Gouverneur général ou particulier

Cette chronique fait partie d’une série sur l’Administration du Royaume au 18ème siècle. Lire la chronique sur la Genèse de l’Intendance.

A. Les gouvernements généraux et particuliers (source Wikipédia) étaient des circonscriptions militaires de l’Ancien Régime : chacune constituait une portion du royaume de France soumise à l’administration militaire avec à sa tête un gouverneur nommé par le roi.

Selon l’ordonnance de 1499, le gouverneur avait pour mission de tenir le pays à eux commis en sûreté, le garder de pillerie et visiter les places et forteresses.

Jusqu’au 16ème siècle, il n’existait que 12 gouvernements, mais par suite de démembrements ce nombre s’éleva jusqu’à une quarantaine.

Par ordonnance du 18 mars 1776, le roi Louis XVI distribua les gouvernements généraux des provinces, au nombre de trente-neuf, en deux classes :

  • La première classe comprit dix-huit gouvernements généraux, dont les titulaires percevaient chacun annuellement, soit en appointements, soit en émoluments, une somme de 60 000 livres ;
  • La seconde classe comprit vingt-un gouvernements, à chacun des titulaires desquels il n’était attribué que 30 000 livres par an.

Les dix-huit gouvernements généraux de la première classe étaient les suivants :

  • Gouvernement de l’Isle de France (chef-lieu : Paris) ;
  • Gouvernement de Picardie (chef-lieu : Amiens) ;
  • Gouvernement de Flandre et de Hainaut (chef-lieu : Lille) ;
  • Gouvernement de Champagne et de Brie (chef-lieu : Troyes) ;
  • Gouvernement de Metz et Pays messin, Verdun et Verdunois ou des Évêchés (chef-lieu : Metz) ;
  • Gouvernement de Lorraine et Barrois (chef-lieu : Nancy) ;
  • Gouvernement d’Alsace (chef-lieu : Strasbourg) ;
  • Gouvernement du Comté de Bourgogne (chef-lieu : Besançon) ;
  • Gouvernement du Duché de Bourgogne (chef-lieu : Dijon) ;
  • Gouvernement de Lyonnais, Forez, Beaujolais (chef-lieu : Lyon) ;
  • Gouvernement de Dauphiné (chef-lieu : Grenoble) ;
  • Gouvernement du Pays et Comté de Provence (chef-lieu : Aix) ;
  • Gouvernement de Languedoc (chef-lieu : Toulouse) ;
  • Gouvernement de Roussillon (chef-lieu : Perpignan) ;
  • Gouvernement de Haute et Basse Navarre et Béarn (chef-lieu : Pau) ;
  • Gouvernement de Guyenne et Gascogne (chef-lieu : Bordeaux) ;
  • Gouvernement de Bretagne (chef-lieu : Rennes) ;
  • Gouvernement de Normandie (chef-lieu : Rouen) ».

B. Source Encyclopédie Larousse.

« Commissaires institués par la royauté à partir de la fin du 13ème siècle dans les provinces frontières au-dessus des baillis et des sénéchaux, les gouverneurs étaient nommés par lettres de provisions temporaires et révocables. Issus de la haute noblesse, ils avaient des attributions essentiellement militaires. Aux 15ème et 16ème, ils accrurent leurs pouvoirs au détriment des officiers locaux et, lors des guerres de Religion, ils exercèrent toutes les prérogatives du roi dans leurs gouvernements. Henri IV et Richelieu réduisirent leur rôle. Dépouillés par Louis XIV de leurs pouvoirs, attribués aux intendants et aux lieutenants généraux, ils n’eurent plus qu’un rôle honorifique. Leurs charges furent supprimées le 22 décembre 1789« .

C. Source Encyclopédie Universalis (article de Solange Marin)

« Commissaire ordinaire du roi, le gouverneur chargé de le représenter dans une circonscription administrative appelée gouvernement. Créés au 15ème siècle, ces gouvernements étaient au 16ème au nombre de douze ; ils recouvraient les grandes provinces frontières et en fait la plus grande partie du territoire français, soit la Bretagne, la Normandie, la Picardie, la Champagne, la Bourgogne, la Bresse, le Dauphiné, la Provence, le Languedoc, la Guyenne, l’Orléanais et l’Île-de-France. Les gouverneurs répondaient à une nécessité : celle de maintenir l’ordre et d’assurer la défense des provinces pendant la période troublée de la guerre de Cent Ans. Chefs de l’armée, ils pouvaient en réalité intervenir en toutes occasions où l’ordre public, la sécurité des populations ou l’autorité royale étaient menacés. En raison de leurs pouvoirs militaires, ils étaient choisis exclusivement dans l’ordre de la noblesse.

 N’étant point propriétaires de leur charge, les gouverneurs sont révocables à tout instant, et les souverains ne se privèrent pas d’user de ce droit, surtout à partir du 17ème siècle, estimant que l’influence de ces hauts personnages contrebalançait la leur. Ils leur adjoignent des lieutenants généraux qui prennent le véritable commandement de l’armée, et Louis XIV leur interdit de résider dans leur gouvernement sans sa permission.

Ce sont les Intendants qui ont alors la réalité du pouvoir dans le royaume ainsi que la confiance du roi, et ce sont eux qui sont l’objet de l’hostilité des parlements. Au 18ème siècle, néanmoins, les parlements s’attaqueront aux gouverneurs et lieutenants généraux, comme en témoigne l’affaire de Bretagne ».

D. Bernard Barbiche, Les gouverneurs, in Les institutions de la monarchie française à l’époque moderne, 2012, pages 323 à 333.

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