1753-1754. La maison Saré

Strasbourg. La rue du Dôme va du no 21 de la place Broglie au no 1 de la rue des Frères, à l’arrière de la cathédrale, d’où son nom. Rue principale orientée nord-sud (ou cardo) à l’époque romaine, au cœur du quartier canonial au Moyen Âge, bordée d’hôtels particuliers au XVIIIe siècle, elle est devenue une artère commerçante.

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A. Maison Saré, reconstruction en 1753-1754

« La maison Saré, 17 Rue du Dôme, fait face à la maison de l’orfèvre Spach construite 2 ans plus tôt en 1751 au n°18 et qui lui ressemble. Néanmoins Claude Joseph Saré, commerçant de son état, a fait charger le décor de la façade pour qu’elle soit la plus belle. Cette demeure est l’une des plus riches en mascarons. Ce bel exemple de style rococo strasbourgeois sera souvent décliné au 18e siècle.

Pour l’histoire du lieu, on peut préciser que la maison située à cet emplacement en 1363 se nommait  Zu dem Burggrafen, puis Zum Widenschneider en 1577, propriété d’un orfèvre puis de différents personnages dont Johan Wencker, un Ammeistre du magistrat de Strasbourg. Après 1681, date du rattachement de Strasbourg à la France, c’est un restaurant appelé A la ville de Landau.

Ange Joseph Saré, marchand originaire de Turin, achète la maison en 1741. Son fils Claude Joseph Saré l’acquiert par adjudication judiciaire de son père en 1752 et la fait reconstruire en 1753-1754 après avoir été autorisé à y placer un balcon. Il demande des plans au maître maçon Georges Michel Müller mais confie la construction au maçon Jean Christophe Schneider qui réalise une riche décoration. Claude Joseph Sarré vend en 1776 la maison, achetée 2 750 livres en 1741, pour 6 000 livres au peintre en miniature Jacques Ballay ».

B. La façade et ses mascarons

« La façade en grès montre 4 niveaux répartis en 4 travées, sauf au rez-de-chaussée divisé en 3 arcades ouvertes pour le commerce. Les ouvertures sont coiffées chacune d’une tête sculptée en agrafe.

Rez-de-chaussée, de droite à gauche : Hercule et sa massue, protecteur des portes ; à sa droite,  Mercure et son casque ailé, le dieu des commerçants et artisans, tandis qu’à gauche la belle jeune femme pourrait représenter Vénus, déesse de la beauté et de l’amour.

La grille en fer forgé du balcon,  à décor naturaliste, très graphique, parachève sans l’alourdir cette élévation typique du rococo strasbourgeois.

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