Archives mensuelles : février 2021

21/01/1793. Exécution de Louis XVI

21 janvier 1793. L’exécution du roi Louis XVI, article de Jean-Pierre Bédéï, Hérodote.net, 11 février 2021.

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Extraits de l’article de Jean-Pierre Bédéï. « Fallait-il guillotiner Louis XVI ? La question est un sujet récurrent de l’historiographie comme si elle hantait encore l’inconscient collectif à une époque où les Français élisent un « monarque républicain ». Dans son livre L’exécution du Roi (Perrin), l’historien Jean-Clément Martin choisit de ne pas répondre exactement à cette interrogation ; il effectue plutôt un décryptage minutieux des rapports de force politiques fluctuants qui ont conduit de manière chaotique la Révolution à cette solution extrême.

S’appuyant sur une documentation fort riche – notamment les discours de Conventionnels obscurs souvent négligés par ses confrères -, l’auteur se plonge dans les méandres des différents courants qui se sont radicalisés et affrontés entre le 10 août 1792 (jour de l’insurrection populaire contre les Tuileries obligeant la famille royale à se réfugier à l’Assemblée) et le 21 janvier 1793 (date de l’exécution de Louis XVI) »…

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G.L. Buffon, 30 ans en 1737

Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788) : naturaliste, mathématicien, biologiste, cosmologiste, philosophe et écrivain (sources : citations des articles de Wikipédia, de Larousse).

1707 (7 septembre). « Georges-Louis Buffon est né à Montbard (Côte d’Or) dans une famille bourgeoise, anoblie par l’achat de charges. Son père est procureur du Roi au grenier à sel puis conseiller au Parlement de Bourgogne.

Ses parents sont mariés depuis un an lorsque Georges-Louis vient au monde. Il est prénommé ainsi en l’honneur de son parrain et grand-oncle maternel Georges-Louis Blaisot, seigneur de Saint-Étienne et Marigny, collecteur des impôts du duc de Savoie, et Louis en l’honneur de son grand-père, Louis Leclerc, écuyer, conseiller secrétaire du Roi, maire de Montbard et juge prévôt. Son bisaïeul était médecin et bailli de Grignon, son trisaïeul barbier chirurgien.

1717 (Georges à 10 ans). Le père Buffon, bénéficiant de la fortune accumulée par Georges-Louis Blaisot et héritée par sa femme et son fils, achète les propriétés de la seigneurie de Buffon.

1720 (13 ans). Le père acquiert également une charge de commissaire général des maréchaussées qu’il revend trois ans plus tard pour une charge de conseiller au parlement de Dijon.

Le fils Buffon fait ses humanités au collège des Jésuites de Dijon, où il a pour condisciple Charles de Brosses.

1726 (19 ans). Buffon s’inscrit à la faculté de droit de Dijon et y obtient sa licence en 1726.

1728 (21 ans). Préférant les sciences, et au grand mécontentement de sa famille, il part étudier à la faculté d’Angers. Il s’y plonge dans les mathématiques et la botanique, lit Newton et les éléments d’Euclide, suit des cours de médecine, mais, ayant tué en duel un jeune officier croate, il se voit contraint de quitter précipitamment l’université.

A Nantes, il rencontre le second duc de Kingston, jeune aristocrate anglais qui parcourt l’Europe avec son précepteur allemand le naturaliste Nataniel Hickman, et avec lequel il se lie d’amitié. Il décide de les suivre dans leur Grand Tour, qui les mène à La Rochelle, Bordeaux, Toulouse, Béziers, Montpellier, puis en Italie, par Turin, Milan, Gênes, Florence, Rome, et en Angleterre.

1731 (24 ans). Son voyage est interrompu à la mort de sa mère.

1732 (25 ans). Il s’installe à Paris soucieux de s’éloigner de son père, remarié à sa grande fureur à l’âge de cinquante ans avec une jeune fille de vingt-deux ans, Antoinette Nadault. Le menaçant d’un procès, il obtient la libre disposition de sa fortune et récupère des terres que son père avait aliénées. Il fait démolir la maison paternelle de Montbard et construire l’hôtel de Buffon, aménage une ménagerie, un laboratoire et son cabinet de travail.

Il est décidé à réussir, commençant à signer Buffon. Il se loge au faubourg Saint-Germain, chez Gilles-François Boulduc, premier apothicaire du roi, professeur de chimie au Jardin royal des plantes, membre de l’Académie des sciences et de l’Académie de Stanislas. Ses premiers travaux portent sur les mathématiques, son domaine de prédilection.

