Archives mensuelles : novembre 2020

1778. Société Royale de Médecine

Louis XV meurt le 10 mai 1774. Lui succède son petit-fils le plus âgé, qui prend le nom de Louis XVI. Celui-ci, né le 23 août 1754, n’a pas vingt ans.

En matière de santé publique, Louis XVI poursuit les efforts menés sous Louis XV contre les épidémies, en accentuant le pilotage et le contrôle central. Source des citations ci-dessous : François Lebrun, Médecins, saints et sorciers aux 17ème et 18ème siècles, Temps actuels, 1983, pages 171 et 172.

  • 1776. Le roi demande à l’anatomiste Vicq d’Azyr (28 ans) de faire une enquête dans les régions les plus touchées et d’en communiquer les résultats à son Premier médecin, Lassone.
  • Les médecins auprès de chaque intendant demeurent isolés et ne peuvent unir leurs efforts pour enrayer les maladies.
  • Lassone propose la création d’une commission nationale chargée de correspondre avec les médecins du royaume. L’idée d’une telle commission date de 1732 ; elle ne fut pas créée car elle fit l’objet d’une violente opposition de la faculté de Médecine de Paris.
  • Le 29 avril 1776, un arrêt du Conseil du Roi crée une commission de huit membres ; le 29 juillet, le nombre est porté à quatorze. Lassone est président et Vicq d’Azyr commissaire général. Le Contrôleur Général des Finances (Turgot de 1774 au 13 mai 1776) veut faire de la commission un rouage gouvernemental.
  • Les commissaires peuvent être envoyés en province, en cas d’épidémie en particulier. Ils doivent se réunir chaque semaine pour répondre aux demandes de renseignements.
  • La Faculté de médecine de Paris tente de réduire la commission à l’impuissance. En vain.
  • Lettres patentes du 28 août 1778. La commission est remplacée par la Société Royale de Médecine, installée au Louvre.
Trois figures allégoriques (le zèle du bien public, l’observation et l’étude) contemplent le portrait de Louis XVI, fondateur et protecteur de la Société Royale de Médecine. Source Wikipédia

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Rome. Sainte Cécile au 18ème

22 novembre, fête de Sainte Cécile. Republication de la chronique de juin 2017, Rome, Basilique Sainte-Cécile dans le Trastevere. Dans la seconde partie (page 2), transformations de la Basilique au 18ème siècle.

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La légende de Sainte Cécile. « Celle-ci vécut en Sicile. Entre 176 et 180, sous l’empereur Marc Aurèle, elle fut condamnée au martyre, après avoir converti de nombreuses personnes, dont son mari.Les actes de son martyre n’ont rien d’authentique.

Fille d’une famille noble, elle est mariée de force malgré son souhait de se consacrer à Dieu et de rester vierge. Une fois mariée, elle convertit au christianisme son mari, Valérien, et ils vécurent dans la chasteté. Lors des persécutions des chrétiens, son mari est arrêté et exécuté. Peu de temps après ce fut son tour. Tout d’abord enfermée dans le sudatorium (sauna) de sa maison elle survécut malgré la chaleur avant d’être finalement poignardée. Saint Cécile a été inhumée dans les catacombes de Saint Callixte.

En 822, elle apparaît en songe au Pape Pascal et lui indique l’emplacement de son tombeau. Le cercueil est alors déplacé dans l’église Sainte Cécile au Trastevere et placé sous l’autel ».

Histoire de l’église et également ici.

5ème siècle. La première église Sainte-Cécile fut fondée probablement par le pape Urbain Ier, et dédiée à la martyre romaine Cécile. La tradition dit que l’église fut construire à l’emplacement de sa maison.

9ème siècle. Le pape Pascal Ier fit reconstruire l’église en 822, et ramena les reliques de sainte Cécile des catacombes de Calixte Ier.

La mosaïque de l’abside montre Jésus avec Saint-Paul, Agathe et Valérien à sa droite ; Saints Pierre et Cécile à sa gauche. Puis, tout à gauche, portant une maquette d’église à la main, Pascal.

12ème et 13ème siècles. Le campanile et le portique. Le pavage cosmatesque. Le baldaquin, chef d’œuvre gothique. Pietro Cavallini, Le Jugement dernier, le Christ en majesté entouré d’anges, 1293, fresque.

