Archives mensuelles : septembre 2020

1784, Compiègne, grenier à sel

Histoire de greniers à sel, à céréales, et d’abondance. Greniers de Compiègne (1784), de Metz (1457), de Strasbourg (1441).

Diaporama de 22 photos

A. 1784, Compiègne, Grenier à sel, architecte Nicolas Ledoux. Texte de François Callais, Président d’honneur de la Société historique de Compiègne.

« Par une charte de Charles VI, le grenier à sel de Compiègne avait été transféré en 1396 de Noyon pour dédommager la ville d’avoir perdu les tournois qui s’y faisaient autrefois et le commerce du vin de bourgogne. On y trouvait l’entrepôt, l’administration et la juridiction de la gabelle, l’impôt sur le sel créé par Philippe VI en 1341.

Son emplacement compiégnois a varié. Tout d’abord installé sur les quais de l’Oise à proximité du port à vin, il est déplacé   par l’intendant Bertier de Sauvigny  à la place de l’ancienne prison, en face de laquelle les condamnés à mort avaient été pendant si longtemps suppliciés.

Les travaux, qui s’achevèrent en 1784, furent dirigés par l’architecte Claude Nicolas Ledoux, le constructeur des Salines d’Arc et Sénans (Franche-Comté) et des pavillons d’entrée de l’ancien mur d’octroi à Paris. Le manque de recul s’explique par les contraintes d’un terrain placé obliquement et exigu.

L’appareillage des murs en refend, le fronton creusé d’une niche et reposant sur des consoles contribuent à l’aspect monumental de ce bâtiment fonctionnel. Les motifs sculptés du fronton sont malheureusement très abîmés et ont souffert du vandalisme révolutionnaire: statues décapitées, couronne et armes de France martelées. Une large ouverture en plein cintre permettait d’accéder à l’entrepôt du rez-de-chaussée et, par un escalier, aux locaux judiciaires ». 

« La gabelle ayant été officiellement supprimée en mai 1790, les bâtiments servant de grenier à sel ont été soit aliénés soit réemployés à d’autres usages administratifs ». Lire la suite du texte.

Pour aller plus loin. Greniers à sel, article de Wikipédia.

« Les greniers à sel, créés en 1342, sont des entrepôts pour le sel de gabelle. Ils sont aussi des tribunaux pour juger les litiges sur la gabelle jusqu’à la valeur d’un minot (soit environ 52 litres). Les quantités supérieures sont du ressort des cours des aides.

Sous Charles VI, l’administration des greniers à sel est confiée à des agents royaux qui font office de vendeurs du sel, assistés de mesureurs et de regrattiers chargés de la vente à la petite mesure, de receveurs de la gabelle, et de juges des contentieux relatifs à la perception de la gabelle.

Au XVIe siècle, l’affermage de la gabelle se généralise. Les agents des greniers sont alors déchargés de leurs activités commerciales et fiscales. Ils se consacrent principalement à des fonctions de police et justice pour lesquelles sont créés des offices de lieutenants, procureurs, sergents, greffiers, et contrôleurs.

Avant la Révolution de 1789, il y avait 250 greniers à sel dans les pays de grande gabelle et 147 dans les pays de petite gabelle »;

B. 1457, Metz, Musée de la Cour d’Or, Grenier de Chévremont

« Le grenier de Chèvremont est construit par la cité messine vers 1457. Il est doté de murs-écrans , surmontés de merlons. Son aspect géométrique est renforcé par le percement strict des fenêtres, alignées en série sur ses façades. Le rez-de-chaussée, divisé en quatre travées, repose sur des arcades en plein cintre. Ce niveau était ouvert à l’origine sur une cour intérieure, formée avec les bâtiments voisins. Les quatre étages, soutenus par de forts piliers à l’aplomb des arcades, sont conçus pour le stockage. Un maillage de poutres de chêne, au niveau des planchers, assure la stabilité de l’ensemble.