1733 (26 ans). Il présente un mémoire à l’Académie des Sciences, Sur le jeu du franc-carreau. Il introduit pour la première fois le calcul différentiel et le calcul intégral en probabilité.

C’est à cette époque qu’il fait la connaissance de Voltaire et d’autres intellectuels.

1734 (27 ans). Il est élu à l’Académie des sciences comme adjoint mécanicien le 9 janvier. Il a de puissants protecteurs, notamment Maurepas, et Louis XV. Il se fait introduire dans plusieurs salons prestigieux.

Maurepas, ministre de la Marine, demande en 1733 à l’Académie une étude sur les bois utilisables pour la construction de navires. Faute de moyens, les commissaires nommés initialement se récusent, mais Buffon, exploitant forestier à Montbard, est là. Il multiplie les expériences et rédige un compte rendu des plus complets. Maurepas lui propose la surintendance de toutes les forêts de son domaine, mais il refuse.

1738 (31 ans). Anglophile, il correspond avec plusieurs savants et séjourne à Londres. 1739. Il est élu à la Royal Society.

Il montre à l’Académie son ouvrage Moyen facile d’augmenter la solidité, la force et la durée du bois rédigé à partir des expériences menées à Montbard. Mais Henri Louis Duhamel du Monceau, agronome éminent avec qui Maurepas souhaitait qu’il travaille en bonne intelligence, y voit un plagiat de son mémoire à venir : Diverses tentatives pour parvenir à augmenter la dureté ou l’intensité du bois. Il s’est fait là un ennemi de taille.

1739 (32 ans). Buffon, pour être élu Associé à l’Académie des sciences, passe de la section de mécanique à celle de botanique.

Après une admirable campagne de relations publiques auprès de son prédécesseur mourant, Dufay, il est nommé intendant du Jardin du roi le 26 juillet, supplantant une fois encore Duhamel du Monceau ; celui-ci obtiendra de Maurepas, comme lot de consolation, la responsabilité de réformer la Marine. Enfin établi, Buffon partagera désormais son temps, jusqu’à la fin de sa vie, entre sa propriété de Montbard, vivant tranquillement et rédigeant son œuvre, et Paris, où il administre le Jardin royal des plantes et entretient son image à la Cour.

1749 (42 ans). Les premiers volumes de L’Histoire Naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roi paraissent en 1749. Placé par cet ouvrage au premier rang des écrivains de son siècle aussi bien que des savants. La publication en 35 volumes s’étend de 1749 à 1804. C’est l’une des plus importantes entreprises de publication scientifique du Siècle des Lumières.

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La médecine des années 1774-1792

Chroniques sur l’Histoire de la médecine au 18ème siècle.

5. Années 1774-1792. La médecine sous le règne de Louis XVI. Source. État de la médecine au 18ème siècle, Université de Paris, BIU Santé médecine, BIU Santé, Pharmacie.