Première moitié du 16ème. Statue de Saint Sébastien reconnue comme l’œuvre de Lorenzo Lotti dit Lorenztto (Florence 1499 – Rome 1541).

1599, lors de la rénovation de l’église, le cercueil est ouvert et on retrouve le corps de Sainte Cécile admirablement conservé et toujours dans la position dans laquelle elle avait été découverte. Une très belle statue de Stefano Maderno (1576-1636) est placée sous l’autel, représentant la sainte dans la position de son martyre.

1601. Décollation de Sainte Cécile par Guido Reni.

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Helvétius et les remèdes du Roi

Les épidémies demeurent nombreuses au 18ème siècle, mais une politique nationale de santé publique se dessine. Une organisation est mise en place pour accélérer la circulation des informations, des décisions et des remèdes. A la base, un système d’observation décentralisé sur le territoire : faits observés par les médecins de campagne (peu nombreux) et surtout les curés de paroisse. Collecte et traitement des données par les intendants des Généralités, ceux-ci assurant la transmission vers le haut : Faculté de médecine (puis dans la 2nde partie du siècle, vers la Société Royale de Médecine), Contrôle Général des finances, tel ou tel Conseil du Roi.

A. Une gestion en boucle : de la Cour au territoire, du territoire à la Cour

Cette organisation de bas en haut est bien sûr doublée d’une organisation de haut en bas. Un de ses aspects est l’envoi de « valises » contenant les remèdes dits d’Helvétius. Leur nombre ira croissant au fil du siècle. Dès le 18ème siècle, la France a cherché à combiner une gestion centralisée et une gestion décentralisée des crises épidémiques.

  • Conseil du roi. Arrêts en commandement (1721-1722)
  • « Pour organiser la lutte contre l’épidémie de peste qui, née à Marseille, ravagea la Provence à partir de la fin de l’été 1720peste qui, née à Marseille, ravagea la Provence à partir de la fin de l’été 1720, le Régent créa en janvier 1721 un bureau, puis Conseil de Santé, qu’il laissa présider par le chancelier ou le garde des sceaux, mais dont les délibérations lui étaient soumises. C’est là que fut concertée l’action énergique grâce à laquelle la peste, qui menaçait au départ la France tout entière et les états voisins, fut cantonnée dans le Midi provençal, où elle s’éteignit à la fin de 1722.
  • Le Conseil de Régence se trouvait ainsi concurrencé par la résurgence des anciens Conseils de Louis XIV et par l’apparition de Conseils nouveaux. Aussi son rôle devint-il de plus en plus effacé : il ne tenait plus qu’une séance par semaine, le dimanche, consacrée presque exclusivement à la diplomatie ».

B. Les remèdes d’Helvétius, diffusion de 1710 à 1770. Pages 171 et 172 du livre de François Lebrun, Médecins, saints et sorciers aux 17éme et 18ème siècles, Temps actuels, 1983.

Pour en savoir plus. Jean Hossard, Les remèdes du Roi et l’organisation sanitaire rurale au XVIIIe siècle, Revue d’Histoire de la Pharmacie, Année 1975, 226, pp. 465-472, Fait partie d’un numéro thématique : Communications du congrès international d’histoire de la pharmacie de Paris (24-29 septembre 1973).

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18ème siècle. Médecine et Noblesse

 Guy Chaussinand-Nogaret, Nobles médecins et médecins de cour au XVIIIe siècle, Annales, Année 1977, 32-5, pp. 851-857. Fait partie d’un numéro thématique : Médecins, médecine et société en France aux XVIIIe et XIXe Siècles. Deux extraits de l’article.

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Premier médecin du roi.

« C’est le chef de tous les officiers de santé au service du monarque. Il a l’autorité suprême pour l’organisation de la médecine dans tout le royaume.

Il entre tous les jours dans la chambre du roi pendant que celui-ci est encore au lit.

