Compiègne du 11ème au 18ème siècle

Compiègne, du 11ème au 18ème siècle. Quelques édifices. Tour de Beauregard, Église Saint-Pierre des Minimes, Vieille Cassine, Hôtel de ville, Grenier à sel. Extraits de textes de François Callais, Société Historique de Compiègne.

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La Tour de Beauregard

« Au palais carolingien, situé sur la hauteur dominant l’Oise, succéda, peut-être dès la fin du XIe siècle, le château capétien dont il reste ce donjon. C’est le plus ancien exemple connu de tour parfaitement circulaire (1120-1130). En bordure de la rivière, elle contribuait à défendre l’ancien pont dont les vestiges sont proches. Après les généreuses donations de saint Louis en faveur de l’Hôtel-Dieu et des jacobins, ce château fut abandonné comme résidence royale.

Cependant, jusque sous Louis XI, ce fut le siège du capitaine de la ville, ainsi que de l’Auditoire de la justice royale, avec sa prison. 

Des prisonniers illustres y furent détenus : le comte de Flandre qui y resta jusqu’à sa mort en février 1305, le maréchal de Rieux en 1437.

Dénommée aussi tour Jeanne d’Arc, en hommage à l’héroïne qui franchit l’ancien pont avant d’être capturée de l’autre côté de la rivière, le 23 mai 1430. Guillaume de Flavy, capitaine de la ville, a pu observer cette fatale escarmouche de sa plate-forme supérieure ».

Église Saint-Pierre des Minimes

« C’est l’église la plus ancienne de Compiègne, l’édifice actuel ayant été construit au cours du XIIe siècle, entre 1130 et 1160 plus précisément. Saint-Pierre fut d’abord un oratoire rural destiné aux habitants du domaine agricole concédé par Charles le Chauve à la future abbaye Saint-Corneille, elle en devint un prieuré en 1185. Au début du XVIIe siècle, les Minimes, ordre de bénédictins réformés par l’italien saint François de Paule, s’y installèrent et édifièrent les bâtiments claustraux voisins qui servent d’école depuis 1791 ».

En dépit des destructions de la Révolution, le tympan du portail de style gothique primitif et ses sculptures – le Christ en gloire, entouré des symboles des quatre évangélistes – sont toujours visibles, mais fort abîmés.

La vieille Cassine

« Le terme de cassine désigne, en picard, une maison d’aspect plutôt rustique. La Vieille Cassine remonte au XVe siècle, mais comporte une aile du XVIIe siècle. Ce fut assez longtemps la demeure des Maîtres du Pont qui dirigeaient une dizaine de pilotes, ou Compagnons de l’Arche, habiles à faire passer les bateaux sous l’ancien pont, dit de Saint-Louis, dont les multiples arches créaient des remous dangereux.

Le pont Louis XV n’ayant plus que trois arches, diminua beaucoup ces risques, qui disparurent avec la canalisation de la rivière, quasi achevée en 1831. L’Oise fut en effet longtemps la principale voie de commerce de Compiègne.

La corporation des Compagnons de l’Arche avait son siège en la chapelle Saint-Nicolas, patron des marins, dans l’église Saint-Jacques ; elle y suspendait des bateaux en ex-voto.

Ce quartier est le seul témoignage du Compiègne médiéval, avec ses rues tortueuses. Le nom de rue des Lombards rappelle qu’y logèrent ceux qui pratiquaient le commerce de l’argent et le prêt sur gages ; elle menait d’ailleurs à la place du Change où ils tenaient boutique, y vendant aussi de l’orfèvrerie, notamment lors de la Foire de Mi-Carême ».

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Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, AI. Art médiéval et moderne, C. Hauts-de-France (Nord Pas-de-Calais Picardie)

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