1775GUYTON de MORVEAU préconise le chlore pour désinfecter l’air, Nouveau moyen de purifier absolument et en très peu de temps une masse d’air infecté.
LE FEBURE de SAINT-ILDEPHONT préconise l’arsenic comme thérapeutique du cancer, Remède éprouvé pour guérir radicalement le cancer occulte et manifeste ulcéré.
Percival POTT décrit le cancer des ramoneurs.
1776Sous la présidence de Félix VICQ D’AZYR, le roi accorde son soutien à la création de la SOCIÉTÉ ROYALE DE MÉDECINE. Chronique du blog : Vic d’Azyr, 30 ans en 1778.
L’abbé de l’Épée publie dans un ouvrage célèbre, Institution des sourds et muets par la voie des signes méthodiques, son expérience éducative menée auprès de jeunes sourds et muets.
Jean-Paul MARAT ouvre une boutique d’électricité médicale à Paris pour soigner ses patients par l’électrothérapie.
LA SOCIÉTÉ ROYALE DE MÉDECINE est fondée en 1776 sur l’initiative de François de LASSONNE et de Félix Vicq d’Azyr, elle a pour but de rassembler les médecins en France. Elle fut d’abord chargée d’étudier le problème des épizooties, des épidémies et des eaux minérales. Très vite elle eut des correspondants à travers tous les hôpitaux et les médecins de France et de l’étranger et ce malgré les vives attaques lancées par la Faculté de médecine de Paris. Elle publiera l‘Histoire et les mémoires de la Société royale de médecine entre 1776 et 1789.
1777Création du Collège de pharmacie.
Antoine LAVOISIER présente un mémoire devant l’Académie des sciences, Expériences sur la respiration des animaux et sur les changements qui arrivent à l’air en passant par leurs poumons. Il explique ainsi les effets semblables entre respiration et combustion.
Annes-Charles LORRY publie le 1er traité moderne de dermatologie, Tractatus de morbis cutaneis.
Jean-René SIGAULT pratique la première symphysiotomie lors d’un accouchement laborieux.
1778  Paul-Joseph BARTHEZ, défenseur du vitalisme, publie Nouveaux éléments de la science de l’homme.
Anselme JOURDAIN décrit dans son ouvrage, Traité des maladies et des opérations chirurgicales de la bouche, l’ostéopériostite alvéolodentaire.
1779  Franz-Anton MESMER publie Mémoire sur la découverte du magnétisme animal.
1780 Les pharmaciens peuvent suivre à Paris des cours de chimie et de botanique. 
Création d’un hospice pour les femmes enceintes syphilitiques dans le quartier Vaugirard à Paris.
1781  Jean-Louis BAUDELOCQUE, qui a inventé le pelvimètre, publie L’art des accouchements.
1782Antoine LAVOISIER présente un mémoire à l’Académie royale des sciences, Mémoire sur l’affinité du principe oxygène avec les différentes substances auxquelles il est susceptible de s’unir..
1783Jean-Paul MARAT publie Mémoire sur l’électricité médicale.
1784 Un rapport des Drs. Bailly et Guillotin condamne la théorie de MESMER, « Rapport des commissaires chargés par le Roi de l’examen du magnétisme animal« 
1785Antoine-François de FOURCROY, L’art de reconnaître et d’employer les médicaments.
1786  Félix VICQ D’AZYR, Traité d’anatomie et de physiologie avec planches coloriés représentant au naturel les organes de l’homme et des animaux. Ses œuvres complètes seront publiées en 1805.
1788Pierre-Joseph DESAULT réorganise le service de chirurgie de l’Hôtel-Dieu de Paris et développe l’enseignement des étudiants en médecine au lit du malade. 
Nicolas DUBOIS de CHEMANT propose des dents en porcelaine dans sa Dissertation sur les avantages des nouvelles dents et râteliers artificiels, incorruptibles et sans odeur
Louis ODIER propose le bismuth pour soigner les affections gastriques. 
Jacques TENON dresse un tableau de l’état sanitaire des hôpitaux et propose des réformes concernant l’hygiène et un architecture propre aux besoins des hôpitaux dans un Mémoire sur les Hôpitaux de Paris.
1790  Félix VICQ D’AZYR présente devant la Société royale de médecine une réforme des études de médecine
Le docteur Joseph-Ignace GUILLOTIN présente la Guillotine.
1791 Une loi établit la liberté d’exercer la médecine. 
Joseph DAQUIN s’inquiète du sort des aliénés et publie La philosophie de la folie ou essai philosophique sur les personnes attaquées de folie.

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Cinq jardins botaniques / des plantes

Cinq jardins botaniques, dits aussi jardins des plantes, créés au 17ème siècle et enrichis au 18ème.

  • Montpellier, jardin fondé en 1598 sous Henri IV. En 1762, Antoine Gouan fait paraître le catalogue des plantes du jardin botanique de Montpellier, sous le titre d’Hortus regius monspeliensis. Chronique Montpellier. Médecine et Chirurgie.
  • Strasbourg, jardin botanique fondé en 1619. Chronique partie A, ci-dessous.
  • Paris, jardin royal des plantes médicinales fondé en 1626. Chronique partie B, ci-dessous.
  • Nantes, jardin des apothicaires, fondé en 1687. Chronique partie C, ci-dessous.
  • Rochefort, jardin fondé en 1697. 1741. Un nouveau Jardin, le Jardin-reposoir. Chronique Expéditions maritimes et Botanique.

A. Jardin botanique  de Strasbourg  (source : citations du site du Jardin Botanique).

1566. « Ville d’intellectuels et d’artistes, Strasbourg dispose dès 1566 de son Académie comprenant quatre Facultés : Théologie, Droit, Philosophie et Médecine. Cette dernière souhaite installer un Jardin botanique dans l’enceinte de la ville. Des négociations entre le Sénat et le couvent Saint-Nicolas-aux-Ondes permettent au recteur Storck d’obtenir une partie du jardin situé dans le quartier de la Krutenau. De par son origine maraîchère, ce nom alsacien signifie « plaine à choux ».