Le Premier médecin cumule en outre les charges de surintendant des eaux minérales et des fontaines du royaume, aux vertus thérapeutiques, de surintendant du Jardin royal des plantes médicinales, à Paris, et de contrôleur des remèdes secrets, c’est-à-dire de la sécurité des médicaments dont la composition est gardée jalousement par son inventeur, faute de brevets. Ces charges sont essentielles pour dénoncer les charlatans…

Sous Louis XIV, le premier médecin touche quarante-cinq mille livres par an, et ne paye pas d’impôts. À cela s’ajoutent les honoraires pour des consultations prises en dehors de la charge royale.

La charge de premier médecin assure aux descendants une noblesse. Le premier médecin a un brevet de conseiller d’État.

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1774. Lassone, médecin du Roi

Joseph-Marie-François de Lassone, né à Carpentras le 3 juillet 1717 et mort le 10 décembre 1788 à Paris, est un médecin français. Premier médecin du roi Louis XVI, il a été aussi médecin des reines Marie Leszczynska et Marie-Antoinette. Source Wikipédia.

« Joseph-Marie-François de Lassone est le fils d’Antoine Joachim de Lassone, médecin dans le Comtat Venaissin, et de Marguerite de Bagnole. Son père a quitté Carpentras pour donner la meilleure éducation à son fils. Il a alors accepté de venir dans la capitale pour remplir les fonctions de médecin ordinaire du roi. Il fait faire à son fils de solides études sous la direction du célèbre chirurgien Morand, à l’hôpital de la Charité.

1738 (21 ans). Lassone obtient un prix de l’Académie nationale de chirurgie pour son travail sur le cancer du sein. Il obtient une chaire à la Faculté de médecine de Paris.

1742 (25 ans). Il est admis adjoint anatomiste à l’Académie des sciences.

1748 (31 ans). Il devient associé anatomiste.

1751 (34 ans). Il devient médecin de la reine Marie Leszczynska.

1759 (42 ans). Il est nommé pensionnaire vétéran de l’Académie des Sciences.

1774 (57 ans). Après la mort de Louis XV, il devient médecin de Marie-Antoinette et dur Roi Louis XVI.  

1776-1778. « La Société Royale de Médecine est formée en 1778 par la fusion de la Commission de médecine à Paris pour tenir une correspondance avec les médecins de province pour tout ce qui peut être relatif aux maladies épidémiques et épizootiques, établie par arrêt du conseil du roi Louis XVI en date du 29 avril 1776, et de la Commission pour l’examen des remèdes secrets et des eaux minérales ».

1778 (61 ans). Des lettres patentes confient la présidence de la Société royale de médecine au Premier médecin du Roi, Lassone.

1779. Comédie critique. Lassone, ou la Séance de la Société royale de médecine, en 3 actes et en vers.

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La croix monastique des Vosges

Source de la chronique : fondation du patrimoine, Église abbatiale d’Etival-Clairefontaine.

Diaporama de 24 photos en grand format.

« Construite au milieu du VIIe siècle, à l’initiative de Bodon Leudin, futur évêque de Toul, Etival fait partie de la Croix monastique des Vosges (Senones, Moyenmoutier, Etival, Bonmoutier et Saint-Dié).

Le monastère de femmes aurait accueilli Sainte Odile avant qu’elle ne soit baptisée par Saint Hydulphe, abbé de Moyenmoutier. Deux siècles plus tard, c’est l’impératrice Richarde, épouse de Charles le Gros, qui redonne une nouvelle vie au monastère d’hommes en y installant des chanoines et en les plaçant sous l’autorité des abbesses d’Andlau. Cette relation entre Etival, Andlau et le mont Sainte Odile perdurera jusqu’à la Révolution Française.

L’église que l’on admire aujourd’hui a été construite par les chanoines prémontrés en 1147. Conçue sur le modèle des églises cisterciennes, elle s’organise en carrés de toutes tailles. La croisée du transept témoin de ce passé en est le point de départ. Son évolution architecturale n’a jamais été figée comme le prouvent les voûtes en croisée d’ogive de la nef, la chapelle sainte Richarde et l’abside avec sa voûte en lierne et tierceron toutes deux construites en 1516 et ses ouvertures gothiques flamboyantes.

Les malheurs du XVIIe siècle (guerre de 30 ans) ont provoqué une reconstruction des bâtiments monastiques et ont poussé les chanoines à édifier, au XVIIIe siècle, une façade classique plus majestueuse pour cette église, avec un projet d’encadrement par deux tours (une seule fut construite). En 1726, l’architecte Nicolas Pierson réalisa le corps de logis nord de l’abbaye et la façade classique de l’église.

