1779. L’épidémie de dysenterie

Définition de la dysenterie. C’est une diarrhée accompagnée de sang et/ou de mucus, et potentiellement mortelle. Cette maladie est fréquente lorsque les conditions sanitaires sont insuffisantes, en particulier lorsque les aliments et l’eau ne sont pas propres. De manière générale, la prévention passe par l’amélioration des conditions d’hygiène.

L’épidémie de dysenterie de 1779, pages 175 à 182 du livre de François Lebrun, Se soigner autrefois. Médecins, saints et sorciers aux 17e et 18e siècles, Temps actuels, 1983. Cliquer ici pour accéder à l’intégralité des huit pages.

Résumé. Le nombre des victimes de l’épidémie de dysenterie de 1779 n’est pas comparable à celui des grandes épidémies pesteuses du 17ème siècle. Il est cependant le plus important observé entre la peste de 1720 et le choléra de 1832.

L’épidémie de 1779 a été particulièrement importante dans certaines régions : la Bretagne, le Maine, l’Aunis, la Saintonge, la Normandie, la Picardie et les Flandres… elle n’a été que sporadique dans les provinces méridionales et dans toutes les villes, mêmes celles des provinces les plus maltraitées.

Dès le mois d’octobre et après enquête, Vicq d’Azyr, secrétaire de la Société Royale de Médecine, diagnostique la dysenterie.

Les symptômes observés : fort cours de ventre avec tranchées violentes et ténesmes très douloureux, matières glaireuses et sanguinolentes devenant purulentes, puis vermineuses, vomissements continuels avec hoquet, fièvre accompagnée de sueurs froides. Dans les premiers temps de l’épidémie, l’issue fatale survient souvent au bout de quelques jours.

Circonstance qui a favorisé la diffusion rapide de la dysenterie à partir de certains des foyers initiaux : les déplacements de troupes  convergeant vers la  Bretagne nord aux fins de débarquer en Angleterre pour  limiter l’envoi  de renforts en Amérique, dans le cadre de ce qui sera appelé la Guerre d’indépendance des colons anglais, soutenue par la France… La tentative de débarquement fut abandonnée en septembre à cause du constant mauvais temps sur la Manche, du retard de l’escadre espagnole alliée, de l’état sanitaire déplorable des troupes de terre et des marins décimés…

La tâche des médecins qui arrivent de toutes les villes du Nord-Ouest est immense. Que peuvent-ils faire ? L’épidémie est fille de la misère, non pas la misère exceptionnelle résultant d’une année de cherté (1779 est une année de bonne récolte céréalière), mais la misère structurelle résultat du sous-développement matériel et culturel de la plus grande partie des campagnes de l’Ouest…

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