Hôpital civil de Strasbourg, insistance étant mise sur le long bâtiment construit après l’incendie de 1716. Travaux de reconstruction effectués en deux temps entre 1717 et 1741.

Quiz. François Joseph de Klinglin était-il préteur royal en 1724 ?

Album de 25 photos (juin 2020) : le nouveau bâtiment.

Au fronton des deux portails, des inscriptions latines commémorent l’achèvement des travaux en 1724 (MDCCXXIV) et en 1741 (MDCCXXXXI). Elles sont toutes deux postérieures à 1741.

1724, fin de la première phase des travaux
1741. Fin de la seconde phase des travaux
  • Les noms des deux architectes sont mentionnés : François-Rodolphe Mollinger pour la première phase des travaux, Jean-Pierre Pflug pour la seconde phase.
  • Est également mentionné en tête de chacun des textes gravés : sous les auspices de François Joseph de Klinglin, préteur royal.

Quiz. François Joseph de Klinglin était-il préteur royal en 1724 ?

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1741. Strasbourg. Hôpital civil

Histoire résumée de l’Hôpital civil de Strasbourg, insistance étant mise sur le long bâtiment construit après l’incendie de 1716. Travaux de reconstruction effectués en deux temps entre 1717 et 1741. Cette chronique fait partie de la saison 8 du blog : Histoire du 18ème siècle.

1119. « La première trace écrite mentionnant l’existence d’un hôpital à Strasbourg date de 1143. Il s’agit de la charte de l‘évêque Burcard, situant la fondation en l’année 1119. Une confrérie religieuse, suivant probablement la règle de Saint Augustin, était chargée des soins des malades et des mendiants ».

1200-1250. Construction de la Tour, dite Porte de l’hôpital.

1398. L’hôpital devenu civil (fondé et agrandi par le magistrat-municipalité de Strasbourg) est définitivement installé sur les terrains qu’il occupe encore aujourd’hui dans la ville.

1428. La construction de la chapelle gothique est achevée. De l’hôpital de cette époque, il subsiste la belle cave à colonnes.

1537. Fondation de l’ancienne pharmacie, composée de trois bâtiments (source Archi-Wiki). La date figure au-dessus de la porte d’entrée (photo). L’imbrication de ces bâtiments s’explique par la création de passages de communication internes. Le bâtiment central (vers 1530) devait servir au départ à stocker des denrées dans sa cave voûtée et au rez-de-chaussée, avec des appartements pour religieuses à l’étage.

1673. « La Tour-Porte est remaniée au 17e siècle. De la terrasse, se faisaient les observations du ciel. En raison des intempéries, Julius Reichelt (1637-1719), alors titulaire de la chaire de mathématiques, s’en plaignit à la Municipalité, qui finalement, en 1673, protégea la tour par un toit à quatre pans muni d’une tourelle octogonale d’où pouvaient se faire les observations ».

1716. « Le 4 novembre, un incendie se déclare dans la chambre des copeaux, où une laveuse était allée chercher des copeaux avec une chandelle. Le feu s’étend de façon incontrôlable et tout le grand édifice est en cendres. A grand peine, on réussit à sauver les maisons situées face au bâtiment principal, l’économat, la chancellerie, la boulangerie, les écuries, le chœur polygonal gothique de la chapelle Saint Erhrard et enfin la cave, qui avait commencé à brûler, mais dont on a pu éteindre le feu avec de la bière (source CHRU).

1717. La ville entreprend la reconstruction de l’hôpital, qu’elle confie au chef des travaux de la ville, François-Rodolphe Mollinger, architecte.

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1736. Strasbourg. Hôtel de ville

Chroniques sur l’Histoire du 18ème siècle. Suite de la chronique Princes possessionnés en Alsace

1728. Régnier III de Hanau-Lichtenberg décide la construction d’un nouvel hôtel à Strasbourg. Celui-ci prendra le nom de Hanau.

1731-1736. L’hôtel est édifié par Joseph Massol (1706-1771), architecte de l’Évêché et du Grand Chapitre. Les  plans, élaborés par Robert de Cotte (1656-1735), premier architecte du Roi, ont été modifiés par Massol.

