1788-1789. Robespierre en campagne

Sources de la chronique : extraits de 1788/1789 en Artois : un candidat en campagne électorale, Maximilien de Robespierre, par Bruno Decriem, in Robespierre. De la Nation artésienne à la République et aux Nations, par Hervé Leuwers, Jean-Pierre Hirsch, Gilles Deregnaucourt, Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 1994, pp. 61-72.

« L’élection de Robespierre comme représentant du Tiers État aux États généraux ne fut pas une formalité, loin de là. Sur les huit députés du Tiers, il ne sera que le cinquième élu après un échec précédent, battu après ballottage pour le poste de quatrième député contre le modeste Vaillant… Mais quels furent l’étonnement et la douleur de Robespierre, lorsque, tout étant ainsi disposé, au lieu de se voir nommer en tête et par acclamation, comme sa vanité s’en était laissé flatter, il vit successivement sortir les noms de plusieurs députés et le sien toujours oublié, quelquefois même repoussé avec mépris ».

« L’Adresse à la Nation artésienne sur la nécessité de réformer les États d’Artois tient donc lieu de programme électoral du candidat Maximilien Robespierre. Déjà élaborée et publiée en 1788, elle fut éditée à nouveau en février 1789. 83 pages sans chapitre, non signées, mais personne ne peut s’y tromper…

On peut diviser le texte en huit thèmes principaux distincts qui forment le tout de la pensée robespierriste de cette époque électorale. Un ambitieux programme nettement affiché de rupture avec la structure de l’Ancien Régime:

  • une dénonciation de la dilapidation des deniers publics par les États d’Artois ;
  • une énormité injustifiée des contributions ;
  • une injuste répartition inégalitaire de l’imposition en général ;
  • l’inégalité des ordres en particulier ;
  • la volonté des États d’Artois de supprimer les avantages de la province suite à son statut particulier (édit de 1569) ;
  • les méfaits des États d’Artois sur les campagnes et les atteintes aux droits de l’homme ;
  • les pressions électorales inadmissibles exercées sur les Artésiens pour diriger les futurs électeurs ;
  • et enfin pour finir, l’annonce par Robespierre d’un réveil nécessaire du peuple artésien en préconisant le « bon choix », celui de la vertu et du courage ».

Mise en cause de la composition des États d’Artois. »Mais entre l’idéal et la réalité, il y a une énorme distance.. Les droits du peuple sont bafoués car la démocratie électorale et politique n’existe pas dans la désignation des membres des États :

« Ne voyez-vous pas d’abord que la seule composition de ces dernières doit être le principe de tous les abus ? Puisque ce n’est point le suffrage des peuples qui en ouvre l’entrée, mais la faveur des personnages qui en sont membres et surtout des hommes puissants qui les dominent ; il s’ensuit que cet honneur sera le prix de l’intrigue et de la complaisance avec laquelle on sacrifiera les intérêts des peuples à celui des grands »…

La chambre du clergé ? « Un comité où assistent deux évêques, les abbés réguliers des monastères, les députés des chapitres. Les évêques ne représentent personne, parce que personne ne les a choisis… Comme à de nombreuses reprises sous la Constituante et même plus tard, sous la Convention, Robespierre va prendre la défense du bas-clergé, celui des petits curés des paroisses« …

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Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, C. Hauts-de-France (Nord Pas-de-Calais Picardie), E. Droit et Sciences politiques, E. Economie Gestion

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