1714. Fénelon : avocats, prédicateurs

Oserai-je parler avec la même liberté sur les prédicateurs ? Dieu sait combien je révère les ministres de la parole de Dieu ; mais je ne blesse aucun d’entre eux personnellement, en remarquant en général qu’ils ne sont pas tous également humbles et détachés. De jeunes gens sans réputation se hâtent de prêcher : le public s’imagine voir qu’ils cherchent moins la gloire de Dieu que la leur, et qu’ils sont plus occupés de leur fortune que du salut des âmes. Ils parlent en orateurs brillants plutôt qu’en ministres de Jésus-Christ et en dispensateur de ses mystères. Ce n’est pas point avec cette ostentation de paroles que Saint Pierre annonçait Jésus crucifié dans ses sermons qui convertissaient tant de milliers d’hommes ».

Brève Histoire de l’Académie française. Source : le site de l’Académie.

1637. Fondation de l’Académie. Si la fondation de l’Académie par Richelieu en 1635 marque une date importante dans l’histoire de la culture française, c’est parce que, pour la première fois, les débats d’une assemblée de lettrés ont été considérés comme pouvant jouer un rôle éminent dans le devenir de la société et de la nation. Ainsi, les statuts et règlements visés par le cardinal, puis l’enregistrement au Parlement de Paris, en juillet 1637, des Lettres patentes signées par Louis XIII, consacrèrent le caractère officiel d’une institution parisienne, dont le Cardinal de Richelieu était nommé le chef et le protecteur et dont la mission revêtait un caractère expressément national. Si l’une des plus glorieuses marques de la félicité d’un État était que les sciences et les arts y fleurissent et que les lettres y fussent en honneur aussi bien que les armes, ce serait le rôle de l’Académie de donner à la langue française les moyens d’y parvenir…

La principale fonction de l’Académie sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possibles à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences  (article XXIV). À cet effet,  il sera composé un dictionnaire, une grammaire, une rhétorique et une poétique (article XXVI), et seront édictées pour l’orthographe des règles qui s’imposeront à tous (article XLIV).

Constituer avec sagesse et économie une langue qui ne fût pas celle des spécialistes, des érudits, ni celle des corporations, qui eût la clarté et l’élégance qu’on accorde au latin, où ne fût pas accentué l’écart entre langue écrite et langue parlée, qui tînt enfin sa force de son double attachement à l’usage et à la norme.

1694. Première édition du Dictionnaire de l’Académie. Le but était d’informer sur la nature grammaticale des mots, leur orthographe, leurs significations et acceptions, leurs usages syntaxiques, leurs domaines d’emploi, le niveau de langue qui en détermine lui aussi l’emploi.

1714. Fénelon publie  Lettre sur les occupations de l’Académie française, Paris, Libraire Ch. Delagrave.

1762. Lors même que le développement des sciences et des techniques incitait l’Académie à introduire, dans la quatrième édition (1762), des milliers de mots appartenant à des domaines spécialisés, elle le fit avec pondération, mais elle le fit, parce que plusieurs termes qui n’étaient autrefois connus que d’un petit nombre de personnes, ont passé dans la langue commune. Ce principe est resté le sien.

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