Trois albums sur l’Hôtel de Hanau (Hôtel de ville de Strasbourg. 69 photos

  • Le portail (rue Brûlée) et la façade de la Cour intérieure: 32 photos
  • La façade et ses 17 fenêtres (place de Broglie) : 14 photos
  • Les salons de l’étage : 23 photos.

Source principale du texte : citations de Maryla Boutineau, Bernard Rohfritsch, A la découverte de l’Hôtel de Ville de Strasbourg, L.D. L’Édition, 2017, 113 pages.

Le plan du palais s’apparente à celui d’un grand hôtel parisien du style Régence de la première moitié du 18ème siècle. La vaste demeure en forme de fer à cheval est située entre la cour d’honneur rectangulaire et un espace libre qui servait principalement de marché aux chevaux (place de Broglie aujourd’hui).

Le portail (rue Brulée aujourd’hui)

La Cour d’honneur est fermée au sud par un mur concave, percé en son milieu d’un portail solennel surmonté du blason de la Ville de Strasbourg.

Il est entouré d’armes et de drapeaux, d’ailes, de tambours, de boucliers et de trompettes ; l’ensemble évoque la force militaire, la victoire, le courage et la renommée.

Deux trophées militaires et deux vases sont posés sur le parapet. L’un d’entre eux est composé d’une armure romaine, d’un casque à panache, de haches, d’un faisceau de licteur, de piques, d’un bouclier…

Les trophées d’applique, célébrant la chasse et la guerre, encadrent le portail. Sur le bas-relief de gauche, des flèches, un arc et un carquois. Sur celui de droite, une épée, un sabre, une hache et une masse d’armes.

Corps de logis principal

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Princes possessionnés en Alsace

Les princes possessionnés « étaient des princes allemands qui avaient conservé des fiefs enclavés dans le Royaume de France après l’annexion de l’Alsace par Louis XIV (traités de Westphalie de 1648 et traité de Ryswick de 1697) ». Parmi eux, les Hanau-Lichtenberg et les Hesse-Darmstadt étaient princes possessionnés à Strasbourg, propriétaires successifs de l’Hôtel de Hanau (aujourd’hui Hôtel de ville de Strasbourg, donnant sur la rue Brûlée et la place Broglie).

« À la Révolution française, la République voulut établir l’unité du territoire national. Ces sujets ou princes de l’Empire s’attachèrent alors à défendre légalement leurs propriétés, souvent d’importantes seigneuries, face aux initiatives révolutionnaires ».

Source essentielle des citations de cette chronique. Maryla Boutineau, Bernard Rohfritsch, A la découverte de l’Hôtel de ville de Strasbourg, L.D. L’Édition, 2017, 113 pages.

Dès le XIIIe siècle, la famille des Ochsenstein possédait un hôtel sur l’emplacement de l’actuel no 9, rue Brulée.

1573. Le Comte Philippe de Hanau, seigneur de Lichtenberg, devient propriétaire de cet hôtel.

1618-1648. La guerre de Trente Ans se solde par un affaiblissement du Saint Empire romain germanique. Louis XIV en a profité pour mettre en œuvre la politique des Réunions ; l’Alsace devient française. Le Comté de Hanau Lichtenberg (capitale Bouxwiller) se retrouve à cheval entre la France et l’Empire germanique, et le comte (landgrave) reçut le statut de prince possessionné. En Royaume de France, il possédait cent trente-six villages, regroupés en 6 bailliages. Cinq autres bailliages se trouvaient du côté allemand.

Le dernier descendant de la famille est Régnier III de Hanau-Lichtenberg (1665-1736). Il a reçu une formation correspondant à son rang. Après des études à Strasbourg, il entreprend un Grand tour, en compagnie de son frère, comme nombre de jeunes aristocrates de son époque. Ils visitent la Suisse, l’Italie, la Hollande, l’Angleterre et l’Autriche. Ils s’imprègnent des goûts et des manières du grand monde qui, à cette époque, était résolument francophile.

