Huysmans. Moreau et Redon

Suite des chroniques dédiées à l’exposition du MAMC de Strasbourg, L’œil de Huysmans. Chronique 1. Huysmans (1848-1907). Biographie. La chronique 2 mentionne les sources utilisées, Huysmans, critique d’art : la peinture.

1889 (41 ans). Huysmans découvre les œuvres d’Odilon Redon, de Gustave Moreau, de Jean-François Raffaëlli et de Félicien Rops et participe largement à faire connaître au public le mouvement du symbolisme en peinture.

Huysmans a une fervente admiration pour Gustave Moreau (1826-1898). Pour aller plus loin : Huysmans et Moreau.

L’Apparition (1876) « illustre un épisode tiré du Chapitre XIV de l’Évangile de saint Mathieu. Jean-Baptiste, pour avoir stigmatisé l’union illégitime entre Hérodiade et le roi Hérode, a été enfermé. Pour se débarrasser de cet importun, la reine, au terme d’une danse que sa fille Salomé exécute devant le roi, l’engage à demander en récompense la tête de Jean-Baptiste. Ce court récit a donné lieu à de très nombreuses œuvres se focalisant sur la figure de Salomé qui n’est pourtant pas l’instigatrice du crime. Cette princesse juive va enflammer l’imaginaire des peintres, devenant l’archétype de la femme fatale.

Gustave Moreau s’inscrit donc dans une tradition qu’il va subvertir en inventant cette apparition fantastique de la tête du précurseur nimbée, dégouttant de sang devant Salomé horrifiée. Dans ce tableau, on distingue : à gauche Hérode trônant, hiératique près de son épouse ; à droite le bourreau impassible, glaive en main ; sur le fond sombre un réseau de lignes dessine une architecture étrange et inquiétante mêlée à des figures de divinités païennes, à des motifs décoratifs médiévaux »…

Galatée (1880). Le sujet de ce tableau est tiré de la 12e fable du livre XIII des Métamorphoses d’Ovide qui relate la jalousie du cyclope Polyphème envers l’amour qu’éprouve Galatée pour le berger Acis. Voici un géant épouvantable qui aime une belle nymphe. Moreau propose une relecture personnelle, moderne et féerique de la mythologie païenne, rejette l’anecdote et se concentre sur la l’opposition entre l’horrible laideur et la beauté exquise, la bête et la belle, l’amour et le dédain.

« La composition orchestre une lutte entre l’ombre et la lumière, le minéral et le liquide, le bien et le mal. Le Polyphème de Moreau n’est pourtant pas un ogre, mais un être mélancolique, égaré dans la contemplation monoculaire de la femme inaccessible. Galatée réfugiée au fond d’une grotte trop étroite pour le géant, y apparaît comme une perle scintillante dans son écrin »…

Odilon Redon (1840-1916). Gustave Flaubert, dessins pour la tentation de Saint-Antoine. La mort, mon ironie dépasse toutes les autres (1889)

Odilon Redon. Christ en croix (1910)

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