Archives mensuelles : avril 2021

Metz Cathédrale, portails gothiques

Cathédrale de Metz, deux portails gothiques dédiés au Christ et à la Vierge. Suite de la chronique sur le portail classique de Blondel (1766), démonté à la fin du 19ème pour être remplacé par le portail gothique de Tornow, dédié au Christ.

Trois pages pour cette chronique.

Le portail de la Vierge. Cliquer sur les images pour les agrandir

Page 1. La Cathédrale unifiée et unique. Sources. P-E Wagner, Metz, Cathédrale Saint-Étienne, Éditions du Patrimoine. Cathédrale de Metz. Histoire, Architecture (Wikipédia). René Bour, Histoire de Metz (la cathédrale, pages 102 à 106), Éditions Serpenoise, 2007.

La cathédrale est unifiée : elle est de style gothique, de plan basilical classique, construite en pierre de Jaumont, pierre calcaire blonde. Unifiée car les différentes phases de construction, puis de restauration ont toujours respecté et globalement maintenu le projet originel de la première moitié du 13ème siècle.

Elle est unique parce qu’elle a un plan tout à fait bizarre. Elle possède deux tours (la tour de Mutte et la tour du Chapitre), mais celles-ci ne bordent pas la façade occidentale : de hauteurs inégales, elles sont situées de part et d’autre de la nef en son milieu. Elle possède plusieurs portails, mais deux d’entre eux (le portail du Christ et le portail de la Vierge) sont presque mitoyens. Des contreforts stabilisent les murs de la nef et du chevet, mais il n’est pas recouru aux arcs-boutants pour la façade sud jusqu’au transept…

Deux raisons principales pour rendre compte de l’unicité de la cathédrale de Metz. Les bâtisseurs du monument gothique ont dû composer avec l’existant : préexistaient la cathédrale romane ottonienne et la collégiale Notre-Dame-la-Ronde (les 3 premières travées de la nef). Le mur qui la séparait de la cathédrale n’a pas été détruit tout de suite.

L’autre raison principale de l’unicité est liée à la succession de plusieurs périodes de construction. Première campagne (1237-1380) : construction de la nef et reconstruction, dans le style gothique, de la collégiale Notre-Dame-la-Ronde. Deuxième campagne (1440-1552) : destruction puis reconstruction du transept et du chœur ottoniens. Troisième grande campagne : la refonte néogothique (1874-1903). Les derniers ajouts de Blondel (portail de 1764) sont détruits en 1898, pour faire place à un portail de style néogothique inauguré en 1903 par l’empereur Guillaume II, sous la direction de l’architecte Paul Tornow. Les sculptures, sur le tympan du portique, représentent le Jugement dernier« .

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1766. Metz. Le portail de Blondel

Cathédrale de Metz. Le portail occidental de Blondel (1764-1766). Suite des chroniques sur Metz au 18ème siècle.

1766. Jacques-François Blondel, architecte du roi, a terminé le portail occidental de la cathédrale de Metz, portail de style classique. Des photos du début du 20ème siècle en montrent l’état : un portail triste car noirci par presque un siècle et demi de pollution.

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1903. L’œuvre de Blondel est démontée et remplacée par un portail néo-gothique, conçu par Paul Tornow (1848-1921).

Diaporama de 25 photos prises dans les expositions 2018 à Paris et à Metz ou extraites de Jacques-François Blondel, Architecte des Lumières à Metz, Connaissance des Arts, hors série, 2018.

A. La cathédrale Saint-Étienne. Source 1 : extrait de Coupefilart.

« Symbole de toute une ville, la cathédrale Saint-Étienne se dresse fièrement depuis plus de sept siècles au centre de Metz. Avec des voûtes culminant à 42 mètres, cet impressionnant vaisseau en pierre est l’un des plus hauts édifices gothiques de France.

