1775-1783. La Guerre d’indépendance

1780 (mars). La Fayette devance le corps expéditionnaire et embarque à Rochefort sur la frégate L’Hermione. Commandant des troupes de Virginie, il harcèle l’armée anglaise de Lord Cornwallis, bientôt bloquée dans la baie de la Chesapeake par la flotte française et par les troupes de Washington et de Rochambeau.

Joseph Vernet, Port de Rochefort, 1762

Traversée vers l’Amérique avec Lafayette

Le marquis de Lafayette embarque sur l’Hermione à Port-des-Barques le 10 mars 1780, en compagnie de deux officiers, de son secrétaire et de six domestiques. Le 14 mars, des passagers attendus par Lafayette embarquent en rade de La Rochelle et la frégate met le cap à l’ouest. Cependant, la rupture de la grande vergue dès le lendemain contraint Latouche à revenir en rade de l’île d’Aix le 17 mars.

Port des Barques. Fontaine de Lupin sur la Charente (approvisionnement en eau douce)

Le départ définitif vers l’Amérique a lieu le 20 mars 1780, après remplacement de l’espar cassé par une vergue de la frégate Galathée. Après un mois de mer, l’approche des côtes américaines est signalée le 22 avril 1780 par une profondeur de 50 brasses mesurée à la sonde à main. Le 26 avril, une prise anglaise faite par un corsaire américain permet de préciser la position, le lendemain le cap Ann est en vue et l’Hermione fait son entrée dans le port de Marblehead. Enfin, la frégate arrive à Boston le 28 avril 1780. Lafayette y débarque pour annoncer l’envoi de renforts français au général Washington.

1781 (27 juillet). Combat de Louisboug. Les frégates françaises l’Hermione et l’Astrée, commandées par Lapérouse, y affrontent cinq bâtiments anglais qui réussissent à s’échapper dans la nuit. L’Hermione, dont c’est la seule représentation connue, est sur la gauche. Le peintre Rossel (1739-1804) rassemble en une scène deux moments de la bataille : le combat lui-même et la prise d’une des frégates anglaises. Au centre de la composition, le navire anglais a amené son pavillon et son commandant se rend en chaloupe auprès de Lapérouse  (cartel du Musée de la Marine de Rochefort).

1781 (17 octobre). Les alliés franco-américains remportent la victoire décisive de Yorktown. Reddition de l’armée anglaise commandée par Cornwallis.

1783 (septembre 1783). Signature du traité de Versailles entre la France et l’Angleterre par le comte de Vergennes et le comte de Manchester au nom des rois Louis XVI et George III et en présence des représentants de l’Espagne.

L’opinion publique française s’est enthousiasmée pour ce conflit qui symbolise la lutte pour la liberté et l’indépendance, selon l’esprit des Lumières. Mais il s’agit surtout d’une occasion de revanche contre l’Angleterre victorieuse à l’issue de la guerre de Sept Ans perdue en 1763. Les États-Unis se voient reconnaître leur souveraineté : c’est la première fois qu’une puissance coloniale admet la perte d’une de ses colonies au profit exclusif des colons.

La France ne récupère ni le Canada ni la Louisiane mais Terre-Neuve, Tobago, Sainte-Lucie, Saint-Pierre et Miquelon, le Sénégal et le port de Dunkerque anglais depuis le traité d’Utrecht de 1713. L’Espagne, alliée de la France pendant le conflit, reprend la Floride aux Anglais.

1783. Oublieux de l’accord de 1778, les Américains ont traité séparément avec l’Angleterre. En échange du maintien de ses avantages commerciaux, celle-ci a reconnu l’indépendance des États-Unis. La guerre se solde pour la France par un énorme déficit qui pèsera sur les événements de 1789.

Naissance d’un nouvel État

1789. Les États-Unis sont admis dans le concert des nations mais leur union est encore très fragile. Quatre années leur seront encore nécessaires pour mettre au point une Constitution et créer une véritable fédération. Le premier président de la nouvelle République, Georges Washington, ne prendra ses fonctions qu’en 1789.

Les jeunes États-Unis constituent à ce moment de leur Histoire un ensemble composite de territoires presque vides et de villes d’à peine quelques milliers d’habitants (la plus grande ville, Philadelphie, en a 40 000) sans guère de voies de communication entre elles. Il faut compter une bonne semaine pour aller de Boston à New York.

Au total 3,3 millions de citoyens d’origine européenne, 700 000 esclaves d’origine africaine et quelques milliers d’Indiens en voie de refoulement ou d’extermination.

Rochefort, L’Hermione dans le radoub Napoléon III, photographié en octobre 2015

Commentaires fermés sur 1775-1783. La Guerre d’indépendance

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, BA. Photos, C. Nouvelle Aquitaine (Aquitaine Poitou Charentes), C. Outre-Mer, E. Mobilité internationale

Les commentaires sont fermés.