1619. Le Jardin botanique de Strasbourg est créé ; il est alors le deuxième sur l’ensemble du territoire aujourd’hui français (l’Alsace n’étant encore jamais été française à cette époque), après celui de Montpellier né en 1598. Situé à la place occupée actuellement par l’École des Arts Décoratifs, il est géré par les professeurs de la Faculté de Médecine. Plusieurs serres sont construites afin d’accroître la diversité des plantes à étudier.

1670. Le premier inventaire du Jardin, édité par le botaniste Marcus Mappus, recense 1600 espèces.  

1789. Suite à la Révolution Française, de nombreux jardins botaniques sont démantelés car leurs collections de plantes exotiques sont jugées trop aristocratiques par les révolutionnaires. Jean Hermann, alors directeur du Jardin botanique, lui sacrifie toute sa fortune personnelle pour sa survie. Il sauve aussi de la destruction une partie des statues de la Cathédrale de Strasbourg en les enterrant dans le Jardin.

1870. Les troupes prussiennes assiègent la ville au cours de la guerre de 1870. Les strasbourgeois encerclés n’ont plus accès aux cimetières situés en périphérie de la ville. Ils réquisitionnent alors le Jardin botanique, qui redevient un lieu de sépulture. Les corps ont été exhumés, mis à part les dépouilles non identifiées qui ont été placées dans un ossuaire situé sous le monument aux morts qui date de 1874. Il s’agit du seul monument aux morts de Strasbourg pour la guerre de 1870. Victorieuse, l’Allemagne impériale annexe l’Alsace et la Moselle en 1871.

Le Jardin botanique allemand. cliquer sur les images pour les agrandir

1884. Très vite, l’empereur Guillaume Ier a pour ambition de faire de Strasbourg la vitrine scientifique et culturelle de l’Allemagne, à l’Ouest de l’Empire. Il entreprend dans ce but la construction du campus wilhelmien où s’installe l’Université impériale à partir de 1884″.

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Montpellier. Médecine et Chirurgie

Montpellier, Médecine au 18ème siècle : diaporama de 18 photos

Deux figures de botaniste, chargés du Jardin des plantes : François Boissier de Sauvages de Lacroix (1706-1767), Antoine Gouan (1733-1821).

Le Jardin des plantes de Montpellier (photo de Pierre Dubois en 2017). Cliquer sur les images pour les agrandir

Une figure de chirurgien : François La Peyronie (1678-1747).

Une figure de médecin et d’encyclopédiste : Paul-Joseph Barthez (1734-1806).

Jardin des Plantes de Montpellier (source : citations de Wikipédia). Celui de Rochefort (le jardin reposoir) a été présenté dans la chronique Expéditions maritimes et Botanique

« Le jardin des plantes de Montpellier est un jardin botanique universitaire fondé en 1593. Henri IV confia à Pierre Richer de Belleval la création d’un jardin botanique suivant le modèle de celui de Padoue créé vers 1545. Le projet prend rapidement de l’ampleur et ne se limite pas à la culture des simples. Richer en publie le catalogue en 1598, mais les guerres de religions qui ravagent la région anéantissent également le jardin lors du siège de la ville en 1622. Richer de Belleval doit tout reprendre à zéro. Au début du XVIIe siècle, le jardin des plantes de Montpellier fut non seulement un jardin scientifique, avec son importante collection de végétaux, mais un jardin précurseur dans sa manière d’appréhender le monde végétal dans sa diversité, en reproduisant différents milieux (ombragé, ensoleillé, humide, sablonneux, pierreux…) et en consacrant un emplacement aux plantes exotiques ».

A. François Boissier de Sauvages de Lacroix (1706-1767) est médecin et botaniste (chaire de botanique de la faculté de médecine de Montpellier) (source : citations de Wikipédia).

1722. « Il entre à la faculté de médecine de Montpellier et s’intéresse particulièrement à l’étude de la botanique, grâce à Pierre Baux, célèbre naturaliste, qui l’initie. Il est reçu docteur en 1726 avec une thèse intitulée Dissertatio medica atque ludicra de amore… L’Amour peut-il être guéri par les plantes ? Il séjourne alors quelques années à Paris et revient à Montpellier en 1734.