Jusqu’au milieu du 18ème siècle, la bâtisse ne possède cependant pas d’entrée principale sur sa façade occidentale. Différentes campagnes d’agrandissement l’ont fait rencontrer d’autres édifices, notamment l’église Notre-Dame la Ronde. Après l’absorption de cette église par le géant de pierre, l’entrée se fait côté sud, par un modeste portail, le massif occidental se heurtant toujours à d’autres édifices ».

B. Le portail de Blondel (1764-1766). Source 2 : extrait du Républicain Lorrain, juin 2017.

« Après ses victoires en Flandre, le roi Louis XV voulant rejoindre l’armée d’Alsace, dont la région est envahie par les impériaux, sous la conduite du duc Charles V de Lorraine, se rend à Metz, le 4 août 1744 ; il ne doit y rester que quelques jours.

Dans la nuit du 7 au 8 août, le roi tombe malade et se plaint de douleurs au ventre et de maux de tête violents. La maladie empire et l’on craint une issue fatale. Aussi, le 13 août, Louis XV, afin de recevoir les derniers sacrements, doit se séparer de sa maîtresse, Marie-Anne de Mailly-Nesle, marquise de la Tournelle, duchesse de Châteauroux. Il la prie de quitter Metz pour se réfugier à Autun.

Quelques jours plus tard, le roi se remet. Rapidement.

On décide alors de construire un nouveau portail à la cathédrale pour célébrer sa guérison. L’architecte parisien Jacques-François Blondel, membre de l’Académie royale et professeur réputé, vient à Metz le 2 septembre 1761 ; il y reste dix-neuf jours, afin de lever des plans et d’établir des projets (hôtel de ville, arcades le long de la cathédrale, portail).

Au sujet du nouveau portail, Jacques-François Blondel explique, dans son cours d’architecture : En 1764, lorsque nous fûmes chargés de faire ouvrir une porte principale, à la cathédrale de Metz, nous proposâmes de faire un portail d’un dessin gothique ; mais, comme ce monument a une très grande élévation, on hésita de faire cette dépense, et l’on se détermina d’y faire un portique, et de pratiquer une place au devant, prise dans le terrain de l’Évêché, qui, anciennement, masquait le frontispice de la cathédrale.

Nous fûmes alors obligés de renoncer à cette idée, mais nous composâmes une ordonnance dorique, qui, régulière dans son entablement, offrit, néanmoins, une composition analogue, en quelque sorte, avec la partie supérieure de cet ancien édifice : on en trouvera le dessin dans les volumes suivants, où nous rendrons compte des moyens dont nous nous sommes servis pour concilier ce nouveau genre d’architecture avec l’ancien gothique, aussi bien qu’avec la fabrique des bâtiments qui doivent l’environner, tels que le Parlement et le Palais épiscopal de Metz qui s’exécutent aussi sur nos dessins.

Le porche du nouveau portail est divisé verticalement en trois parties.

Des colonnes cannelées encadrent la porte et soutiennent un entablement dorique. Un double rang de feuilles d’acanthe orne leurs chapiteaux.

Sur l’architrave basse, surmontée d’une frise décorée de triglyphes et de métopes, se trouve une inscription commémorant la maladie et la guérison du roi Louis XV à Metz.

Dans les niches latérales du porche, se trouvent, à gauche, la statue de la France et, à droite, celle de la Religion. Elles sont l’œuvre de Pierre-François Le Roy.

Les travaux sont terminés au cours de l’été 1766″.

C. Le portail néogothique de Paul Tornow. Source 3. Extrait du catalogue de l’exposition de la Cité de l’architecture (2018).

Démontage du portail de Blondel

« Le portail élevé en 1764 par Jacques-François Blondel est remplacé par le portail néo-gothique, inauguré en 1903. Les photographies et documents rassemblés dans l’exposition retracent l’histoire de cette transformation ; ils soulignent aussi la manière dont les deux portails ont chacun servi de support à la manifestation et à l’expression du pouvoir politique. Le roi Louis XV tout d’abord, à qui l’œuvre de Jacques-François Blondel rendait hommage ; Guillaume II ensuite, kaiser du Second Reich immortalisé sous le traits du prophète Daniel sur le portail néo-gothique conçu par son architecte, Paul Tornow (1848-1921).