Le dernier abbé mourut en 1739. Les archives de l’ordre de Prémontré recensent 11 chanoines en 1698, 29 en 1768 et, en 1790, 10 chanoines résidents et 8 travaillant dans les paroisses avec cinq ecclésiastiques et dix moines.

Le jardin de plantes médicinales ou « simples » est situé à l’emplacement du cloître de l’Abbaye. Il en respecte le tracé : un quadrilatère partagé par quatre allées perpendiculaires symbolisant les quatre Fleuves sortant du Jardin d’Éden. Au centre une fontaine qui, par son eau,  représente la vie.

Liste de « simples » figurant dans les recettes du 18ème siècle, classées par ordre alphabétique, et avec leurs vertus. Source, François Lebrun. Se soigner autrefois, médecins, saints et sorciers au 17e et 18e siècles, Temps actuel, 1983, page 68.

Etival est considérée comme la plus belle église romane des Vosges, et fut classée à ce titre en 1840 sur la première liste des monuments historiques ».

Nef romane non accessible le jour de notre passage. Source de la photo

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BNU, 2018, 2019. Visite virtuelle (3)

Suite des visites virtuelles d’expositions de la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg. Deux chroniques et 81 photos ont été consacrées à la visite de l’exposition en cours, 2000 vins (Esprit du vin, vin divin. L’or du vin. Au bonheur du vin. Et le vin fût) ; 2000 vins au 18ème siècle.

Deux autres visites virtuelles. Expositions de 2018 (Mai 1968 en Alsace) et 2019 (Hors du Monde. La Carte et l’imaginaire).

A. Mai 68 en Alsace : la 1re chronique du blog. Diaporama de 46 photos. Quiz sur l’intruse : quelle est la photo qui s’est introduite subrepticement dans cet album ?

2nde chronique du blog. De mai 68 à la loi Faure de novembre (réforme de l’université).

L’exposition a créé chez moi un certain malaise. Je m’attendais en effet à ce qu’une partie de l’expo soit consacrée aux résultats, à l’impact du mouvement pour l’Université en général (la loi Faure de novembre 1968) et pour l’université de Strasbourg en particulier (la scission en trois universités : Louis Pasteur, Robert Schumann, Marc Bloch, scission qui allait durer jusqu’en 2009).

B. Seconde visite virtuelle : Hors du monde. La carte et l’imaginaire (exposition de 2019). 95 photos.

Catalogues de cinq expositions posti2014

Carte de la chronique de Nuremberg (1493) : le monde connu au temps de la Genèse.

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18ème. 2000 vins : visite virtuelle (2)

Suite de la chronique Expo Deux mille vins. Visite virtuelle. Diaporama de 49 photos grand format.

A. Rhenus. Le Rhin, fleuve qui sépare l’Allemagne de la France, Allégorie, Anonyme, vers 1750, Gravure sur cuivre, BNU.

Rhenus, Fluviorum Europae celeberrimus cum Mosella, carte du 18ème, BNU.

Exposition Rhenus – Rhein – Rhin : histoire d’une ville et de son fleuve, Archives municipales, 21 octobre 2012 au 15 février 2013. Lire également la chronique du blog : le fleuve, le pont et l’université (26 janvier 2013).

Traverser le fleuve. Strasbourg est un des points de passage sur le Rhin. Plusieurs ouvrages se sont succédé depuis le premier pont permanent de 1388. Détruits par les guerres, à chaque fois reconstruits, ils marquent la frontière et les relations entre France et Allemagne à l’époque contemporaine. Aujourd’hui, Strasbourg ne compte pas moins de quatre ponts

Une artère commerciale. Le Rhin, voie européenne de communication nord-sud, donne à Strasbourg les moyens de sa richesse depuis l’époque médiévale. Le premier port est situé sur l’Ill au cœur même de la ville sur les quais de l’Ancienne Douane et des Bateliers. Après 1870, le port est déplacé hors les murs. Dès lors, il n’a de cesse de s’étendre et de se rapprocher du Rhin. Au XXe siècle, Strasbourg est devenu le second port fluvial français. La création du Port autonome en 1926 marque l’importance de cette institution et de ses missions.