Conçu d’abord pour servir d’arsenal, le bâtiment est transformé en grenier à céréales dès la fin du XVe siècle. Il sert ensuite d’entrepôt pour la ville. Comme son nom l’indique, l’usage du bâtiment fut pendant longtemps utilitaire. Le grenier de Chèvremont est aujourd’hui partie intégrante des musées de Metz, dont il abrite, au niveau de la cour, une galerie dédiée à la statuaire religieuse lorraine.

C. 1441, Strasbourg, Ancien grenier d’abondance

« Au moyen âge, le grenier à grain mesurait 130 mètres de long, il est de nos jours partiellement conservé.

Pour sa construction on a utilisé les restes de l’enceinte du castrum Romain. Au milieu du XVIe siècle, installation d’une 2e rangée de piliers.

Le grenier à grain servait de réserve pour les mauvaises récoltes. Il servait aussi de réserve en cas de siège de la ville (au moyen-âge) lorsque Strasbourg avait encore ses remparts.

Pour l’anecdote, les réserves ont déjà contenu suffisamment de nourriture pour nourrir toute la ville pendant une année. A l’époque de la ville libre, Strasbourg était riche.

En 1805, une réorganisation des archives s’ impose pour trouver une solution, le préfet Shee obtient de la ville l’ancien grenier d’ abondance, elles déménagent en 1896 rue Fischart, devenu par la suite le magasin de décors du théâtre. L’ancien grenier à Grain est occupé aujourd’hui par le stock de costumes de l’opéra du Rhin.

Pour aller plus loin. Grenier d’Abondance, Strasbourg, compte-rendu par Koch Jacky, Persée, Archéologie médiévale, Année 1999, 29 p.

Pour aller plus loin. Histoire de la culture des céréales au 18ème siècle.

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2000 vins pour garder goût et odorat

Gardons le sourire en cette période de pandémie ! Une exposition et une conférence bienvenues à la BNUS !

Deux mille vins. Exposition à partir du 18 septembre 2020

Rions un peu. Boire 2000 vins pour garder ou retrouver le goût et l’odorat ?

Article sur la Covid 19. « Les symptômes de perte d’odorat (anosmie) et de goût (agueusie) ont été mis en évidence par de nombreuses études. La plus récente, publiée dans le Journal of Intern Medicine, mi-avril 2020, indique qu’il s’agit bien de « symptômes spécifiques » qui pourraient être en partie liés à une obstruction ou un écoulement nasal.  Mais les troubles olfactifs et gustatifs pourraient aussi être liés au potentiel neuro-invasif du virus ».

« La perte du goût ne serait pas seulement la conséquence d’une obstruction nasale ou d’une rhinorrhée (écoulement nasal) ». 

« La capacité de la Covid-19 à envahir le bulbe olfactif et, par conséquent, le système nerveux central, est probablement une piste » pour expliquer l’anosmie, relèvent les chercheurs ».

Conférence de la BNU.  L’évolution de la dégustation des vins et la consécration de l’odorat au 20e siècle. Avec Olivier Jacquet. Mardi 22 septembre 2020 à 18h30. BNUS,  Auditorium 1er étage. Entrée libre, sur réservation.

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Louis XV et l’église St-Jacques

Après avoir lancé la reconstruction du Palais de Compiègne (chronique du blog), Louis XV (1710-1774), à l’aube de sa vie, veut rendre l’intérieur de l’église Saint-Jacques, plus chaleureux, plus chaud. Il fait habiller la pierre gothique par des marbres et des boiseries. Il enrichit le mobilier (chaire, orgue). Source : citations extraites de Wikipédia.

Album de 16 photos. Architecture extérieure et intérieure de l’église.

Album de 34 photos. Orgue, Chaire, Vitraux, Peintures.

