1778-1793. La Frégate Hermione

1780 (mars). « Le marquis de Lafayette (1757-1834) embarque sur l’Hermione à Port-des-Barques, en compagnie de deux officiers, de son secrétaire et de six domestiques. Le 14 mars, des passagers attendus par Lafayette embarquent en rade de La Rochelle et la frégate met le cap à l’ouest. Cependant, la rupture de la grande vergue dès le lendemain contraint le commandant Latouche-Tréville à revenir en rade de l’île d’Aix le 17 mars.

Port des Barques. A droite, estuaire de la Charente. Au fond, Ile Madame, accessible à pied à marée basse

Le départ définitif vers l’Amérique a lieu le 20 mars 1780, après remplacement de l’espar cassé par une vergue de la frégate Galathée. Après un mois de mer, l’approche des côtes américaines est signalée le 22 avril 1780 par une profondeur de 50 brasses mesurée à la sonde à main… La frégate arrive à Boston le 28 avril 1780. Lafayette y débarque pour annoncer l’envoi de renforts français au général Washington.

Arrivée du corps expéditionnaire (juillet 1780). C’est à Newport que débarquent les 5 500 hommes du corps expéditionnaire du comte de Rochambeau envoyé par Louis XVI depuis la ville de Brest, pour soutenir les Américains en révolte.

Réception du Congrès américain à bord de L’Hermione (mai 1781). La frégate est chargée d’une mission de représentation à Philadelphie. Elle est consacrée à la réception du Congrès américain et du conseil d’État de Pennsylvanie, pour un dîner officiel en présence notamment du Marquis de La Fayette et Samuel Huntington, président du Congrès.

Combat de Louisboug (27 juillet 1781). Les frégates françaises l’Hermione et l’Astrée, commandées par Lapérouse, affrontent cinq bâtiments anglais qui réussissent à s’échapper dans la nuit. L’Hermione, dont c’est la seule représentation connue, est sur la gauche. Le peintre Rossel (1739-1804) rassemble en une scène deux moments de la bataille : le combat lui-même et la prise d’une des frégates anglaises. Au centre de la composition, le navire anglais a amené son pavillon et son commandant se rend en chaloupe auprès de Lapérouse (cartel du Musée de la Marine de Rochefort) ».

1782. Retour à Rochefort. « Une fois sa mission parfaitement accomplie en Amérique, l’Hermione appareille le 2 février 1782 depuis le cap Henry. La traversée retour est très rapide, favorisée par des vents au portant, en seulement 23 jours et le 25 février l’Hermione mouille l’ancre dans la rade des Basques à l’île d’Aix.

Ile d’Aix

1782-1784. « Une nouvelle mission est confiée à L’Hermione : l’Océan Indien. Après avoir été radoubée en mai et en juin 1782, l’Hermione repart avec à sa tête un nouveau commandant, le lieutenant de vaisseau Du Pérou, pour une destination encore plus lointaine : le golfe du Bengale et les côtes de l’Inde. Elle doit rejoindre les forces de l’amiral Suffren (1729-1788) qui lutte sur un front secondaire de la guerre d’Amérique. L’Hermione atteint l’île de France le 18 avril et rejoint la flotte de Suffren le 14 juillet 1783, quelques jours après son importante victoire à Gondelour. La paix étant signée en 1783, l’Hermione est de retour à Rochefort en février 1784, après des escales à l’île de France [aujourd’hui île Maurice] et à l’île Bourbon [aujourd’hui île de la Réunion] en octobre 1783.

1784-1791. Campagne d’entretien à Rochefort. « Les différentes campagnes menées par L’Hermione ont fragilisé la frégate. Les dégâts importants subis lors des tempêtes ou des combats ont sérieusement usé sa coque et abîmé son gréement.

Horace Vernet, le Port de Rochefort, 1762

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L’Hermione reste à Rochefort pendant quelques années. Elle fait l’objet d’une longue opération de remise en état de sa carène, qualifiée de demi-refonte. A partir de 1789, 450 interventions vont être effectuées sur la charpente à l’intérieur et à l’extérieur pour la remettre en état de marche ».

1792-1793. La fin de l’Hermione. « La France révolutionnaire se mobilise face à la menace de l’Angleterre, qui entre en guerre en février 1793 mais aussi face à la révolte des Vendéens dans l’Ouest de la France. C’est dans ce cadre particulièrement tendu que l’Hermione reprend du service. Elle participe notamment à la défense de la ville des Sables-d’Olonne en mars 1793, puis est postée dans l’embouchure de la Loire à partir du 23 juin 1793 pour protéger les abords de Nantes.

1793. Naufrage au Croisic. En septembre, L’Hermione se voit confier une nouvelle mission, celle d’escorter entre l’estuaire de la Loire et Brest, un convoi de douze bâtiments, avec entre autres un chargement composé de 65 canons, fondus à Indret. Le 20 septembre 1793, commandée par un équipage peu expérimenté, à peine sortie de l’estuaire de la Loire et par la faute d’un pilote local (Guillaume Guillemin), la frégate sombre sur des rochers au large du Croisic, sur le plateau du Four. La coque est éventrée à tribord et s’échoue lentement sur les hauts fonds, laissant le temps à l’équipage d’être secouru. La frégate ne peut être sauvée et sombre ».

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Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, C. Bretagne Normandie, C. Nouvelle Aquitaine (Aquitaine Poitou Charentes), E. Mobilité internationale

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