Ryswick. Résistances germaniques

À partir de 1738, par le traité de Vienne, il fut établi par convention entre le roi Louis XV  et l’empereur Charles VI du Saint-Empire que le duc François III de Lorraine renoncerait à ses États en faveur de l’ex-roi de Pologne Stanislas Leszczyński, beau-père en exil du roi de France. Celui-ci deviendrait duc « viager » de Lorraine et de Bar et à sa mort, la Lorraine et le Barrois seraient rattachés à la France.

Nicolas-Léopold (1701-1770) craignit qu’à cette occasion, sa principauté ne subisse le même sort. Après de longues négociations, il obtint qu’une convention soit signée le 21 décembre 1751 entre lui-même, Stanislas et Louis XV. Un nouveau partage entre le comté et la principauté y était décidé, sorte de remembrement aboutissant cette fois à deux aires géographiquement bien distinctes.

La Lorraine acquit l’ouest du territoire avec Badonviller pour capitale, et les Salm-Salm abandonnaient leurs droits sur la baronnie de Fénétrange. L’essentiel de l’ancien comté, sur la rive gauche de la Plaine, était en revanche attribué en pleine propriété aux princes de Salm-Salm, comprenant une trentaine de localités. Le bourg de Senones devint capitale de la principauté… Soit une population d’environ 10 000 habitants et un territoire d’environ 240 kilomètres carrés (20 km sur 12).

Trois princes entre 1751 et 1793. Nicolas-Léopold (1701-1770), Louis Charles Othon (1721-1778), fils aîné du précédent. Constantin Alexandre (1762-1828), neveu du précédent.

Face aux événements de la Révolution Française, le 15 août 1791, le prince quitte sa principauté pour se retirer dans son domaine d’Anholt, en Westphalie. La Convention nationale, ayant interdit – plus formellement en 1792 sous peine de mort – la sortie des denrées du territoire national français en temps de guerre, se borne à établir un blocus économique et provoque une crise alimentaire dans la principauté.

Les pourparlers engagés depuis Anholt par le prince Constantin et par des émissaires de la principauté n’aboutissent point, ouvrant la voie à une procédure d’annexion de l’enclave pour les partisans de la République ou les ennemis de l’ancien ordre religieux au sein des instances représentatives de la principauté. Le conseil municipal de Senones n’a d’autre choix que de voter le rattachement à la République française le 21 février 1793.

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Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne)

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