« Deux périodes distinctes de construction de l’église : le chœur, le transept et la nef avec ses bas-côtés ont été bâtis entre 1235 et 1270, sauf la partie haute de la nef ; cette dernière, le clocher, les chapelles le long des bas-côtés et le déambulatoire ont été ajoutés entre 1476 et le milieu du XVIe siècle. Ces extensions reflètent le style gothique flamboyant, sauf le lanternon au sommet du clocher, qui est influencé par la Renaissance…

L’élément le plus marquant de l’église est le haut clocher-tour érigé hors œuvre. Sa construction s’échelonne sur une quarantaine d’années, commençant vers 1456 / 1461 et se termine seulement à la fin du siècle. La tour ne comporte que deux étages, qui sont d’une hauteur considérable…

Niches à statues aux dais finement ciselés. Sept abritent toujours des statues, fait assez rare. Ces statues représentent saint Ambroise, saint Théodore, saint Jérôme, saint Christophe, saint Jacques le Majeur, saint Roch et saint Crépin.

Entre le XIVe siècle et le XVIe siècle, les murs gouttereaux des bas-côtés ont été évidés entre les colonnes engagées et sous les formerets. Des petites chapelles rectangulaires ont été construites entre les contreforts. Cet agrandissement répond à un usage largement répandu, et trouve sa motivation dans la multiplication de la fondation de chapellenies et de confréries. En effet, des messes de fondation sont initialement dites dans chacune de ces chapelles.

Transformations dans la seconde partie du XVIIIème siècle, sous Louis XV. Une flèche en pierre du XIIIe siècle se dressait initialement au-dessus de la croisée du transept, abattue en 1760. Une transformation de l’église selon le goût du style classique commence en 1750. À l’intérieur, le jubé est supprimé ; entre 1772 et 1774, la toiture est refaite ; en 1773, les grandes arcades autour du chœur reçoivent un revêtement en marbre.

Les boiseries de la nef, des bas-côtés et des chapelles, commandées en 1767, sont en bois de chêne ciré. En revanche, les six autels et retables des chapelles latérales sont indépendants, et ont été installés entre 1750 et 1780. Les boiseries ont une hauteur de 530 cm environ dans la nef et sur les grandes arcades, et de 500 cm dans les chapelles. Elles prennent la forme de panneaux de fenestrages à trois registres, en l’occurrence un soubassement de faible hauteur, un registre principal, et un entablement.

En 1773, les arcades trouvent leur aspect actuel grâce à la générosité du roi Louis XV et au curé de la paroisse, l’abbé Boulanger. Habillées de marbre veiné rouge, gris et noir, elles sont désormais en plein cintre, séparées par des pilastres, et surmontées d’un entablement, dont la corniche en encorbellement supporte une balustrade. Le revêtement en marbre concerne aussi les piliers orientaux du carré du transept. L’immense gloire au-dessus de l’arcade dans l’axe du chevet fait partie intégrante de cet aménagement. Les pilastres, la gloire, les clés d’arc, les motifs rocaille et les guirlandes sont en bois doré ».

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Louis XV et le Palais de Compiègne

1751-1788, Compiègne. Reconstruction du palais décidée par Louis XV et réalisée par l’architecte Ange-Jacques Gabriel et son successeur.

Façade du Palais donnant sur la ville

« Sous Louis XIV l’exiguïté du palais amène à construire en ville des bâtiments pour les grandes et petite chancelleries, les écuries du Roi et de Monsieur, des hôtels pour les ministres et leurs bureaux, car Compiègne est, avec Versailles et Fontainebleau la seule demeure royale où le Roi réunisse le Conseil. Pour autant, le roi considère avant tout Compiègne comme un séjour de repos et de détente ; il aime à y chasser et fait tracer le Grand Octogone, 54 routes nouvelles et construire des ponts de pierre sur les ruisseaux.

En 1666 a lieu le premier « camp de Compiègne », premier d’une série de seize grandes manœuvres militaires, destinées à la formation des troupes et de leurs chefs, à l’éducation des princes et au divertissement de la Cour et du peuple. Le plus important de ces camps est celui de 1698. Après cette date Louis XIV ne revient plus à Compiègne et le palais reste inoccupé pendant dix ans…

Louis XV arrive pour la première fois à Compiègne le 4 juin 1728. Le jeune roi a choisi de s’établir au palais pendant qu’est réuni à Soissons le congrès qui discute de la paix avec l’Espagne. Prenant un grand plaisir à chasser dans la forêt, il va chaque été y passer un à deux mois (chronique et photos du blog. Tapisseries des Gobelins représentant des scènes de chasse de Louis XV en forêt de Compiègne).

