1719-1720. Que la fête commence (1)

B. Guillaume Dubois (1656-1723) fut le principal ministre d’État sous la Régence. En 1719-1720, il est au faîte de sa carrière politique. Face aux projets du cardinal Alberoni en Espagne, il négocie la Triple Alliance (1717) avec George Ier et les Provinces Unies. Une guerre limitée contre l’Espagne force Philippe V à renvoyer Alberoni.

Dubois n’a pas encore commencé sa carrière ecclésiastique, source d’un important enrichissement. Après avoir reçu les ordres mineurs le 24 février 1720, il reçoit comme privilège l’archevêché de Cambrai (9 juin 1720), un des plus riches du pays, qui lui fournit également le titre prestigieux de prince du Saint-Empire romain germanique. Mais il n’est pas encore prêtre. Dans une scène cocasse du film de Tavernier, il apprend à dire la messe. Le 16 juillet 1721, après l’élection d’Innocent XIII, il reçoit enfin la pourpre cardinalice. Il n’ira jamais dans son diocèse, l’essentiel de ses préoccupations allant à la politique. 

Deux autres chroniques du blog sur Guillaume Dubois, né à Brive-la-Gaillarde en 1656, mort en 1723. 1. 30 ans en 1686 : à cette date, il est précepteur du duc d’Orléans, qui sera Régent de 1715 à 1723. 2. La carrière de l’abbé Dubois, devenu archevêque de Cambrai, puis cardinal.

C. Le marquis de Pontcallec (né en 1679, il a 40 ans en 1719). A cette date, une révolte éclate en Bretagne contre la pression fiscale du pouvoir et la famine qui sévit. Elle est dirigée par le marquis de Pontcallec, petit noble sans le sou, sorte d’aventurier aux idées et aux rêves grands comme le cœur. Il décide, avec ses pairs, d’aller essayer de parlementer avec le Régent avant de passer à l’action armée. Son projet : il veut une république bretonne. Source : Bande annonce du film (3’09).

La conspiration de Pontcallec (Source : extrait de Wikipédia). Il s’agit d’une tentative de soulèvement d’origine antifiscale survenue en Bretagne en 1718–1720. Menée par une partie de la petite noblesse bretonne, elle a entretenu des liens encore mal définis avec la conspiration de Cellamare, visant à renverser le Régent au profit de Philippe V d’Espagne. Mal préparée, elle échoue.

Le marquis est arrêté le 28 décembre 1719 (extrait du film). Le 26 mars 1720, le verdict tombe : Pontcallec, Montlouis, Talhouët et du Couëdic, sont condamnés à mort et sont décapités le même jour à Nantes. 16 autres y sont condamnés par contumace.

Pour aller plus loin. Brice Evain, Deux héros de Bretagne : le marquis de Pontcallec et Marion du Faouët. Histoires et mémoires, Mémoire de Mastère 2,‎ 2009.

3 Commentaires

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3 réponses à “1719-1720. Que la fête commence (1)

  1. Bon jour,
    Excellent film … dans tous les sens du terme …
    Merci pour ce partage 🙂
    Max-Louis

  2. jean-claude pascal

    Le Régent était compositeur et pouvait travailler 15 heures d’affilé si nécessaire. Si Louis XV était mort jeune, nous n’aurions pas eu 1789, sans doute (ou 1788 !!!)

  3. Merci pour ce commentaire. Louis XV a fait, selon le film de Tavernier, sa 1ère « Carte de France » à l’âge de 9 ans, ses premiers enfants (les jumelles) à l’âge de 17 ans. Il a 19 ans quand naît le dauphin, qui ne sera pas roi, mais qui sera le père de Louis XVI, Louis XVIII et Charles X. Il est sûr que si Louis XV n’avait pas été marié, il n’y aurait pas eu Louis XVI. Mais les années 1788 et 1789 auraient quand même existé. Que s’y serait-il passé ? Je ne suis pas opposé à l’histoire avec des « si » ; elle peut avoir des propriétés mnémotechniques;