La massivité et la dissonance du vocabulaire classique du portique élevé par Jacques-François Blondel avec le style gothique de la cathédrale, maintes fois décriées dès le début du 19ème siècle, ont certainement contribué à cette métamorphose.

Cependant, dans le contexte de l’annexion de l’Alsace-Moselle par la Prusse, son démantèlement au profit du portail néo-gothique de Paul Tornow invite aussi à interroger la portée politique du geste architectural : entre francisation et germanisation d’un territoire, le nouveau pouvoir n’a-t-il pas tenté de faire disparaître les traces d’un certain passé pour inscrire sa propre histoire ? ».

Lire la suite page 2…

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1711. Duguay-Trouin prend Rio

21 septembre 1711. Duguay-Trouin s’empare de Rio de Janeiro, Alban Dignat, Hérodote.net, avril 2021.

Extraits de la 1ère partie de l’article. « Ancien corsaire de Saint-Malo, René Duguay-Trouin (1673-1736) est devenu officier de la Royale. Confronté à une coalition européenne dans le cadre de la guerre de la Succession d’Espagne, Louis XIV  lui confie une flotte de 15 vaisseaux et 6000 hommes en vue de s’emparer de Rio de Janeiro…

Source Wikipédia : Duguay-Trouin par Antoine Graincourt. Cliquer sur les images pour les agrandir

L’escadre quitte La Rochelle le 9 juin 1711. Elle entre dans la baie de Rio le 12 septembre. Les hommes entament le siège de la ville. Ils livrent l’assaut final le 21 septembre 1711…

Ce succès réconforte le roi à un moment crucial de la guerre. Il lui rapporte un colossal butin : 1,35 tonne d’or et 1,6 millions de livres de marchandises ».

Au final, la prise de Rio est plus une incursion pour s’emparer de butins qu’une conquête pour s’établir durablement sur un territoire

Source 2. Extrait de Wikipédia. La guerre de Succession d’Espagne (1702-1713). Duguay-Trouin : la grande expédition de Rio (1711). Le corsaire devenu capitaine de la marine royale. Le précédent de Duclerc et son échec. Une préparation minutieuse. Une expédition menée tambour battant. 92 % de profit et les félicitations du roi.

Duguay-Trouin devant Rio (source Wikipédia)

Source 3. Extrait de Wikipédia. L’ascension du corsaire : la guerre de la Ligue d’Augsbourg (1689-1697)

« La capture de l’amiral Wassenaër et l’entrée dans la Marine royale. En 1696, commandant un groupe de deux vaisseaux et trois frégates, Duguay-Trouin attaque un convoi hollandais, fait prisonnier l’amiral Wassenaër et prend trois vaisseaux et douze navires marchands…

Cet exploit lui vaut d’être admis dans la Marine royale comme Capitaine de frégate en avril 1697 (à l’âge de 24 ans) alors que se termine la guerre de la Ligue d’Augsbourg ».

Source 4. Extrait de NordNumérique-Université de Lille, Vie de monsieur Du Guay-Trouin, avec une introduction de Henri Malo, Paris, Éditions Bossard, 1922.

Pour aller plus loin : trois excellents articles (en ligne). Lire la suite page 2…

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Metz. Blondel, le palais épiscopal

Metz. Blondel et le palais épiscopal inachevé. Suite des chroniques sur Metz au 18ème siècle.

En 1738, le centre historique de Metz est occupé par l’Église : la cathédrale avec son chapitre et son jardin, l’évêché et sa cour d’entrée, les maisons des chanoines. Il ne faut pas oublier que Metz avait longtemps été gouverné par un Prince-Évêque.

Mais déjà le gouverneur Belle-Isle, à Metz depuis 1727, veut moderniser, embellir et laïciser cet espace sis sur le promontoire naturel qui domine la Moselle.

Centre historique en 1738. Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Diaporama de 16 photos (Pierre Dubois, juillet 2020).