Louis XV, buste d’après Étienne Pierre Gois, palais de Compiègne

L’incommodité du palais, ensemble de bâtiments sans unité, sans plan d’ensemble, mal reliés entre eux et trop petits devient manifeste. Après une campagne d’aménagements intérieurs (1733), des travaux d’agrandissement sont réalisés sous la direction de Jacques Gabriel de 1736 à 1740. Le palais devint rapidement la résidence préférée de Louis XV, qui envisagea un temps d’y déplacer sa résidence permanente.

Entre 1740 et 1751, plusieurs projets de reconstruction totale sont présentés. Tous sont éclipsés par celui qu’Ange-Jacques Gabriel présente en 1751 immédiatement agréé, il est aussitôt mis à exécution.

Ange-Jacques Gabriel (1698-1782)

Malgré les travaux, Louis XV continue de venir souvent à Compiègne, où il aime à chasser. C’est là qu’il choisit d’organiser, le 14 mai 1770, une réception en l’honneur de l’archiduchesse Marie-Antoinette d’Autriche, venue épouser le dauphin, futur Louis XVI, et accueillie en forêt de Compiègne quelques heures auparavant.

Scène de chasse. Fronton de la façade principale

La mort de Louis XV n’interrompt pas les travaux, qui sont poursuivis à partir de 1776 sous la direction de Louis Le Dreux de La Châtre, élève d’Ange-Jacques Gabriel avant de devenir son collaborateur; il achève la reconstruction du palais en respectant scrupuleusement les plans de son maître. L’ensemble – gros œuvre et décors – est achevé en 1788.

Louis XVI vient très peu à Compiègne; il y séjourne une première fois en 1774, peu après son accession au trône, et, conformément à la tradition, s’y arrête en 1775 trois jours en allant à Reims et trois jours en y revenant. Par la suite, il n’y fait que quelques brefs séjours de chasse. L’accélération des travaux, à la suite de décisions prises par le Roi et la Reine en 1782, rendait au demeurant le palais difficilement habitable. Le couple royal ne vit pas ses appartements terminés.

Portrait de Louis XVI, dans un des appartements du Palais

L’Assemblée des notables de 1787 juge les dépenses effectuées à Compiègne excessives. Sous la Révolution française, le mobilier est vendu, comme celui des autres résidences royales (mai-septembre 1795).

En 1799, une première section du Prytanée militaire est installée au palais, avec d’autres éléments, elle forme l’École des Arts et Métiers, qui occupe le bâtiment jusqu’en 1806 ».

Transformations du Palais de Compiègne au 19ème siècle par Napoléon et Napoléon III.

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Hommage à Richard Biéganski (3)

Troisième chronique d’hommage à mon ami Richard : comment s’était-il préparé – certes inconsciemment – à la vie post covid-19, à un avenir durablement menacé par les pandémies ? Il pouvait être l’homme du passé rétif aux outils modernes de communication (chronique 2). Mais il était aussi et surtout un homme d’avenir consommant moins, achetant à proximité, fréquentant les puces pour y trouver des occasions inespérées et même des produits neufs, jamais utilisés.

Diaporama de 34 photos. Marseille et Kerblaise, Cuisine et Brocante

Richard, un homme d’avenir pratiquant la pluriactivité. Il exerçait le métier de sociologue et celui de maître-ouvrier polyvalent dans le logement ancien. Il avait d’autres potentialités : tenir un restaurant en étant en même temps chef de salle et cuisinier, créer une brocante aussi riche de produits qu’une caverne d’Ali Baba.

Kerblaise 2012. Petits farcis

Nous nous sommes plusieurs fois entretenus au téléphone cette année, durant et après le confinement. Richard ne sortait plus guère, vu ses difficultés respiratoires, accentuées par les sévères montées et descentes dans le quartier du Panier à Marseille, et par les deux étages pour atteindre, sans ascenseur, son appartement.