D’abord professeur de physiologie et de pathologie, il occupe la chaire de botanique de la faculté de médecine après la mort d’Aymé-François Chicoyneau (1702–1740). C’est d’ailleurs dans cette discipline qu’il va s’illustrer. Il améliore grandement la situation du jardin botanique de la faculté (il y construit la première serre chaude), mais aussi de ses bâtiments.

Il entame en 1737 une correspondance avec Linné (1707–1778). Sauvages de Lacroix lui fait parvenir des spécimens des plantes croissant dans les environs de Montpellier. Une véritable amitié lie bientôt les deux hommes. Les envois de Sauvages de Lacroix permettent à un élève de Linné, Theophilus Erdmann Nathhorst (?–1756), de faire une thèse sur la flore de la région de Montpellier. Il obtient son titre de docteur en médecine en 1741 avec une thèse intitulée De motuum vitalium causa… Il devient membre de la Royal Society le 25 mai 1749« .

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Expéditions maritimes et Botanique

Suite de la chronique Michel Bégon, intendant à Rochefort (1688-1710)

La Charente, vue de la Corderie de Rochefort. Cliquer sur les images pour les agrandir

A. Les Bégon, passionnés de botanique (source : eduquebec)

« Michel Bégon, quand il était encore intendant aux galères à Marseille, participe à l’envoi de navires d’exploration dont celui du père Charles Plumier, botaniste d’origine marseillaise avec pour objectif d’examiner les vertus des plantes et l’usage qu’on pourrait en faire dans la médecine. Lorsque le père Plumier revient, Bégon est parti pour Rochefort. La fleur qu’il ramène possède des pétales écarlates. En l’honneur de Michel Bégon, il la baptise : bégonia.

Source pour les photos des espèces botaniques : wikipédia.

L’arbre généalogique des Bégon est très lié au Canada car le petit-fils de Michel Bégon, Roland-Michel Barrin, marquis de la Galissonnière (1693-1756) en devient gouverneur à la fin du régime français (1747-1749).

Le goût des plantes et des découvertes semble s’être transmis avec le prénom Michel : le marquis de la Galissonnière donne son nom à une variété de fleurs, les Magnolia Galonniensis.

Il est également à l’origine de l’introduction en France de nombreuses plantes américaines comme le Tulipier de Virginie« .

B. Le Jardin Botanique de Rochefort, aujourd’hui Jardin des Retours (source : Parcs et Jardins)

1697. Michel Bégon, lorsqu’il est intendant maritime de Rochefort, crée un premier jardin botanique où il souhaite voir pousser des plantes intéressantes pour leur agrément et leur utilité.

1726 (9 septembre). « Gérard Mellier, maire de Nantes, est l’instigateur d’une ordonnance royale : Pour assujettir les capitaines des navires de Nantes d’apporter des graines et des plantes des colonies des pays étrangers pour le jardin des plantes médicales de Nantes (source : Le transport maritime des plantes au XVIIIe siècle).

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M. Bégon, intendant à Rochefort

Michel Bégon, cinquième du nom, dit le Grand Bégon, est né à Blois le 25 décembre 1638. Il est mort à la tâche à Rochefort le 14 mars 1710, à l’âge de 72 ans. Depuis 1688, il était intendant de la marine de Rochefort et intendant de la Rochelle depuis 1694 (source : Wikipédia).

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« Sa famille appartient à la Noblesse de robe, tant de justice que de finance (deux grands-oncles sont avocat et conseiller au présidial de Blois, le père et le grand-père sont receveurs des tailles).

1662 (24 ans). Michel Bégon devient quant à lui garde des Sceaux du présidial de Blois.

1667 (29 ans). Il est Président du tribunal de Blois.

1677 (39 ans). Il entre tardivement dans la marine lorsque Colbert le nomme trésorier de la marine du Levant, à Toulon : c’est le début d’une carrière heureuse.

1682-1685 (44-47 ans). Il est intendant de Saint-Domingue et Intendant des Iles-du-Vent de l’Amérique et de la Martinique.

1685 (47 ans). Après son séjour aux Antilles, il est nommé intendant des galères à Marseille« .

  • 1686 (6 février). Lettre de Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay (secrétaire d’Etat de la Marine et de la Maison du roi) à Michel Bégon (intendant des galères à Marseille). La lettre concerne les conditions de l’envoi dans les Antilles et au Canada de forçats, de faux-sauniers, de condamnés à vie (source : Persée).

