18ème. Le cauchemar du Scorbut

C. 1745. Le scorbut à Rochefort (source : Wikipédia).

Malgré son savoir-faire, Jean Cochon-Dupuy  ne peut rien contre l’épidémie de scorbut de l’escadre du bailli de Piosin, ramenée en 1745 depuis Louisbourg (île royale). L’hôpital de la marine perd alors 150 chirurgiens, apothicaires et aumôniers, pendant que Rochefort compte 3 000 victimes ».

D. 1750-1788. Guerres coloniales et bateaux plus puissants font le lit du scorbut (source : Wikipédia).

« Historiquement, l’émergence du scorbut relève autant de la technologie que de la nutrition. Une nouvelle technologie permet de construire des navires capables de navigation au long cours (apparition de la Caravelle). Des voyages de plusieurs mois deviennent possibles, avec des navires de plus en plus grands (jusqu’à des équipages de 500 hommes et plus au XVIIIe siècle).

Le contrôle mondial des mers prend le pas sur la défense côtière. La guerre maritime se livre désormais sur de très longues distances, et des longues durées (guerre de blocus) avec de très grands navires chargés d’infanterie de marine. Dans ces conditions et à cette échelle, l’approvisionnement en fruits ne peut guère suivre…

Les historiens considèrent que les deux principales causes de mortalité en mer, durant l’époque classique, sont le scorbut et le typhus. La mortalité liée au scorbut maritime a été estimée à plus d’un million de victimes entre 1600 et 1800. Pour la seule marine marchande française (1750-1800), une campagne en droite ligne aux Antilles se solde par une mortalité globale (toutes causes confondues) de 5 %.

Le siècle le plus tragique est le XVIIIe siècle. Les guerres navales prenant une ampleur mondiale : la Royal Navy perd, à elle seule, 75 000 hommes par maladie (scorbut, typhus…) au cours de la guerre de Sept Ans.

En adoptant, de façon réglementaire, des rations alimentaires antiscorbutiques pour la Royal Navy, l’Angleterre fut la première puissance maritime à éliminer le scorbut, et ce en deux ans (1795-1797)« .

E. Et la France ? L’hygiène navale à la fin du XVIIIe siècle, André Reussner, Revue d’histoire, Année 1931, 79, pp. 35-54.

« L’année 1786 est une année de réformes pour la Marine royale sous l’administration du secrétaire d’État de la Marine, le marquis de Castries, avec la promulgation le 1er janvier de douze ordonnances et de onze règlements. Les navires de la flotte sont désormais organisés en neuf escadres.

L’article donne la liste des navires de guerre composant la marine royale en 1786″.

Malgré le cauchemar du Scorbut, la réglementation de 1786 concerne assez peu les rations alimentaires à emporter sur les vaisseaux de guerre ».

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