Quartier du Panier, La Vieille Charité, photographiée en 2009

Je lui disais qu’il regardait trop la télé, BFM TV en particulier ; quitte à être addict à l’information en continu, je l’incitais à regarder plutôt la chaîne publique, France Info Canal 27.

Nous avons discuté des résultats des élections municipales de mars et de juin, de notre contentement de la défaite de la LREM dans les grandes villes, même si nous ne sommes pas allés voter. Richard a souvent pratiqué l’abstention au cours de sa vie ; pour moi, c’était nouveau. Je m’en suis expliqué dans la chronique l’alliance inattendue.

Durant cette période de confinement, son second fils, Baptiste, lui a tenu compagnie. Que se sont dits le père et le fils ? Qu’a dit le père à son fils ?

A. La pluriactivité. Se développera-t-elle dans la société post-covid ? Pluriactivité : exercer deux ou trois métiers qualifiés au cours de la journée ou de la semaine ou dans des périodes rapprochées. Cela suppose de repenser le système de formation initiale, continue, et à distance, l’évaluation et la certification des acquis de l’expérience, les règles du marché du travail.

Tailler les haies, à Kerblaise, en 1999

Toute sa vie, Richard a mené de front deux activités principales. La sociologie (hommage à Richard 1). La rénovation d’appartements anciens. Il avait le don d’en dénicher, d’en estimer le prix et de prévoir l’importance des travaux à y effectuer. Il se devait d’être hyper-réactif quand une vente allait s’afficher chez un notaire ou dans une agence immobilière. Il avait la capacité de réaliser les travaux en partie lui-même. Il rénovait avant d’habiter, de louer ou de revendre. Une seule exception : arrivant à Marseille, il est devenu propriétaire d’un appartement dans la Cité radieuse construite par le Corbusier ; il n’était bien sûr pas autorisé à y modifier quoi que ce soit.

Richard avait un rêve : le Gaga-Club. Il en a parlé durant une vingtaine d’années. Plutôt que de terminer sa vie dans un EHPAD, il voulait vivre sa retraite dans un château avec une bande d’une dizaine de copains, qui auraient acquis chacun le même nombre de parts d’une société immobilière à créer ; ils auraient expérimenté l’autogestion. Il avait plusieurs arguments : plus un édifice est grand, moins il est cher au m² ; un château à 1 million d’euros se trouve ; y ajouter 200 ou 300 K€ pour la rénovation et l’aménagement adapté aux personnes âgées. Il se voyait déjà maître d’œuvre, chef de chantier et résidant, prenant son café dans le parc du château.

Richard préférait ne pas en avoir de voiture. Un temps, il avait eu une vieille camionnette brinquebalante : elle lui servait pour transporter ou entreposer les matériaux dont il avait ou allait avoir besoin sur « ses chantiers ».

Que de poussière avalée quand il fallait casser un mur ou un carrelage ! Son père mineur était mort de la silicose. Richard est mort de poumons devenus trop malades.

B. Richard le cuisinier. Il avait les qualités pour exercer d’autres métiers encore. Faire fonctionner un restaurant et y pratiquer une cuisine simple, goûteuse, de bonne qualité et à prix raisonnable. Richard aimait la bonne chère, et il était heureux quand on le félicitait pour les plats qu’il avait cuisinés.

Il aimait les fruits de mer et le poisson et s’assurait de leur fraicheur en allant les acheter chez les ostréiculteurs, ou sur les quais au retour des bateaux de pêche. Il faisait coup double : la dépense était moindre, la vente se faisant sans intermédiaires.

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Hommage à Richard Biéganski (2)

Le premier hommage à mon ami Richard a porté sur sa carrière en sociologie du travail, de l’emploi, de la formation initiale et continue, et de la négociation collective dans plusieurs branches professionnelles. Il se termine par quelques conclusions partagées, tirées de notre expérience du métier de sociologue.