Source 1 : extrait de Jacques-François Blondel, Architecte des Lumières à Metz, Connaissance des Arts, hors série, 2018.

« Entre 1761 et 1771, le projet pensé par Jacques-François Blondel prend forme : trois places, un nouvel  hôtel de ville, un nouveau parlement, un nouvel évêché sortent de terre. Surtout, la cathédrale reçoit un portique monumental, souvenir de la maladie et de la guérison du roi à Metz en 1744, épisode clé de la guerre de succession d’Autriche.

C’est un ensemble urbain remarquable, rationnel et surtout d’envergure que signe là l’architecte du roi. Conformément à l’esprit d’embellissement des Lumières, ces plans peuvent rivaliser avec les plus belles places du Royaume, que ce soit à Nancy, Bordeaux ou même Paris ».

Blondel. Le portail de la cathédrale, la place d’armes, le palais épiscopal inachevé

Source 2 : extrait de Wikipédia. « La construction d’un nouveau palais pour l’évêque de Metz (il s’agit de Louis-Joseph de Montmorency-Laval) est planifiée dès 1762.

L’architecte en est Jacques-François Blondel. Cependant les retards de financements de l’autorité épiscopale repousseront le début de la construction. La Révolution française interrompt vite les travaux qui n’avaient alors abouti à la sortie de terre que d’un seul niveau d’un édifice devant s’élever sur trois étages. lire la suite page 2

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18ème. Deux évêques de Metz

Deux carrières épiscopales. Suite des chroniques sur Metz au 18ème siècle.

Deux carrières épiscopales, Claude Charles de Rouvroy de Saint-Simon (1695-1760), Louis-Joseph de Montmorency-Laval (1724-1808).

Sous  l’épiscopat de ce dernier, Jacques-François Blondel, architecte royal, est chargé de la construction d’un nouveau portail pour la cathédrale et d’un nouveau palais épiscopal, dans le cadre du chantier global de la nouvelle Place d’armes (chronique du blog, 15 avril 2020).

Cliquer sur les images pour les agrandir

La principauté de Metz avec les deux autres principautés cédées à la France en 1648 (Toul et Verdun) forment la province des Trois-Évêchés. L’évêque de Metz garde le titre de prince du Saint-Empire romain germanique jusqu’à la Révolution française, en dépit de l’opposition, en 1737, du Parlement de la ville éponyme.

A. Claude Charles de Rouvroy de Saint-Simon (1695-1760). Source : article de Wikipédia).

« L’abbé de Saint-Simon est un prélat français, évêque de Noyon, puis de Metz, lointain parent du mémorialiste Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, qui devient leur protecteur.

Portrait par Hyacinthe Rigaud. Source Wikipédia

1731 (36 ans). Le 22 juillet, l’abbé de Saint-Simon est nommé évêque-comte de Noyon. L’évêché est en effet assorti d’un comté et d’une pairie de France. Le sacre a lieu le 15 juin 1732. Le nouveau pair prête serment le 12 janvier 1733, et prend séance au parlement de Paris. La même année, il fait condamner aux galères deux paysans ayant braconné. Il tient à les voir enchaînés.

1733. Le 28 août, il est transféré à l’évêché de Metz. Il ne prend possession de ce prestigieux et lucratif siège épiscopal que le 16 juin 1734. Les évêques de Metz, Toul et Verdun sont, depuis le traité de Münster (octobre 1648), effacés de la matricule de l’Empire. Malgré cela, Saint-Simon prétend au titre d’altesse et aux droits régaliens de prince du Saint-Empire romain germanique.

1737. Il entre en conflit avec le parlement municipal. Par arrêt, celui-ci lui interdit de prendre la qualité de prince de Metz.

1744. La France est en guerre contre l’Autriche (guerre de Succession d’Autriche). Le roi Louis XV s’arrête à Metz pour inspecter les troupes et les fortifications. Saint-Simon l’accueille dans sa cathédrale.