B. Les mille et une nuits : contes arabes. Traduction par Antoine Galland (1646-1715). Édition illustrée, revue et corrigée (1704). Gravure issue du volume 1, 31ème nuit du récit chez trois sœurs très belles qui offrent un repas somptueux et fortement arrosé à leur porteur ébahi.

Antoine Galland est « un orientaliste français qui fut spécialiste de manuscrits anciens et de monnaies, habitué de la Bibliothèque royale, antiquaire du roi, académicien et lecteur au Collège royal. La postérité a surtout retenu son travail de traduction et d’ajout de contes au recueil des Les Mille et Une Nuits, comme pour Aladin ou la Lampe merveilleuse ou Ali Baba et les Quarante Voleurs.

Né dans une famille de petits paysans picards, Antoine Galland entre à 10 ans au collège de Noyon où il apprend le grec ancien, le latin et l’hébreu. Il fait de brillantes études secondaires et continue ses études à Paris en suivant les cours du Collège de France, où il aborde les langues orientales et se perfectionne en grec ancien. En 1670, devenu bibliothécaire et secrétaire particulier du marquis de Nointel, nommé ambassadeur de France auprès du sultan de l’empire ottoman Mehmed IV à Constantinople, il l’accompagne dans ses déplacements, entre 1670 et 1675.

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Expo 2000 vins : visite virtuelle (1)

Présentation en visite virtuelle de l’exposition BNU : 2020. Deux mille vins. Multitude et diversité (4 septembre 2020). Quatre thématiques :

  • Esprit du vin, vin divin
  • L’or du vin.
  • Au bonheur du vin.
  • Et le vin fût.

Se référer, aussi et bien évidemment, au catalogue, en vente à l’accueil de la BNU (24 euros).

Pour cause de pandémie Covid-19, cette expo, initialement prévue en juin, a été reportée au 18 septembre et devait durer jusqu’au 17 janvier 2021. Une chronique pour patienter  (18 septembre) : 2000 vins pour garder goût et odorat.

Rebonds de la pandémie, 9 novembre 2020 : la salle d’exposition est fermée de nouveau et jusqu’à nouvel ordre. Qu’en est-il des conférences ?

Dans l’espoir d’une réouverture prochaine, m’est venue l’idée, non originale, d’une visite virtuelle de l’exposition, fondée sur deux visites successives, appareil photo en action.

Trois diaporamas

– le premier (34 photos grand format) couvre l’ensemble de l’histoire multi-millénaire du vin, du vignoble, des vignerons.

– le deuxième (à venir) est centré sur le vin au 18ème siècle. Chronique du 10 octobre 2020, Le petit vin alsacien au 18ème, chronique de la Saison 8 du blog.

le troisième (à venir) revient sur deux expositions antérieures de la BNUS : Mai 1968 en Alsace. Hors du Monde, La carte et l’imaginaire.

Au fil de l’exposition. L’ivresse de Noé. Les saints protecteurs de la vigne. Vue des remparts d’Ammerschwihr (vitrail). Familles de Vignerons : la Maison Beck-Hartweg.

A.L’ivresse de Noé, dans la Cité de Dieu de Saint-Augustin

Genèse 9, 18-27.

(18) Les fils de Noé qui sortirent de l’arche étaient Sem, Cham et Japhet. Cham fut le père de Canaan. 
(19) Ces trois-là sont les fils de Noé. C’est à partir d’eux qu’on se dispersa sur toute la terre.

(20) Noé devint cultivateur et il planta une vigne. 
(21) Il but du vin, s’enivra et s’exposa nu à l’intérieur de sa tente. 
(22) Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père et le raconta au dehors à ses deux frères. 
(23) Alors Sem et Japhet prirent le manteau, le mirent tous deux sur leurs épaules, marchèrent à reculons et recouvrirent la nudité de leur père ; comme ils détournaient le visage, ils ne virent pas la nudité de leur père. 