Richard en 2004 à Paris

Ces dernières années, à cause des difficultés respiratoires qu’il connaissait en raison de son emphysème, Richard avait dû abandonner des plaisirs simples mais dont il était fier : se promener dans Marseille, se mettre au courant des actualités de la ville, repérer les appartements en vente et leurs prix, discuter avec d’autres promeneurs le plus souvent possible, s’asseoir sur une place chauffée au soleil pour lire le journal et boire l’apéro, faire la cuisine, ne pas manquer le coucher du soleil, assis près du MUCEM.

Richard était apparemment un homme du passé. Dans la chronique 3, j’expliquerai comment il s’est préparé, depuis toujours, à être l’homme d’un avenir plus vert, d’une économie plus frugale et fondée sur la pluriactivité, d’un avenir constamment menacé par les pandémies.

Richard à Kerblaise en 1999

Un homme du passé. Bien sûr, c’était quelquefois énervant ! L’informatique, il refusait de connaître ; il n’a jamais envoyé un courriel de sa vie. Le téléphone portable, il ne l’utilisait pas, privilégiait le fixe, mais ne laissait pas toujours de message sur la boite vocale de son correspondant. Le DAB, il n’y retirait pas de l’argent liquide car il n’a jamais possédé de carte bancaire. La photographie numérique ? Je ne l’ai jamais vu prendre une seule photo. J’ignore s’il possédait une liseuse. Il n’était pas un fan des musées – logique : le silence y est de rigueur. Les quelques fois où nous avons visité ensemble un musée, il n’avait que faire des audioguides proposés.

Ses arguments imparables : vivait-on plus mal quand ces outils techniques, dits innovants, n’existaient pas ? Les relations sociales étaient-elles plus pauvres autrefois ? Pas sûr !

Richard aimait discuter, faire de nouvelles connaissances, recherchait la conversation, participait aux fêtes auxquelles il était invité.

Diaporama de fête en fête : 26 photos.

  • 1995. 50 ans d’Annette, de Claude et de Pierre à Port-Royal des Champs

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Hommage à Richard Biéganski (1)

Mon ami Richard Biéganski est décédé à Marseille le 25 août 2020, à l’âge de 77 ans. Mes pensées les plus attristées pour ses proches.

J’ai tant de choses à raconter (notre amitié a duré 55 ans – 1965-2020) que je vais consacrer trois chroniques à Richard. Celle d’aujourd’hui concerne le métier de sociologue, les conclusions que nous avons tirées de l’exercice de cette profession. Je dirai dans une seconde chronique pourquoi Richard me paraissait incarner une société plus humaine pour l’après-covid, une société s’appuyant sur la pluriactivité et la frugalité.

Diaporama de 23 photos : le métier de sociologue

Marseille. Originaire du bassin minier du Pas-de-Calais, Richard a pourtant vécu 30 ans dans cette ville compliquée mais attachante. L’âge de la retraite venu, il aimait descendre du Panier, le quartier où il avait élu domicile, proche de son ancien lieu de travail à la Joliette, de la cathédrale La Major, pour aller admirer le coucher du soleil dans la Méditerranée ; il estimait que rien n’était plus beau.

La Major, 2013

Mais, ces derniers temps, atteint d’emphysème, la marche lui devenait de plus en plus pénible. J’aime croire que, une dernière fois avant d’être hospitalisé pour sa fin devenue certaine, le soleil rouge, plongeant doucement dans la mer, l’a rendu heureux.

Juillet 2919, sur la terrasse du Mucem, Richard et moi après un déjeuner d’une demi-douzaine d’huitres et d’un verre de Muscadet. Je ne savais pas que ce serait notre dernière rencontre en face à face.

Juin 1966. Douze étudiants obtiennent une licence de sociologie à la Faculté des Lettres de Lille. Ce diplôme avait été créé en 1958. Mais du fait de ce faible effectif, beaucoup de cours étaient mutualisés avec les étudiants en philosophie, en psychologie, en économie politique.

