Georges de La Tour (1593-1652)

Très réputé à son époque, Georges de La Tour (1593-1652) sombre ensuite dans l’oubli. Biographie du peintre dans la seconde partie de cette chronique.

Après la mort de La Tour, ses œuvres ont été dispersées, perdues ou attribuées à d’autres peintres. Ainsi, au 20ème siècle, des tableaux ont été redécouverts, et/ou réattribués. C’est le cas pour les deux tableaux présentés dans cette chronique. Saint Jean-Baptiste au désert (musée de Vic-sur-Seille), Saint Thomas à la pique (musée du Louvre, exposé au musée de Vic au cours de l’été 2020).

Diaporama de 27 photos

Saint Jean-Baptiste au désert (vers 1650), redécouvert en 1993, acquis en 1994 par préemption de l’État au profit du département de la Moselle, et destiné au Musée de Vic sur Selve, la ville natale de l’artiste.

Saint-Jean Baptiste dans le désert, Éditions Serpenoise, Metz, Département de la Moselle, 1995 (livre également en vente dans le Musée).

« Il ne faut pas cacher combien ce Jean-Baptiste est une œuvre singulière. Il l’est dans la production de La Tour. Il l’est dans la production du temps. Et pourtant il appartient pleinement à la spiritualité de l’époque et à la méditation la plus personnelle, la plus intime…

Voici un adolescent à demi-nu, dans l’ombre d’une caverne, donnant à un agneau quelques bruns d’herbe à brouter. Son ventre est ceint de cuir, il laisse glisser sur sa hanche la rude étoffe de poils de chameau ; il tient devant, faite de deux tiges mal liées, la Croix. Le visage est dans l’ombre et le regard caché sous la fente étroite de la paupière. De l’agneau familier, on n’aperçoit que le naseau obtus, le brin d’herbe en travers de la bouche, l’œil pareil à une amande vide. Le silence est total, totale la solitude de ce grand garçon sauvage à l’épaule creuse. L’élan qui l’incline vers la croix et l’agneau s’est comme figé depuis longtemps et il est retourné à une méditation étrangère au rythme des vies ordinaires. Il n’agit pas. Il songe. Les yeux à demi-clos, il voit l’invisible : la venue d’un autre Agneau, le sacrifice, le salut ».

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Une réponse à “Georges de La Tour (1593-1652)

  1. Merci. Je découvre à l’occasion Vic-sur-Seille en Moselle. Jusqu’à présent, j’en étais resté à l’Occitanie, la vraie, Vic-en-Bigorre, Vic-sur-Cère , Vic-Fezensac,Vic-le-Fesq, Vic la Gardiole …