1688 (50 ans). Le 1er septembre, Michel Bégon devient Intendant de la Marine de Rochefort.

Histoire de Rochefort avant Bégon (source : extraits de l’Arsenal de Rochefort, Musée national de la Marine, 2013, 48 pages). « Colbert, dès 1663, fait chercher, de la Manche à l’Atlantique, un lieu pour y établir un port arsenal englobant une rade protégée pouvant contenir soixante vaisseaux, de vastes magasins, de nombreux ateliers, et des chantiers de construction. Rochefort est choisi en 1665.

Qu’est-ce que Rochefort au début de 1666 ? Un désert quasiment. Un modeste logis seigneurial, une petite église romane, quelques groupes de cabanes et deux ou trois moulins. Un terre située sur la rive droite en amont de l’avant-dernier méandre de la Charente, à vingt-et-un kilomètre de son embouchure, entourée d’immenses marécages insalubres porteurs de malaria et autre fièvres.

En 1671, la corderie, l’étuve, la forme de radoub, la forge aux ancres, la fonderie de canons, les hangars de la fosse aux mâts, la plupart des magasins et une partie des quais sont élevés sinon terminés, sans compter les vingt navires de guerre qui ont été construits sur place.

Vers 1690, l’arsenal est en voie d’achèvement alors que la ville n’est qu’une sorte de campement… Si la Corderie s’étend sur 373 mètres – le plus long bâtiment industriel à l’époque -, c’est sur des dizaines de kilomètres que s’articule le port arsenal tout entier, des forts et batteries de Ré, d’Oléron, de Fouras, de la Pointe et de Lupin aux fosses aux mats et à la fontaine royale de Saint-Nazaire-sur-Charente »…

Photo de Pierre Dubois, octobre 2014

« Mais tout marche bien mal… La dispersion des sites et les énormes contraintes de navigation sur la Charente et de marée sont synonymes de lenteur et de coûts considérables, surtout lors de l’armement de grands vaisseaux »…

Le temps de Bégon. « Le ralentissement que connait la Marine royale après la perte de nombreux vaisseaux à la Hougue en 1692 et la priorité stratégique désormais accordée à la guerre de course portent un frein au développement de l’arsenal. Mais c’est paradoxalement au moment où l’activité de celui-ci commence à décroître que la ville de Rochefort prend véritablement son essor : 2 525 habitants permanents en 1669, 13 000 dès 1685, plus de 20 000 au début du 18ème. Elle le doit en grande parte à l’activité de l’intendant Bégon, qui mène une politique urbaine ambitieuse entre 1688 et 1710″.

Entre la création du Port Arsenal en 1666 et sa fermeture définitive en 1927, près de 550 navires de guerre y ont été construits.

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Intendants de la marine royale

Après les réformes de Colbert, le fils poursuit le travail du père et l’ordonnance du 15 avril 1689 (23 Livres) vient parachever l’œuvre entreprise à partir des années 1660. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Cette ordonnance fixe pour longtemps les cadres et les principes de gestion de la marine qui ne seront remis en cause qu’en 1765 (ordonnance de Choiseul). Dès lors, la marine est confiée à un corps d’officiers civils appelés officiers de plume. Ce corps est hiérarchisé depuis les écrivains ordinaires jusqu’aux intendants de la marine, en passant par les commissaires.

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Les écrivains de la marine sont nommés par le roi qui leur délivre un brevet.

Les écrivains ordinaires forment la masse des employés aux écritures. L’on en dénombre 52 à Rochefort en 1744 (sur un total de 105 officiers de plume). les tâches de l’écrivain consistent à prendre note de tout: compter les matériaux de construction (bois, fer, cordes…), les deniers (les dépenses, les recettes), les hommes (les gens de mer appelés au service du roi, les ouvriers, les soldats à embarquer…), les marchandises (boissons, farine, légumes, poudre…).

Les écrivains généraux sont peu nombreux : deux seulement occupent cette place en 1744 à Rochefort.

En revanche, les écrivains principaux peuvent aspirer au grade de commissaire ordinaire. Il y en a quatorze à Rochefort en 1744, n’ayant aucune autre fonction que celle de distribuer le travail aux écrivains  ordinaires… Il fallait des chefs d’écrivains pour les diriger et pour répondre en l’absence des commissaires.

Les commissaires de la marine sont nommés par le roi qui leur délivre une commission.