Juillet  1965. Cinq de ces douze étudiants en sociologie de Lille sont invités par Pierre Bourdieu pour un stage d’une semaine dans son centre de recherche de la rue Monsieur le Prince dans le 6ème. Séminaires de recherche, travaux pratiques sur les données d’enquête sur la pratique sociale de la photographie, sur la fréquentation des musées. Nous logions dans le pavillon du Maroc à la Cité internationale. Jacques-Yves Eloy nous avait photographiés, Richard et moi, dans le Jardin du Luxembourg. Daniel Chave, décédé en 2011, avait aussi participé à ce stage (chronique du blog : Daniel Chave, la soude aux soudeurs).

Toute notre vie, nous avons été fiers d’avoir eu, parmi nos maîtres, Pierre Bourdieu. Aussi, nous nous sommes précipités quand une exposition, à Marseille en 2009, a été consacrée aux photos qu’il avait prises en Algérie.

Richard (à gauche de la photo)

Un autre de nos maîtres lillois : Jean-René Tréanton, coauteur du Traité de Sociologie du Travail au milieu des années 60. Il avait mis en place un certificat optionnel Introduction à la Sociologie du Travail. Nous avons suivi ces cours et réussi les examens en septembre 1966. Jean-René a été déterminant pour notre accès à un emploi dans le champ de sociologie de la formation, du travail, de la négociation collective, de l’emploi. 

Jean-René est décédé en décembre 2015, dans sa 91ème année. Richard et moi, nous lui avions rendu visite au cours de l’été précédent, dans sa maison de Bretagne, à l’heure de l’apéro. Retrouvailles fort émouvantes. Un hommage collectif lui a été rendu en décembre 2016 ; quatre des douze diplômés de 1966 étaient présents : Jacques-Yves Eloy, Michel Davaine, Richard et moi.

Jean-René Tréanton à droite de la photo

Trois périodes dans la trajectoire professionnelle de Richard Biéganski. Après la licence, il n’a pas poursuivi en doctorat.

A. Une première période de travail, à Lille, consacrée à des études régionales pilotées par Jean-René Tréanton : recourir à la recherche en sociologie pour changer la société.

1973. L’accord national interprofessionnel de 1970 et la loi sur la formation professionnelle continue de 1971 conduisent à la création de l’Agence nationale pour le développement de l’éducation permanente, établissement public national à caractère industriel et commercial placé sous la tutelle du Ministère de l’Éducation nationale, créée par décret du 13 février 1973.

B. Deuxième étape de la trajectoire. Richard saisit cette opportunité de recherche. Il est embauché par l’ADEP. Il déménage à Paris avec sa famille.

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1667-1750. Manufacture des Gobelins

La Manufacture des Gobelins au 17ème et 18ème siècles. Deux dates importantes. 1667, un édit royal fixe l’organisation générale de la manufacture et les avantages octroyés à ses habitants. 1750, la manufacture connait une grave crise financière et artistique.

Suite de la chronique Château de Compiègne. Chasses de Louis XV

Diaporama de 21 photos

Article de l’Encyclopédie consacré à la Tapisserie des Gobelins

Pour aller plus loin. Encyclopédie Diderot & d’Alembert, Recueil de planches sur les sciences, les arts libéraux, et les arts mécaniques avec leur explication, Bibliothèque de l’image, 2002.

La Manufacture des Gobelins. Extraits de l’article de Wikipédia.

1660. « Reprenant pour le compte de Louis XIV le plan mis en œuvre par Henri IV, Colbert incite peu avant 1660 le hollandais Jean Glucq à importer en France un nouveau procédé de teinture écarlate appelé « à la hollandaise ». Celui-ci se fixe définitivement en 1684 dans une des maisons de l’ancienne folie Gobelin qu’il achète et embellit après avoir obtenu des lettres de naturalité.