(24) Lorsque Noé se réveilla de son vin, il apprit ce que lui avait fait son fils cadet. 
(25) Il dit alors : Maudit soit Canaan ! Qu’il soit l’esclave des esclaves de ses frères !
(26) Il dit encore : Béni soit le SEIGNEUR (YHWH) le Dieu de Sem, et que Canaan soit son esclave !
(27) Que Dieu mette Japhet au large ! Qu’il demeure dans les tentes de Sem, et que Canaan soit son esclave !

 Autres représentations de l’Ivresse de Noé.

Filippo Calendario (1315 – 1355). L’ivresse de Noé, San Marco, Palais des Doges, Venise. Sculpture

Fresque de Saint-Savin

Lire aussi la chronique du blog : Dieu et Bacchus

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1718. L’inoculation contre la variole

Catriona Seth, L’inoculation contre la variole : un révélateur des liens sociaux, Dix-huitième siècle, n° 41, 2009, p. 137-153.

Premières pages de l’article. « La variole est le pire des fléaux au 18e siècle. On n’arrive guère à traiter la maladie une fois contractée. L’annonce d’une cure possible retient donc l’attention des médecins comme des malades potentiels. L’agitation autour de l’inoculation constitue un miroir des tensions de l’époque. La méthode arrive en Europe depuis la Porte grâce à une ambassadrice britannique, Lady Mary Wortley Montagu. Ayant eu à souffrir et la perte de son frère, et celle de sa propre beauté lors d’une épidémie, elle fut immédiatement sensible à l’importance de la variolisation préventive pratiquée de manière empirique en Turquie. Elle fit inoculer son jeune enfant à Constantinople en 1718. Après son retour à Londres, elle demanda à celui qui, médecin de l’ambassade, l’avait pratiquée sur son fils, d’inoculer sa fille.

Les débats suscités par la technique furent nombreux et violents, en Grande-Bretagne, mais aussi en France. Ils engagent une série de questions qui gardent leur actualité de nos jours : quel droit avons-nous sur notre propre corps, ou sur celui d’un autre, un mineur par exemple ? est-il légitime de risquer de faire mourir quelqu’un pour le protéger d’une maladie qu’il pourrait ne jamais attraper ? en inoculant la variole, ne risque-t-on pas de donner d’autres maux à un sujet sain ?

Deux problèmes principaux se trouvent au carrefour des obligations de l’individu et de la communauté : on risque de mourir des suites de l’inoculation ; on est contagieux pendant la durée d’incubation de la maladie artificielle. En face, les avantages de l’opération réussie sont immenses : les inoculés sont protégés à vie de la pathologie. S’ils sont assez nombreux, la maladie doit pouvoir être enrayée. Voilà le but des partisans les plus acharnés de la méthode.

Les premiers inoculés anglais, après la petite Montagu, sont des prisonniers. En 1721, on met à l’épreuve la méthode en promettant la liberté aux six détenus qui acceptent l’opération. Tous survivent. Ils avaient transgressé les lois de la société. Elle les accueille à nouveau en son sein : ils se sont mis en péril pour le bien commun. L’expérience médicale les réhabilite.

Dans un deuxième temps, des essais réussis sont pratiqués sur cinq enfants de Londres trouvés, comme si leur vie était de piètre importance. Il ne s’agit plus de permettre à des exclus de se racheter, mais de ne prendre que des risques contrôlés. De la même façon, en 1751, souhaitant inoculer à Genève des orphelins ou des trouvés, Jean-Antoine Cramer se voit promettre des sujets entièrement dépendants des Directions et principalement […] des bâtards comme si leur naissance illégitime pouvait être rachetée par leur désignation comme cobayes. En cas d’échec, il serait plus simple d’étouffer l’affaire ou, du moins, il n’y aurait pas de véritables comptes à rendre. Trente ans plus tard, à Florence, pour convaincre les habitants de son innocuité, l’opération est pratiquée sur six enfants de l’hôpital de Sainte Marie des Innocents. Il s’agit encore une fois de rassurer les grandes familles locales pratiquant l’inoculation sur des individus considérés comme quantités négligeables parce que situés en marge des relations communautaires et familiales habituelles. Le même processus est suivi en Autriche. Admirant le courage de Catherine II, qui a été elle-même cobaye pour son fils, l’abbé Roman rappelle l’exemple de deux mères royales, Caroline et Marie-Thérèse. 

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