À partir de 1743, conformément aux décrets du concile de Trente, l’évêque fait bâtir le séminaire de Metz qu’il dédie à saint Simon et à sainte Anne. Pour en assurer les frais de fonctionnement, il ferme plusieurs chapitres, en dépit de bien des oppositions. Il se heurte notamment au gouverneur Fouquet de Belle-Isle lorsqu’il veut supprimer le chapitre de la collégiale Saint-Thiébaut de Thann. Il échoue dans sa tentative.

Il introduit à Metz les frères des écoles de charité. Il prend comme grand vicaire son parent, Charles-François de Rouvroy de Saint Simon, qui va devenir évêque d’Agde.

1755. Son cousin et père adoptif le duc de Saint-Simon meurt. Il lui lègue par testament l’ensemble de ses manuscrits, y compris les fameux Mémoires. L’évêque n’arrive pas à en prendre possession, en raison de l’opposition des créanciers du duc et de l’inquiétude du pouvoir quant à leur contenu.

1760. L’évêque meurt à Metz le 29 février, à l’âge de 64 ans ».

B. Louis-Joseph de Montmorency-Laval (1724-1808). Source : article de Wikipédia.

« Issu de l’illustre maison de Montmorency, il est le fils de Guy-André de Montmorency-Laval et de Marie-Anne de Turménies de Nointel. Une belle carrière ecclésiastique jusqu’au cardinalat… mais aussi des échecs.

Évêque d’Orléans de 1754 à 1757, de Condom de 1758 à 1760, puis 94e évêque de Metz de 1760 à 1801 et grand aumônier de France depuis 1786, nommé cardinal le mars 1789. Pendant la Révolution française, il s’oppose à la constitution civile du clergé et émigre.

Source Wikipédia

Louis-Joseph de Montmorency-Laval fait des études en Sorbonne et dès 1743 (à l’age de 19 ans), il est abbé commendataire de l’abbaye Sainte-Croix de Bordeaux.

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Metz, la Place d‘armes de Blondel

Source 1 : extraits de WiKipédia.

« La Place d’armes est située entre la cathédrale Saint-Étienne et l’hôtel de Ville. Elle constitue la pièce majeure d’un aménagement urbain caractéristique du 18ème siècle souhaité par le maréchal Belle-Isle et son successeur le maréchal d’Estrées, conçue par Jacques-François Blondel.

Cliquer sur les photos pour les agrandir. Source : Pierre Dubois, juillet 2020

Diaporama de 34 photos (juillet 2020).

La cathédrale gothique, église des évêques, a représenté historiquement le centre spirituel et religieux de la ville qui fut longtemps gouvernée par ses évêques.

Au Moyen Âge, un cloître et de nombreuses églises s’élevaient à l’emplacement actuel de la place d’Armes : Saint-Gorgon et son cimetière, Saint-Pierre-le-Vieux, Saint-Paul, la chapelle des Lorrains et Saint-Pierre-aux-Images. Devant la façade de la cathédrale se dressaient le Palais de l’Évêché, séparés par une cour. Il n’existait donc qu’une petite place devant le portail de la Vierge.

L’aménagement de la place d’Armes est commencé en 1754 par ordre du gouverneur Belle-Isle. Louis XV avait demandé la création d’une place autour de laquelle seraient rassemblés tous les pouvoirs. La place dite de la Grande Église est agrandie en détruisant les églises et le cloître situés sur le flanc gauche de la cathédrale. Le palais des Treize face à la cathédrale est détruit vers 1765. Le nouvel hôtel de Ville est terminé en 1788.

En 1792 lors de la Révolution, la place est dénommée place de la Loi.

La place est ainsi investie d’un rôle représentatif de la ville et de l’exercice des pouvoirs. Sur l’un de ses grands côtés, à l’est, l’Hôtel de Ville dévolu aux autorités municipales est le plus long bâtiment créé par le plan de Blondel. Il fait pendant à la façade de la cathédrale gothique laquelle avait originellement été flanquée d’une galerie basse à arcades, occupée par des officines, assurant l’unité esthétique de la place ».

