1716. John Law, la monnaie de papier

Version abrégée de l’article de Fabienne Manière, 2 mai 1716 – 26 janvier 1721, Le système Law, Hérodote.net, Le média de l’histoire, décembre 2020.

John Law de Lauriston (1671-1729) a été le 3ème Contrôleur général des finances de la Régence (1715-1723). Il l‘est resté moins de 6 mois, du 4 janvier 1720 au 29 mai 1720. Liste des 32 Contrôleurs généraux des Finances du 18ème siècle.

Les premières chroniques du blog sur les Contrôleurs Généraux des Finances : La Fonction de Contrôleur Général des Finances, 1730-1745. Philibert Orry aux Finances, 1730-1736. Les enquêtes sur l’état du Royaume, Fiscalité. 1749, création du Vingtième, 1783-1787. Calonne : réformer !

Article de Fabienne Manière. « A la mort de Louis XIV, en 1715, les finances du royaume français sont au plus mal. La charge annuelle de remboursement de la dette atteint 165 millions de livres alors que les recettes fiscales ordinaires ne dépassent pas 69 millions de livres ! Dans les caisses, il ne reste que 800 000 livres de trésorerie.

C’est dans ces conditions qu’arrive à Paris un Écossais de 45 ans, dénommé John Law. Il va résorber la dette par un coup d’audace sans précédent…

Un joueur plein d’imagination

À Paris, où son habileté au jeu lui permet de faire la connaissance du Régent, Law convainc celui-ci qu’en substituant à l’or une monnaie de papier, il sera possible de relancer l’investissement des particuliers et surtout d’éteindre la dette de l’État.

Le 2 mai 1716, en dépit de l’hostilité des financiers un édit autorise John Law à créer la Banque générale avec un capital de six millions de livres réparties en 1 200 actions de 5 000 livres.

Cette banque privée pratique de façon classique des opérations de change et d’escompte. Mais elle émet aussi des billets que le financier s’engage à rembourser en or et en argent à qui le souhaite à son taux nominal. Cette garantie rend le papier préférable au métal dont le cours varie en permanence. Elle vaut à la Banque générale, avec le soutien actif du Régent, un vif succès.

Les promesses fabuleuses de la Louisiane

Soucieux d’étendre ses activités, John Law rachète alors une compagnie chargée de la mise en valeur de la Louisiane, la Compagnie du Mississipi, créée en 1712 par le financier Antoine Crozat.

Il lui substitue une nouvelle compagnie, la Compagnie d’Occident, laquelle obtient la charge de mettre en valeur la Louisiane.

La Banque générale obtient le privilège de percevoir les impôts indirects afin de s’assurer des recettes. Par un édit du 4 décembre 1718, elle devient par ailleurs Banque royale et obtient la garantie de l’État. C’est une nationalisation de fait.

Mais John Law n’oublie pas la finalité première de son entreprise : résorber la dette publique de la France. La Compagnie d’Occident émet donc des actions de 500 livres qui peuvent être achetées à la Banque royale avec des titres de la dette publique à court terme de même valeur nominale.

Comme l’État, en quasi-cessation de paiement, ne paie plus les intérêts correspondants, ces titres sont très dépréciés et ne s’échangent plus guère qu’au tiers de leur valeur (150 livres). Aussi leurs détenteurs (les créanciers de l’État) s’empressent-ils de les échanger contre des actions de la Compagnie d’Occident, réputées plus solides.

Vu le succès des premières actions (les « mères »), Law lance de nouvelles émissions : les « filles » et les « petites-filles ».

C’est ainsi que l’État commence habilement à retirer du marché les titres de sa dette à court terme pour un montant de 100 millions de livres…

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2 réponses à “1716. John Law, la monnaie de papier

  1. Étienne de Silhouette, né le 5 juillet 1709 à Limoges

  2. … et Contrôleur Général des Finances de mars 1759 au 21 novembre 1759 : Sa Silhouette n’a pas fait long feu ! https://histoiresduniversites.wordpress.com/2021/01/18/controleur-general-des-finances/