Peinture photographiée au Musée Historique de Strasbourg

1731-1736. L’hôtel de Hanau est édifié par Joseph Massol (1706-1771), architecte de l’Évêché et du Grand Chapitre.

1736. Régnier III de Hanau-Lichtenberg meurt sans descendant mâle. Sa fille Charlotte (1700-1726) épousa Louis VIII de Hesse-Darmstadt (1691-1768).

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18ème siècle. Abbaye Saint-Étienne

Chroniques sur l’Histoire du 18ème siècle. En 1687, l’église de l’abbaye Saint-Étienne de Strasbourg est rendue au culte catholique. En 1718, les Visitandines y ouvrent un pensionnat pour l’éducation des jeunes filles nobles (chronique à venir).

Quatre albums (photos en grand format)

718. « Fondation du monastère Saint-Étienne (Strasbourg) par le duc d’Alsace Adalbert, frère de sainte Odile, décédé en 722. Celle-ci en devient la première abbesse. 12ème siècle (3ème quart). Les reliques de sainte Attale, fille d’Adalbert et première abbesse du lieu, attiraient tant de pèlerins que leurs dons permirent de reconstruire l’église durant le dernier quart du 12e siècle ». Source, Route romane d’Alsace, église Saint-Étienne

Vues générales de l’abbaye, hier et aujourd’hui. 16 photos

15ème siècle, deux tapisseries. 1450 (vers). Tenture de la vie de sainte Attale, laine et lin. 1470-1480. Tenture de la vie de sainte Odile, laine et lin.

15ème siècle. Tapisseries de sainte Odile et de sainte Attale. 29 photos

« Bâle et Strasbourg ont constitué au XVe siècle les deux grands centres de production de tapisserie du Rhin Supérieur. L’art réputé de la tapisserie strasbourgeoise subsiste en particulier à travers les longues bandes conçues pour l’ornementation des chœurs, des autels ou des stalles des églises. Les tentures de chœur, accrochées lors des jours de fête, relatent généralement l’histoire du saint patron de l’église. Par leurs dimensions considérables, elles se prêtent à d’importants développements narratifs.

Ces deux séries provenant de l’église Saint-Étienne de Strasbourg, un couvent de chanoinesses nobles, sont consacrées à la vie de sainte Odile et à celle de sainte Attale, nièce d’Odile et fille du duc Adalbert, le fondateur de l’abbaye. Au-dessus des scènes qui décrivent les différents épisodes de la vie des saintes, des phylactères portent des inscriptions qui en expliquent le sens.

Les deux tentures, d’une seule pièce à l’origine, ont été séparées en deux par la suite. La tapisserie de sainte Attale raconte par le texte et par l’image l’histoire de la fondation du couvent au début du VIIIe siècle et celle des reliques qu’il possède. Celle de sainte Odile, plus tardive, présente différentes scènes de sa vie. Elle témoigne d’une évolution stylistique : son arrière-plan n’est plus purement ornemental, mais présente des décors architecturaux et paysagers qui tendent à plus de réalisme ».

Pour aller plus loin : Xavier Ohresser, Les tapisseries de l’église Saint-Étienne de Strasbourg, Lyon, 1968.

1501. Déploration du Christ par Nicolas de Haguenau

16ème siècle. Déploration du Christ. 9 photos

17ème et  18ème siècles. Schlaefli Louis, Cent cinquante images de Saint-Étienne à Strasbourg, Imprimerie Scheuer, 2011, 64 pages.

« Les dessins de J. J. Arhardt et de Silbermann, les lithographies de Sandmann ou d’A. Straub permettent de se faire une idée de l’église romane et de l’abbaye aux XVIIe et XVIIIe siècles.

1661. La crucifixion. Source : citation du cartel du tableau. Toile commandée en 1661 à un maître resté anonyme par la prieure du couvent saint Marguerite et Agnès. Restaurée en 1820 par un dénommé Diebold, elle a été acquise par l’abbé Mühe pour l’église Saint-Etienne.