Source 2 : extraits de Jacques-François Blondel, Architecte des Lumières à Metz, Connaissance des Arts, hors série, 2018.

« Pour l’édifice majeur qui doit orner la nouvelle place d’armes, Blondel tient compte de l’actualité architecturale du milieu du 18ème siècle. L’Hôtel de ville de Metz s’inspire des grandes lignes de l’Hôtel de la Marine construit à Paris à partir de 1757 par le Premier architecte du roi, Ange-Jacques Gabriel. Grand chantier du règne de Louis XV, la place parisienne éponyme passait alors pour un modèle à imiter.

A Metz, les ordres colossaux sont simplement évoqués. La place d’armes, outre un projet jamais abouti de statue équestre vers 1755-1756, présente donc, par la nature de son plan, par l‘élévation de ses façades, mais aussi par la volonté monarchique d’embellir cet espace, toutes les caractéristiques d’une place royale à la française. Chroniques du blog sur les statues équestres de Louis XV« .

Cliquer ici pour accéder à la page 2 de la chronique.

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Belle-Isle : « Metz, ma maîtresse »

Dans la première partie de sa vie, Belle-Isle a construit sa carrière militaire, en commençant par le bas. Dans la guerre de succession de Pologne (1733-1738), il a de plus été un diplomate avisé.

Dès 1733, ses succès militaires ont contribué à le faire nommer Gouverneur de Metz, ville dans laquelle il résidait depuis 1727. En 1740, il reçoit la récompense militaire suprême : il est nommé Maréchal de France. Chronique du blog : Belle-Isle, le vieux maréchal

Gouverneur militaire, il empiète progressivement sur les fonctions de l’Intendant qui, durant la période, est Jean-François de Creil de Bournezeau (1684-1762). Chronique du blog : Intendants de Metz au 18ème siècle

Le nom de Belle-Isle reste comme celui qui a pensé la politique urbaine, a conduit l’extension et l’embellissement de Metz, la consolidation de ses fortifications, l’amélioration des conditions de vie de ses habitants.  On lui attribue cette déclaration : la ville de Metz est ma maîtresse.

Le 18ème siècle messin, tout au moins jusqu’à la Révolution, c’est le développement d’un patrimoine urbain d’exception, accompagnant et permettant l’expansion démographique (liée partiellement à la présence des garnisons militaires) et économique.

Il fut un temps La Lorraine : Metz au 18ème siècle (vidéo de 26 minutes)

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Le Plan Belle-Isle (1738). Source. Extraits de Jacques-François Blondel, Architecte des Lumières à Metz, Connaissance des Arts, hors série, Galerie d’exposition de l’Arsenal de Metz, 2018.

Le plan général des rues de la ville de Metz, dit Plan Belle-Isle, commencé en 1735 et terminé en 1738, est un document presque unique. Par sa taille d’abord – 3,65 mètres par 4,24 mètres, soit près de 16 mètres² -, mais aussi par la nature des renseignements qu’il fournit à propos de la voirie de la cité : nom des propriétaires riverains, largeur des voies, irrégularité des rives, empiètement et obstacles (marches, entrées de caves, bornes, piliers…).

Contrairement à un cadastre, dressé pour des raisons fiscales, le plan Belle-Isle s’apparente plus à un Plan Local d’Urbanisme, outil chargé d’aider les décideurs politiques dans leurs arbitrages quant à l’aménagement de la ville ou du territoire ; c’est sur ce document que Belle-Isle s’appuie pour concevoir et ordonner les embellissements de Metz dans la première moitié du 18ème siècle ».

Belle-Isle pense la conception de l’ensemble urbain et suit la construction d’édifices-clés dans la ville.

A. Église Saint-Simon-Saint-Jude de style néo-classique (1735-1740). « Dès 1735, Belle-Isle envisage d’édifier une église dans la Ville-Neuve, sur la double couronne du Fort Moselle construite par Cormontaigne.