Le commissaire ordinaire est l’interface entre le service dont il a la responsabilité et l’intendant. Il dirige, coordonne, surveille, le détail dont il est chargé afin que les ordres donnés par l’intendant soient le plus promptement exécutés. Obtenir le grade de commissaire ordinaire, c’est atteindre le seuil d’une carrière honorable.

Peu d’officiers atteignent ce grade en réalité. Pour l’année 1748, les commissaires ordinaires ne représentent que 7,2 % des effectifs administratifs à Toulon, 8,5 % à Rochefort et 9,5 % à Brest.

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18ème. Le cauchemar du Scorbut

Le cauchemar du Scorbut au 18ème siècle.

Photographié au Musée de l’École de médecine navale de Rochefort. Cliquer sur les images pour les agrandir

A. Le voyage du Commodore Anson est une circumnavigation (source : Wikipédia). « En 1740, pendant la Guerre de l’oreille de Jenkins qui opposa la Grande-Bretagne et l’Espagne de 1739 à 1748, le Commodore George Anson reçut du roi Georges II le commandement d’une escadre, avec la mission d’aller harceler les colonies espagnoles de l’océan Pacifique, et si possible de capturer le Galion de Manille.

Anson passa dans le Pacifique par le cap Horn, remonta le long des côtes de l’Amérique du Sud, puis traversa le Pacifique jusqu’à Macao. Il captura le galion de Manille près des côtes des Philippines, et revint en Grande-Bretagne (en 1744) par le cap de Bonne-Espérance.

Son exploit maritime est assombri par les pertes humaines que ses équipages subirent (seulement 188 hommes revinrent sur les 2 000 environ qui avaient pris la mer), mais il annonce la suprématie maritime du Royaume-Uni, dont Anson sera un promoteur actif ».

Routes commerciales de l’Empire portugais (en bleu) et celles de l’Empire espagnol avec le galion de Manille (en blanc). Source Wikipédia

B. L’histoire du scorbut par P. Berghe, Revue de Biologie médicale, n°347, mars 2019.

Extraits de l’article. « Le scorbut est une avitaminose par carence en acide ascorbique ou vitamine C. Souvent associée à des épisodes de malnutrition et de famine, cette maladie est longtemps restée d’origine mystérieuse. Entre les XVIe et XXe siècles, elle a été un terrible fléau de la navigation à voile au long cours, entraînant une forte mortalité chez les marins. Le médecin de la marine James Lind fut le premier à démontrer expérimentalement l’efficacité du jus de citron sur le scorbut.

Tout indique que le scorbut était probablement une maladie assez rare dans l’Antiquité et au Moyen Âge. Les marins semblaient épargnés car on pratiquait une navigation de cabotage de courte durée, avec de nombreuses escales de ravitaillement en Méditerranée et sur les côtes d’Afrique et d’Arabie.

Au XVIIIe siècle, le scorbut frappait beaucoup plus les flottes de guerre que les navires de la marine marchande. En effet, les grandes compagnies commerciales britanniques et hollandaises apprirent à juguler le mal en embarquant des vivres frais et en organisant un réseau d’escales judicieusement disposées. On peut citer l’exemple des Portugais qui avaient planté des citronniers et des arbres fruitiers dans l’île de Sainte-Hélène, une étape sur le chemin de l’Asie. En revanche, les vaisseaux de guerre naviguaient souvent sur de longs parcours sans escale pour des raisons de discrétion et de sécurité.

Il existe d’innombrables relations d’épidémies de scorbut dans les vaisseaux de la marine de guerre au XVIIIe siècle. Certaines sont restées célèbres, telle que l’aventure malheureuse du Mercure du duc d’Anville en 1746 ou le voyage à l’Île-de-France (la Réunion), en partance de Lorient, de Bernardin de Saint-Pierre en 1768.

Cependant, le plus tristement célèbre désastre lié au scorbut dans la marine de guerre est celui du tour du monde du commodore George Anson entre 1740 et 1744, qui reste en mémoire comme l’une des pires tragédies en mer.