Appréciant la qualité des productions de l’enclos des Gobelins, Colbert réussit à convaincre Louis XIV de donner les moyens nécessaires au lustre censé glorifier la monarchie. Voulant donner une tout autre organisation à l’œuvre d’Henri IV, il ne renouvelle pas à Hippolyte de Comans la concession en 1661 : il emprunte afin d’acheter le 6 juin 1662 au sieur Leleu l’hôtel des Gobelins (environ 3,5 hectares, maintes fois agrandi) pour la somme de 40 775 livres. Ainsi nait la Manufacture royale des Gobelins qui dépend du surintendant des bâtiments et est soumise par lui à l’autorité du premier peintre du Roi, Charles Le Brun, lequel, nommé officiellement en 1663, a par la suite sous ses ordres des équipes entières d’artistes, bons peintres, maîtres tapissiers en haute lisse, orfèvres, fondeurs, graveurs lapidaires et ébénistes

La Manufacture des Gobelins reçoit de l’édit royal de novembre 1667 son organisation définitive, d’importants avantages étant octroyés à ses habitants : exemption d’impôts, renoncement au droit d’aubaine, entretien des apprentis choisis. Charles Le Brun y déploie jusqu’à sa mort le 12 février 1690 une prodigieuse activité, en implantant les premiers travaux de haute lisse – 19 tentures (197 pièces) et 34 en basse lisse (286 pièces) – les œuvres de la Manufacture, destinées à l’ameublement des Maisons royales et aux présents diplomatiques, acquièrent par leur magnificence une réputation internationale qui subsiste trois siècles plus tard. Différents successeurs tels Pierre Mignard et Robert de Cotte continuent et développent le dessein de Le Brun.

En 1674, Jean Glucq épouse Marie Charlotte Jullienne, sœur d’un fabricant de drap et teinturier réputé auquel il s’associe, François Jullienne, qui possède de son côté un secret pour le bleu de roi. Jean de Jullienne, neveu de Marie Charlotte, seconde par la suite son oncle François à la direction des manufactures royales de draps fins et teintures de toutes couleurs, façon d’Angleterre, d’Espagne et de Hollande.

Le passage du Rhin par Louis XIV en juin 1672 (manufacture des Gobelins, 1682 à 1684)

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Compiègne. Chasses de Louis XV

Château de Compiègne (source). « Galerie des chasses, présentant cinq grandes tapisseries appartenant à la tenture des Chasses de Louis XV, tissée à la Manufacture des Gobelins, dans l’atelier de Mathieu Monmerqué, entre 1736 et 1746, d’après les cartons de Jean-Baptiste Oudry, ainsi que des peintures de Desportes et de Oudry, toutes ces œuvres provenant de l’appartement de Louis XV à Compiègne ».

Scènes de chasse : diaporama de 35 photos.

1725, Louis XV a 15 ans ; en septembre, il est marié à Marie Leszczinska. La même année, il assiste à la séance de pose des lévriers Misse et Turlu, peints par Oudry. « Il arrive pour la première fois à Compiègne le 4 juin 1728. Il a choisi de s’établir au palais pendant qu’est réuni à Soissons le congrès qui discute de la paix avec l’Espagne. Prenant un grand plaisir à chasser dans la forêt, il va chaque été y passer un à deux mois ».

Le thème de la chasse dans le décor des châteaux royaux sous Louis XV, par Françoise Maison (source Histoire de Compiègne, 5 pages)

Tableaux (François Desportes) et Cartons pour les Tapisseries de Haute Lisse (Jean-Baptiste Oudry).

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2020. Deux mille vins à la BNUS

Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg (BNUS). Initialement prévue en juin, l’exposition Deux mille vins, multitude et diversité est reportée du 18 septembre 2020 au 17 janvier 2021.

Pour en savoir plus

« Véritable phénomène de civilisation, le vin imprègne de nombreuses dimensions des sociétés qui le cultivent depuis plusieurs millénaires. Qu’il soit associé aux cultes, à l’économie, aux arts, aux traditions ou encore aux savoir-faire des multiples acteurs qui œuvrent à sa production, il revêt, au-delà de sa seule consommation, des significations complexes, aussi diverses que les terroirs et les cépages qui font sa richesse ».

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