Louis XV et le Palais de Compiègne

1751-1788, Compiègne. Reconstruction du palais décidée par Louis XV et réalisée par l’architecte Ange-Jacques Gabriel et son successeur.

Façade du Palais donnant sur la ville

« Sous Louis XIV l’exiguïté du palais amène à construire en ville des bâtiments pour les grandes et petite chancelleries, les écuries du Roi et de Monsieur, des hôtels pour les ministres et leurs bureaux, car Compiègne est, avec Versailles et Fontainebleau la seule demeure royale où le Roi réunisse le Conseil. Pour autant, le roi considère avant tout Compiègne comme un séjour de repos et de détente ; il aime à y chasser et fait tracer le Grand Octogone, 54 routes nouvelles et construire des ponts de pierre sur les ruisseaux.

En 1666 a lieu le premier « camp de Compiègne », premier d’une série de seize grandes manœuvres militaires, destinées à la formation des troupes et de leurs chefs, à l’éducation des princes et au divertissement de la Cour et du peuple. Le plus important de ces camps est celui de 1698. Après cette date Louis XIV ne revient plus à Compiègne et le palais reste inoccupé pendant dix ans…

Louis XV arrive pour la première fois à Compiègne le 4 juin 1728. Le jeune roi a choisi de s’établir au palais pendant qu’est réuni à Soissons le congrès qui discute de la paix avec l’Espagne. Prenant un grand plaisir à chasser dans la forêt, il va chaque été y passer un à deux mois (chronique et photos du blog. Tapisseries des Gobelins représentant des scènes de chasse de Louis XV en forêt de Compiègne).

Louis XV, buste d’après Étienne Pierre Gois, palais de Compiègne

L’incommodité du palais, ensemble de bâtiments sans unité, sans plan d’ensemble, mal reliés entre eux et trop petits devient manifeste. Après une campagne d’aménagements intérieurs (1733), des travaux d’agrandissement sont réalisés sous la direction de Jacques Gabriel de 1736 à 1740. Le palais devint rapidement la résidence préférée de Louis XV, qui envisagea un temps d’y déplacer sa résidence permanente.

Entre 1740 et 1751, plusieurs projets de reconstruction totale sont présentés. Tous sont éclipsés par celui qu’Ange-Jacques Gabriel présente en 1751 immédiatement agréé, il est aussitôt mis à exécution.

Ange-Jacques Gabriel (1698-1782)

Malgré les travaux, Louis XV continue de venir souvent à Compiègne, où il aime à chasser. C’est là qu’il choisit d’organiser, le 14 mai 1770, une réception en l’honneur de l’archiduchesse Marie-Antoinette d’Autriche, venue épouser le dauphin, futur Louis XVI, et accueillie en forêt de Compiègne quelques heures auparavant.

Scène de chasse. Fronton de la façade principale

La mort de Louis XV n’interrompt pas les travaux, qui sont poursuivis à partir de 1776 sous la direction de Louis Le Dreux de La Châtre, élève d’Ange-Jacques Gabriel avant de devenir son collaborateur; il achève la reconstruction du palais en respectant scrupuleusement les plans de son maître. L’ensemble – gros œuvre et décors – est achevé en 1788.

Louis XVI vient très peu à Compiègne; il y séjourne une première fois en 1774, peu après son accession au trône, et, conformément à la tradition, s’y arrête en 1775 trois jours en allant à Reims et trois jours en y revenant. Par la suite, il n’y fait que quelques brefs séjours de chasse. L’accélération des travaux, à la suite de décisions prises par le Roi et la Reine en 1782, rendait au demeurant le palais difficilement habitable. Le couple royal ne vit pas ses appartements terminés.

Portrait de Louis XVI, dans un des appartements du Palais

L’Assemblée des notables de 1787 juge les dépenses effectuées à Compiègne excessives. Sous la Révolution française, le mobilier est vendu, comme celui des autres résidences royales (mai-septembre 1795).

En 1799, une première section du Prytanée militaire est installée au palais, avec d’autres éléments, elle forme l’École des Arts et Métiers, qui occupe le bâtiment jusqu’en 1806 ».

Transformations du Palais de Compiègne au 19ème siècle par Napoléon et Napoléon III.

1 commentaire

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, BA. Photos, C. Hauts-de-France (Nord Pas-de-Calais Picardie)

Une réponse à “Louis XV et le Palais de Compiègne

  1. Compiègne, visitée quand mon fils était à l’UTC (il y a passé peu de temps, car ils sont doués dans ces « écoles d’ingénieur » pour envoyer les étudiants en stage, et à l’étranger !), stage qui n’a pas forcément à voir avec la formation.
    Merci

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