Lire la suite page 2…

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L’esthétique des Trente Glorieuses

Il faut rouvrir les musées (chronique du blog du 17 mars 2021). D’ailleurs… pourquoi sont-ils fermés depuis cinq mois et demi ?

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Quels arguments ont été avancés ? Trop facile de dire que c’était pour éviter ou réduire la diffusion du virus. Que le gouvernement prouve donc qu’il y a eu des contaminations à partir des musées quand ils été rouverts pendant le 1er déconfinement. Qu’il prouve qu’il aurait été impossible de fixer une jauge pour leur fréquentation, de vendre leurs billets en ligne, d’établir un parcours de visite sans retour en arrière possible, tout en fermant leurs cafétérias.

La publication de L’esthétique des Trente Glorieuses renforce ma furieuse envie de retourner dans les musées, en particulier dans ceux mentionnés dans le bel ouvrage publié sous la direction de Gwenaële Rot et François Vatin : Paris, Caen, Le Havre, Saint-Lô, Nancy, Strasbourg…

  • L’esthétique des Trente Glorieuses sous la direction de Gwenaële Rot et François Vatin avec la collaboration de 24 spécialistes, Illustria Librairie des musées, 2021, format : 240 x 320 mm, environ 240 illustrations en couleurs, 296 pages, prix public : celui d’un ouvrage d’art, 45,00 €.

Titres principaux de la table des matières. Construire plus fonctionnel et plus beau, Un nouveau décor. Représenter l’industrie. Art et économie dans la France du redressement industriel…

4 pages de l’éditeur : couverture, liste des auteurs, table des matières, 4ème de couverture

Extrait de la 4ème de couverture. « On considère avec nostalgie les Trente glorieuses comme si, dans les années 1945-1975, avait régné l’abondance économique, alors qu’il fallait d’abord reconstruire un pays en ruine, mais on dénigre son bilan idéologique et culturel, qui aurait été dominé par une croyance illusoire au progrès. Pollution, urbanisme sans âme, matières plastiques imputrescibles, tels seraient les seuls legs de ce temps d’inconscience. Aussi, l’architecture et l’art monumental des Trente Glorieuses, encore mal-aimés, ont subi beaucoup de destructions et commencent à peine à être patrimonialisés.

Or, comme le montrent les études réunies ici, en dépit de l’urgence de la reconstruction, on a accordé à cette époque une grande importance aux questions esthétiques. On faisait confiance aux nouveaux moyens techniques pour faire du beau moins cher à destination du plus grand nombre. Esthétique fonctionnelle et démocratisation artistique sont étroitement liées. On comprend dès lors le rôle central de l’industrie dans les représentations de ce temps. Contre l’opposition romantique du beau et de l’utile, il fallait réinstaller le monde industriel dans les valeurs humaines. Les usines, aussi, devaient être belles comme fonctionnelles, et constituer un objet d’intérêt pour l’art. La démocratisation du beau exigeait qu’il s’impose dans les lieux de travail. Inversement, l’expérience industrielle de la simplicité, de la cohérence, pouvait nourrir l’inspiration artistique ».

Pour aller plus loin

Le Corbusier et Jean Prouvé, proches à distance, Exposition du Musée Pierre Noël, Saint-Dié-des-Vosges. Appareil photo en action, j’ai pu visiter cette expo rétrospective en octobre 2020. Lire la suite, page 2

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Quatre portraits de Belle-Isle

1713, 1743, 1748, 1758. Belle Isle, quatre portraits.

Hyacinthe Rigaud (1659-1743). Source : texte de la 4ème de couverture de Portrait dit du comte de Gacé, Catalogue d’exposition, Musée des Beaux-arts de Caen, L’œuvre en question n° 3, 2006, 32 pages.

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« Né à Perpignan, quelques mois avant le rattachement de la Roussillon à la France, le peintre arrive à Paris en 1681. Alliant avec talent le souci de la ressemblance, l’imitation de la nature, la richesse des couleurs à l’ordonnance et la magnificence classique, il devient, en une décennie, le portraitiste le plus fameux du règne de Louis XIV.

