Abbé Henri Grégoire, 50 ans en 1800

Les curés lorrains souhaitent avoir des députés aux États provinciaux et généraux, et veulent des changements dans le mode d’organisation de ces États. Ils demandent notamment, en totale adéquation avec le Tiers état, que le vote soit fait par tête et non par ordre. Ils renoncent à tout privilège fiscal.

Dans cette organisation, Grégoire a le rôle de Commissaire du clergé, qu’il partage avec onze autres confrères. Il diffuse le procès-verbal de la réunion du 21 janvier 1789 qui a fixé les buts du clergé.

Grégoire est élu député du Premier Ordre (le Clergé avait 291 élus) par le clergé du bailliage de Nancy. Il se fait rapidement connaître en s’efforçant, dès les premières sessions de l’Assemblée, d’entraîner dans le camp des réformistes ses collègues ecclésiastiques et de les amener à s’unir avec le Tiers état.

1790-1801 (40-51 ans). Grégoire devient évêque constitutionnel de Blois en 1791. Il est  membre de l’Église constitutionnelle entre 1790 et 1801, ayant à ce titre prêté l’un des serments exigés par la Constitution civile du clergé.

1791 (41 ans). Grégoire est Président de l’Assemblée constituante. Il réclame l’abolition totale des privilèges, propose le premier la motion formelle d’abolir le droit d’aînesse, et combat le cens du marc d’argent, exigeant l’instauration du suffrage universel masculin.

1792 (42 ans). Le département de Loir-et-Cher l’élit député à la Convention nationale. Dès la première séance, le 21 septembre, il monte à la tribune pour défendre avec vigueur la motion sur l’abolition de la royauté proposée par Collot d’Herbois, et contribua à son adoption. ).

Il est  Président de la Convention  du 15 au 29 novembre ; il préside en tenue épiscopale.

1793 (43 ans). Il ne participe pas au vote sur la mort de Louis XVI : il est alors en mission à l’occasion de la réunion de la Savoie à la France.

Au sein du Comité d’instruction, Henri Grégoire lutte pour l’éradication des patois. L’universalisation de la langue française est pour lui le meilleur moyen de répandre dans la masse les connaissances utiles, de lutter contre les superstitions et de fondre tous les citoyens dans la masse nationale, de créer un peuple. La généralisation et l’enseignement de la langue française sont dans le droit fil de sa lutte pour l’émancipation des minorités.

 1794 (44 ans). L’abbé Grégoire présente à la Convention son Rapport sur la Nécessité et les Moyens d’anéantir les Patois et d’universaliser l’Usage de la Langue française, dit Rapport Grégoire.

Le 4 février, il contribue au vote aboutissant à la première abolition de l’esclavage (qui sera rétabli par Napoléon Bonaparte, loi du 20 mai 1802

Grégoire contribue aussi à la création du Conservatoire national des arts et métiers pour perfectionner l’industrie nationale, du Bureau des longitudes et de l’Institut de France (il en devient membre).

Il participe à la sauvegarde contre les pillages de certains lieux, comme la Basilique de Saint-Denis, au motif qu’ils font partie de l’histoire de France. À ce titre, il invente le terme « vandalisme », en précisant : J’ai créé le mot pour tuer la chose.

Malgré la Terreur, il ne cesse de siéger à la Convention en habit ecclésiastique et n’hésite pas à condamner vigoureusement la déchristianisation des années 1793 et 1794.

Le 24 décembre, devant la Convention, il prononce sous les huées son Discours sur la liberté des cultes où il demande la liberté pour les cultes et la réouverture des églises.

1795-1799 (45-49 ans). L’abbé Grégoire est membre du Conseil des Cinq-Cents (1ère République) ».

Pour aller plus loin : visiter le Musée Henri Grégoire à Emberménil en Lorraine.

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2 réponses à “Abbé Henri Grégoire, 50 ans en 1800

  1. Merci pour le lien; j’ai ajouté deux photos prises au CNAM lors de ma visite en 2017