17ème siècle. Crucifixion. 12 photos

S’inspirant de Rembrandt et de Dürer, l’artiste y présente plusieurs scènes différentes de la mise en croix du Christ dans lesquelles se répartissent une cinquantaine de personnages.

1687. Après la capitulation de Strasbourg en 1681, l’abbaye est rendue au culte catholique par la France. Des Antonins s’y installent.

1702. Ils sont remplacés par des Visitandines.

1710. Un orgue est attesté. 1716. Construction d’un orgue neuf par André Silbermann.

1718. Les Visitandines ouvrent un pensionnat pour l’éducation des jeunes filles nobles. Pour aller plus loin : Chantal Grell et Arnaud Ramière de Fortanier, L’éducation des jeunes filles nobles en Europe, XVII – XVIIIèmes siècles, Presses de l’université Paris-Sorbonne, 2004.

1792. Les Visitandines sont expulsées.

1944. Les bâtiments romans sont détruits au cours d’un bombardement aérien. Le transept et le chœur, moins endommagés, sont restaurés. La nef est moderne (1961).

Déjà très endommagée au cours du 19e siècle alors qu’elle servait de salle de spectacle, l’église romane fut victime des bombardements aériens de 1944. Seuls subsistent le transept et le chevet à trois absides voûtées en cul de four. Un beau linteau roman représentant deux dragons affrontés est visible dans le croisillon sud.

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Nantes, St-Pierre, François, Anne

Visite de la Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes lors de mon dernier passage dans la ville, en mars 2019 à l’occasion de l’enterrement de mon ami Bernard Bolo de Batz sur-Mer.

Je n’imaginais pas alors qu’un incendie criminel viserait un jour la destruction de la cathédrale. La Justice jugera l’auteur du méfait. Celui-ci connaissait certainement les statues des 4 vertus cardinales encadrant le tombeau du dernier duc de Bretagne : la Force morale, la Tempérance, la Justice, la Prudence. S’est-il plutôt inspiré par le portail central de la façade occidentale, son Jugement dernier et les feux de l’Enfer ?

Tombeau de François II, duc de Bretagne et de sa femme Marguerite de Foix.

Nantes, Saint Pierre, François II, Anne de Bretagne. « Le monument funéraire a été réalisé en matériaux nobles dont le marbre de Carrare au début du XVIe siècle par Michel Colombe (sculpteur, avec son atelier) et Jean Perréal (architecte)… L’ensemble, commandé par Anne de Bretagne pour honorer la mémoire de ses parents, est considéré comme un chef-d’œuvre de la sculpture de la Renaissance française.

Il est également un mémorial de la dynastie des Montfort, et apparaît, dans une vision romantique, comme un symbole marquant de l’histoire de la Bretagne, en tant que tombeau de la nationalité bretonne dans cette époque charnière où l’hommage au dernier duc de Bretagne est rendu par celle dont le mariage conduit l’union de la Bretagne à la France

La Justice, sous les traits de laquelle on croit voir Anne de Bretagne

Les gisants. François II et Marguerite de Foix sont représentés les mains jointes et les yeux clos, portant un costume d’apparat (grands manteaux doublés d’hermine) et une couronne fleurdelisée. Le duc porte en collier l’insigne de l’Ordre de l’Hermine et de l’Épi.

Les quatre vertus cardinales indiquent le chemin vertueux que le prince et que tout homme sont appelés à suivre.

La Force est représentée en armure avec un casque guerrier, car il s’agit d’une vertu virile. Dans l’iconographie de cette vertu, elle est souvent représentée appuyée contre une colonne ou une tour. Ici elle extirpe le dragon de la tour crénelée où il s’est retranché et symbolise donc la force morale qui triomphe du vice et de la tentation. L’expression de son visage reflète une certaine douleur rentrée, comme si l’effort d’arracher le dragon (le Mal) de la tour (le Bien, le for intérieur) ne se faisait pas sans combat intérieur. Elle rappelle le rôle du chevalier chrétien dans la défense de la foi. Elle est coiffée de la dépouille d’un lion dont on aperçoit le mufle, rappelant le premier travail d’Héraclès contre le lion de Némée.

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