Belle-Isle : « Metz, ma maîtresse »

Mgr Claude de Saint-Simon pose la première pierre de la construction de l’église en 1735 et dédie l’édifice à saint Simon. L’église est achevée en 1740. Pour des raisons stratégiques, l’église n’a pas de clocher afin qu’un ennemi potentiel ne puisse bombarder le fort en visant l’église. Stanislas Leszczynski, y attribue une manse pour la fondation d’un collège d’enseignement en 1755″.

B. Hôtel de l’Intendance (1738-1743). « Après avoir planifié la construction d’un nouvel Hôtel des spectacles sur l’îlot marécageux du Petit-Saulcy, le gouverneur suggère à la ville de construire un nouveau bâtiment pour l’Intendance, à côté du futur opéra. Si le palais de l’Intendance est beaucoup moins somptueux que le palais du gouverneur militaire royal, actuel palais de Justice, il se situe néanmoins sur la première place moderne de Metz.

L’hôtel de l’Intendance de la généralité de Metz est édifié entre 1738 et 1743 en même temps que l’hôtel des Spectacles, par les architectes Jacques Oger de la ville de Metz et Barthélémy Bourdet de l’intendance militaire. Il est le premier édifice de ce type élevé en France. Les entrepreneurs Pierre Cotte et Pierre Jaunez sont sélectionnés pour réaliser le projet. Les sculpteurs Jean-Baptiste Leprince et Georges Symard travailleront plus tard aux sculptures. L’hôtel, qui a un plan en U, s’organise autour d’une cour centrale ».

C. Opéra Théâtre (1738-1752). « C’est la première place moderne que fait réaliser le gouverneur de la ville, le duc de Belle-Isle, dans un dessein urbain plus vaste, qu’il évoque à travers sa correspondance avec la municipalité et qui trouvera son aboutissement en 1770 dans la réalisation de la place d’Armes.

Le bâtiment est construit de 1738 à 1752 dans un style classique, d’influence toscane, en même temps que l’hôtel de l’Intendance. Après les errements empiriques de Charles-François Roland, un architecte peu scrupuleux, le théâtre est érigé selon le projet de l’architecte messin Jacques Oger, en suivant les conseils techniques des experts Landot, machiniste de son état, et Pierre Deleuze, décorateur de théâtre. L’édifice a vu ses travaux suspendus durant huit ans par la guerre de Succession d’Autriche. Inauguré par un bal public le 3 février 1752, ce théâtre à l’italienne est le plus ancien de France encore en activité.

D. Abbatiale Sainte-Glossinde de Metz (1752-1756). « Vauban retire à l’abbaye une grande partie de ses terrains pour construire murs et fossés de défense et le chœur de l’église est sacrifié. En 1717, la salle du chapitre, la cuisine et le réfectoire sont construits. En 1752, l’abbatiale menaçant de tomber en ruine, Élèonore Hotman entreprend la construction de la nouvelle église. Les architectes sont Barlet et Louis, l’édifice sera achevé avec son nouveau clocher en 1756. Belle-Isle, gouverneur de la province des Trois-Évêchés durant cette période, participe à la reconstruction. Exemple unique à Metz, l’église est de style rococo.

Source. Extraits ci-dessous : Jacques-François Blondel, op. cité…

« 1754. Belle-Isle obtient du Conseil du Roi les pleins pouvoirs pour mener à bien son projet d’aménagement du cœur de la ville, occupé par la cathédrale. Le chapitre cathédral s’était toujours opposé à la vente des biens qu’il possède dans le secteur et à toute démolition.

En l’espace de quelques mois, tous les bâtiments situés au sud de la cathédrale disparaissent sous les coups de pioche. La colline sur laquelle ils étaient construits est arasée. La zone est ainsi dévastée sans qu’aucun plan de reconstruction viable soit jamais proposé.

Pire pour Metz. Le 16 mai 1756, Belle-Isle devient ministre d’État et, le 3 mars 1758, secrétaire d’État au département de la Guerre. Il part donc s’installer à la Cour à Versailles, où il mourra au début de 1761. Les messins doivent supporter échafaudages et gravats pendant presque 10 ans« .

1761, Belle-Isle meurt. 1761, Jacques-François Blondel arrive. Architecte royal et membre de l’Académie royale d’architecture depuis 1755, il est chargé par Choiseul de régler la question du chaos messin. Chronique du blog : Blondel (1705-1774), 30 ans en 1735.

Le projet de la Place d’armes actuelle va pouvoir démarrer. Sa réalisation demandera près de 10 ans.

Chronique à venir : la Place d’Armes de Metz (1770).

Place d’armes, photographiée en juillet 2020

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