L’esthétique des Trente Glorieuses

Il faut rouvrir les musées (chronique du blog du 17 mars 2021). D’ailleurs… pourquoi sont-ils fermés depuis cinq mois et demi ?

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Quels arguments ont été avancés ? Trop facile de dire que c’était pour éviter ou réduire la diffusion du virus. Que le gouvernement prouve donc qu’il y a eu des contaminations à partir des musées quand ils été rouverts pendant le 1er déconfinement. Qu’il prouve qu’il aurait été impossible de fixer une jauge pour leur fréquentation, de vendre leurs billets en ligne, d’établir un parcours de visite sans retour en arrière possible, tout en fermant leurs cafétérias.

La publication de L’esthétique des Trente Glorieuses renforce ma furieuse envie de retourner dans les musées, en particulier dans ceux mentionnés dans le bel ouvrage publié sous la direction de Gwenaële Rot et François Vatin : Paris, Caen, Le Havre, Saint-Lô, Nancy, Strasbourg…

  • L’esthétique des Trente Glorieuses sous la direction de Gwenaële Rot et François Vatin avec la collaboration de 24 spécialistes, Illustria Librairie des musées, 2021, format : 240 x 320 mm, environ 240 illustrations en couleurs, 296 pages, prix public : celui d’un ouvrage d’art, 45,00 €.

Titres principaux de la table des matières. Construire plus fonctionnel et plus beau, Un nouveau décor. Représenter l’industrie. Art et économie dans la France du redressement industriel…

4 pages de l’éditeur : couverture, liste des auteurs, table des matières, 4ème de couverture

Extrait de la 4ème de couverture. « On considère avec nostalgie les Trente glorieuses comme si, dans les années 1945-1975, avait régné l’abondance économique, alors qu’il fallait d’abord reconstruire un pays en ruine, mais on dénigre son bilan idéologique et culturel, qui aurait été dominé par une croyance illusoire au progrès. Pollution, urbanisme sans âme, matières plastiques imputrescibles, tels seraient les seuls legs de ce temps d’inconscience. Aussi, l’architecture et l’art monumental des Trente Glorieuses, encore mal-aimés, ont subi beaucoup de destructions et commencent à peine à être patrimonialisés.

Or, comme le montrent les études réunies ici, en dépit de l’urgence de la reconstruction, on a accordé à cette époque une grande importance aux questions esthétiques. On faisait confiance aux nouveaux moyens techniques pour faire du beau moins cher à destination du plus grand nombre. Esthétique fonctionnelle et démocratisation artistique sont étroitement liées. On comprend dès lors le rôle central de l’industrie dans les représentations de ce temps. Contre l’opposition romantique du beau et de l’utile, il fallait réinstaller le monde industriel dans les valeurs humaines. Les usines, aussi, devaient être belles comme fonctionnelles, et constituer un objet d’intérêt pour l’art. La démocratisation du beau exigeait qu’il s’impose dans les lieux de travail. Inversement, l’expérience industrielle de la simplicité, de la cohérence, pouvait nourrir l’inspiration artistique ».

Pour aller plus loin

Le Corbusier et Jean Prouvé, proches à distance, Exposition du Musée Pierre Noël, Saint-Dié-des-Vosges. Appareil photo en action, j’ai pu visiter cette expo rétrospective en octobre 2020. Lire la suite, page 2

1 commentaire

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Une réponse à “L’esthétique des Trente Glorieuses

  1. Merci Pierre pour ce relai. Bien sûr, on pourrait rouvrir les musées où on ne se presse guère depuis que le tourisme est en berne et où il est facile de gérer la jauge. Mais ce sont les professions du spectacle qui font obstacle, par jalousie. Elles, attendent le retour des recettes. Le personnel des musées n’est quant à lui pas forcément pressé de rouvrir. Je suis à Arles. Le jardin des Alyscamps est fermé, car, comme l’entrée y est désormais payante pour les touristes, c’est devenu un « musée ». A quoi tiennent les choses …