Sa renommée le porte jusqu’à la fonction éminente de directeur de l’Académie royale de peinture et de sculpture. Dans son atelier, se pressent rois, princes de l’église, aristocrates et bourgeois fortunés, tous désireux de voir leurs traits immortalisés par le pinceau du Van Dyck français.

Pour satisfaire ses multiples commandes, l’artiste se fait aussi chef d’entreprise, s’entourant de nombreux collaborateurs spécialisés et de copistes. Reprenant une composition à succès employée par Rigaud pendant près de deux décennies, le Portrait du Comte de Gacé permet d’évoquer l’évolution du portrait militaire d’apparat et la place de la gravure dans la diffusion de son œuvre ».

1713. Belle-Isle a 29 ans. Il est peint par Hyacinthe Rigaud. Source : extrait du Catalogue d’exposition.

« Charles-Louis-Auguste Fouquet (1684-1761) expose son visage au pinceau de Rigaud en 1713. Plutôt qu’une nouvelle attitude, il s’agit de la fusion de deux compositions, celle du Grand Dauphin et de la série Vauban. L’ample ceinture disparaît pour laisser place à un manteau doublé de fourrure. Ainsi se trouve justifiée la présence de la mention [Habillement répété] au Livre de raison.

En 1714, Charles Sevin de la Penaye est chargé, pour 52 livres, d’habiller le portrait en grand de Monsieur le comte de Belle-Isle, sûrement l’original puisque la même année cet aide est payé 50 livres pour avoir habillé l’original du maréchal de Montrevel .

La bataille de cavalerie et le paysage en arrière-plan sont une nouvelle fois repris du portrait du maréchal de Luxembourg de 1693″.

1743. Jean-Georges Wille, d’après Hyacinthe Rigaud, Portrait du duc de Belle-Isle, Caen, musée des Beaux-arts. Source : extrait du catalogue raisonné.

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1748. Portrait de Belle-Isle par Quentin de La Tour (1704-1788), 5 chroniques du blog Histoires d’universités. Source de la reproduction : images Google.

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1749, 1759. Belle-Isle, les Académies

Deux académies dans la vie du Maréchal de Belle-Isle. En 1749, il est reçu à l’Académie française. En 1759, l’académie royale de Metz des sciences et des arts se donne Belle-Isle pour fondateur et protecteur.

A. 1749. Belle-Isle entre à l’Académie française. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Candidat du maréchal Richelieu à l’Académie, Belle-Isle voulut s’abstenir de faire les visites d’usage, mais il dut céder devant la ferme opposition de Duclos.

Il remplaça, le 7 juin 1749, Amelot de Chaillou et fut reçu par l’abbé du Resnel le 30 juin 1749 ; il répondit au discours de réception du comte de Bissy.

Voltaire a dit de lui : Il écrivait d’une manière simple et commune, et on ne se serait jamais aperçu, par le style de ses dépêches, de la force et de l’activité de ses idées« .

Le Maréchal Duc de Belle-Isle a prononcé le discours qui suit :  

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B. 1757. L’académie royale de Metz des sciences et des arts est créée en avril. Source : extraits de Wikipédia.

« La Société est accueillie au Collège Saint-Louis du Fort par son prieur, Joseph de Saintignon.

En 1759, elle se donne le maréchal-duc de Belle-Isle pour fondateur et protecteur.

Officialisée par lettres patentes de Louis XV en juillet 1760, elle existe sous le nom Société royale des sciences et des arts jusqu’en août 1793, date à laquelle elle est supprimée par la Convention, comme toutes ses semblables.

Sceau de l’Académie

Elle compta parmi ses membres Pierre Louis,  Charles de Lacretelle, Pierre-Louis Roederer, Antoine Parmentier, Maximilien de Robespierre.

Les concours de Metz ont été lancés en 1761 par la Société royale des sciences et des arts. Annuels, ils portaient sur des sujets de toutes sortes. En seront lauréats Robespierre en 1784, l’abbé Grégoire en 1787.

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