Villes ardentes. Travail et révolte

Le premier tableau connu de Luce date de 1876. À partir de 1885, et durant une quinzaine d’années, il s’inscrit dans le mouvement néo-impressionniste : il use de la technique du divisionnisme (ou pointillisme), développée par Georges Seurat. Il revient par la suite à une facture plus classique, mais qui garde l’harmonie et la luminosité de sa première période.

Au début du XXe siècle, il renonce définitivement aux points de couleur qui ont valu aux divisionnistes le surnom de pointillistes : sa touche s’étire et s’adoucit, il en vient à une facture plus traditionnelle, mais qui garde l’harmonie et la luminosité de sa première période.

En 1905, au moment de la venue à Paris du roi d’Espagne Alphonse XIII, Luce est emprisonné quelques jours à titre préventif. De 1902 à 1912, il peint les grands chantiers qui remodèlent le visage de Paris. Il consacre une dizaine de toiles à la Semaine sanglante qui a marqué son enfance : Une rue de Paris en mai 1871 (1903-1905), Le 18 mars, place Pigalle (1906), Vive la Commune (vers 1910), Les Derniers Défenseurs de la Commune, le 28 mai 1871 (1915), L’Exécution de Varlin (1910-1917), La République et la Mort (sans date)…

À partir de 1896, il fournit des illustrations au journal anarchiste Les Temps nouveaux. Il dessine aussi pour La Bataille syndicaliste.

Anne Klein, Maximilien Luce (1858-1941), peintre et affichiste anarchiste, Presses universitaires de Paris Nanterre, Open Edition, 2011, pp 109-120.

La Grève. « Il s’agit d’une pièce de théâtre donnée en 1909 dans le cadre du Théâtre de La Coopération des Idées. Il est fondé par Henri Dargel, il est inauguré en 1899 sur le faubourg Saint-Antoine à Paris. Ce théâtre est associé à la Société des universités populaires créée la même année par Georges Deherme (1870-1937) pour que les ouvriers aient accès à l’éducation. Ce mouvement d’éducation populaire connaît un certain succès jusqu’aux années de guerre. Le dernier de ces établissements ferme en 1919.

L’illustration de Luce est composée par une alternance de masses sombres et claires qui donnent le rythme et orientent la lecture de la gauche vers la droite. Ce mouvement s’appuie sur la fermeture du champ en bas et à gauche. L’image est divisée en deux parties. La première, à gauche, est sombre et semble enfermée entre le cadre de l’image et la verticalité de l’homme qui tourne le dos. La position de la femme, repliée sur elle-même, répond à cet enfermement plastique. L’autre partie, plus claire, est toute entière tournée vers la droite où l’ouverture du champ et les hachures obliques entraînent le regard vers l’extérieur de la pièce. La figure centrale de la représentation est l’homme. Il est placé au premier plan, sur une ligne verticale entre deux espaces dont les mouvements s’opposent en deux obliques inversées. Sa posture, associée à ce positionnement dans l’espace, ne permet pas de savoir s’il s’apprête à rejoindre la manifestation ou, au contraire, à fermer la porte pour rester avec sa famille. La réponse se trouve, bien évidemment, dans la pièce qui doit se jouer ».

Pour aller plus loin.

Maylis Nouvellon, Images du monde ouvrier et de ses luttes, juin 2016, 114 pages, nombreuses reproductions d’œuvres.

Claude Durand, Pierre Dubois, La grève, Presses de la fondation nationale de Sciences Politiques, 1975, 373 pages. Compte-rendu de l’ouvrage dans Persée.

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Une réponse à “Villes ardentes. Travail et révolte

  1. Le titre m’a fait penser à Limoges ville rouge pour deux raisons qu’on lit ici :
    http://www.routes-porcelaine-limoges-hautevienne.fr/limoges-la-ville-rouge.html