À cette époque, l’Angleterre disputait à l’Espagne le contrôle des Caraïbes et des Amériques. L’amirauté britannique confie à ce capitaine anglais la mission de dévaster la côte pacifique de l’Amérique du Sud, une importante zone de commerce espagnol. George Anson part en septembre1740 avec six vaisseaux et un équipage de 2 000 marins, qu’il a eu beaucoup de mal à recruter. Plus que les Espagnols, c’est le scorbut que redoutaient les Anglais. Certes, la Royal Navy avait fourni aux équipages plusieurs traitements parmi les plus populaires d’alors, mais en réalité tous inefficaces, tels que le vinaigre, l’élixir de vitriol (un mélange d’acide sulfurique et d’alcool) et un médicament laxatif appelé Ward’s drop and pill.

Les marins resteront plusieurs mois sans accès aux fruits frais et aux végétaux. La maladie frappa au pire moment possible, après le franchissement du Cap Horn à l’extrémité de l’Amérique du Sud. Essuyant de nombreuses tempêtes, le commodore perdit trois de ses vaisseaux et une épidémie de scorbut apparut. Il réussit à rallier l’île Juan Fernandez dans le Pacifique, un havre riche de fruits et de végétaux frais.

Après la traversée du Pacifique, un seul bateau arrivera à Canton ! L’équipage était réduit à 227 personnes. Par un coup de chance incroyable, le 20 juin 1743, Anson captura un riche galion espagnol venant des Philippines après un bref combat où il perdit seulement trois hommes.

Il  se souviendra toujours du fait que, parti avec un équipage de 2 000 hommes, il en a ramené à peine 200. Malgré les très fortes pertes en vies humaines, l’Amirauté a considéré cette mission comme un succès, notamment du fait de la capture du vaisseau espagnol. Le commodore Anson devint riche et célèbre, et sera nommé Premier Lord de l’Amirauté en 1751″.

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La médecine des années 1751 à 1774

Suite des chroniques sur l’Histoire de la médecine au 18ème siècle.

4. La Médecine des années 1751-1774, seconde partie du règne de Louis XV. Source. État de la médecine au 18ème siècle, Université de Paris, BIU Santé médecine, BIU Santé, Pharmacie.

1751Denis DIDEROT et Jean le ROND d’ALEMBERT. 1er tome de L’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers
1752 Jean BASEILHAC, dit Frère COME publie ses travaux sur l’opération de la taille pour extraire la pierre de la vessie.
Thèophile de BORDEU, Recherches anatomiques sur la position des glandes et sur leur action influencées par le vitalisme.
1753  F. HERISSANT, Nouvelles recherches sur la conformation de l’émail des dents et sur celles des gencives.
André LEVRET, L’Art des accouchements (préconisation de l’utilisation du forceps courbe).
1754  Recueil périodique d’observations de médecine, chirurgie et pharmacie, importante revue médicale du 18ème.
Le dentiste Étienne BOURDET propose l’implantation de dents étrangères dans la cavité buccale adaptée.
Charles-Marie de la CONDAMINE expose à l’Académie royale des sciences un mémoire pour l’adoption de la variolisation.
1755 Louis LECLUSE, Éclaircissements essentiels pour parvenir à préserver les dents de la carie.
1756 Théodore TRONCHIN variolise les enfants de Philippe d’Orléans.
1760  François BOISSIER de SAUVAGES décrit le typhus exanthématique.
Thomas GOULARD préconise l’utilisation du plomb contre le cancer.
1761  Jean ASTRUC, Traité des maladies des femmes.
1762  Antoine BAUME, Éléments de pharmacie théorique et pratique.
1763  La variolisation est refusée par le Parlement.
1768François QUESNAY, Physiocratie, ou Constitution naturelle du gouvernement le plus avantageux au genre humain.
1770  Edme-Claude BOURRU évoque l’utilisation du pneumothorax artificiel dans la phtisie.
Antoine PORTAL, Histoire de l’anatomie et de la chirurgie, contenant l’origine et les progrès de ces sciences.
1772 Nicolas SAUCEROTTE décrit le 1er cas d’acromégalie devant l’Académie de chirurgie.
1773  Hilaire-Marin ROUELLE découvre l’urée sous le nom Extractum saponaceum urinae.
1774  Mort du Roi Louis XV (10 mai). Le roi Louis XVI et sa famille sont variolisés à Marly par RICHARD.
Jean-Louis PETIT, Traité des maladies chirurgicales et des opérations qui leur conviennent. Cet ouvrage posthume décrit la première réussite opératoire d’une mastoïdite, et insiste sur l’importance des signes cliniques pour l’établissement du diagnostic.
Bernard PEYRILHE fait une étude expérimentale sur le cancer mammaire humain transmis à un chien.

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