Archives mensuelles : mai 2021

1703. Fonder Saint-Pétersbourg

16 mai 1703. Pierre le Grand fonde Saint-Pétersbourg. Source : extraits de Ysaline Homant, Herodote.net, 15 mai 2021. Quatre photos de Pierre Dubois (juillet 2005)

« Le 16 mai 1703, sur ordre du tsar Pierre Ier le Grand (30 ans), des soldats russes posent la première pierre de la forteresse Pierre-et-Paul.

L’idée de donner une nouvelle capitale à la Russie est venue au tsar Pierre Ier suite à ses voyages en Europe. Fils du tsar Alexis Ier, Pierre monte sur le trône en 1682, à l’âge de 10 ans, en association avec son demi-frère Ivan V.

Il se frotte aux idées occidentales et s’empare de la totalité du pouvoir à dix-sept ans, en 1689.

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En 1697-1698, Pierre effectue incognito un voyage de découverte en Angleterre, en Allemagne et en Hollande.

Sa volonté d’occidentaliser le pays culmine avec la fondation de Saint-Pétersbourg sur un territoire qu’il vient d’arracher à la Suède… En 1712, Saint-Pétersbourg devient officiellement la capitale de l’empire.

Cathédrale Saint-Pierre Saint-Paul

En 1714, à son apogée, Pierre Ier se met en tête de rivaliser avec Louis XIV et son palais de Versailles. Il engage la construction d’une somptueuse résidence d’été sur les rives du golfe de Finlande ; elle portera son nom, Peterhof (le château de Pierre en allemand).

En 1716, il appelle à la rescousse l’architecte Jean-Baptiste Alexandre Le Blond (1679-1719), qui arrive avec une équipe nombreuse d’artisans français.

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1759. Hôtel du banquier Franck

1759. Hôtel du banquier Franck, 7 quai Saint-Nicolas, Strasbourg. Sources : extraits du Petit Patrimoine et Wiki-Archi.

Diaporama de 18 photos (Pierre Dubois, avril 2021).

A l’origine, antique hôtel particulier des Wurmser de Vendenheim, il fut reconstruit en 1759 alors qu’il était devenu la propriété du banquier Philippe-Jacques Franck, qui fut élu Ammeister en 1767.

Philippe-Jacques Franck, Source Gallica, BNF

Synthèse entre les styles Régence et le Rococo (le fronton est de style baroque).

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Au rez-de-chaussée, les quatre fenêtres munies de solides grilles à mirador étaient censées protéger la banque qui se situait donc à ce niveau. A gauche après le porche d’entrée, se trouve un accès constitué d’une porte et d’une petite fenêtre à grille qui devait certainement servir de guichet à la banque.

Un avant-corps médian en grès rose se détache de la façade et présente au premier étage deux portes-fenêtres en plein cintre desservant un balcon en ferronnerie à la française. En partie haute du bâtiment, le fronton central est doté d’un cartouche à motif végétalisé baroque.

La clé de cintre du porche d’entrée est ornée des armes de l’hôpital civil qui serait encore propriétaire de la demeure.

La maison reçut des personnages prestigieux : Moreau, Desaix, Kellermann, Bernadotte, le Duc de Rovigo…

Hôtel attribué à l’architecte Gaspard Théodore Rabaliatti (1709-1766), né vers 1709 à Rüthen, en Westphalie et décédé le 25 juin1766 à Strasbourg à l’âge de 57 ans.

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1752. Le balcon du 3 rue du Bouclier

1752. Rénovation de la façade et ajout d’un balcon au n°3 Rue du Bouclier, Strasbourg. Source : larges extraits de la grandiose base de données, Les Maisons de Strasbourg.

Diaporama de 21 photos (Pierre Dubois, mai 2021).

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1620. Le chapitre Saint-Thomas vend au pasteur Jean Monachus la maison qui comprend  trois bâtiments et une issue dans la rue Escarpée.

1662. Le notaire Sigismond Thummer devient propriétaire.

Les propriétaires au 18ème siècle

Source : les maisons de Strasbourg.

1708. Jacques Samson de Rathsamhausen d’Ehnwihr se réserve la partie qui donne dans la rue Escarpée quand il vend la maison à Damien Launois qui est autorisé à y établir une boulangerie.

1713-1715. La maison comprend un bâtiment avant et un bâtiment arrière lorsque Nicolas Lambrecht s’en rend propriétaire en 1713. Il fait faire des travaux en 1715 en faisant poser de nouveaux poêles et de nouvelles dalles.

1727. Le plan-relief représente les mêmes bâtiments que le plan Blondel de 1765 : un bâtiment avant et un bâtiment arrière reliés par un bâtiment latéral au sud.

  • 1741. Les créanciers de Jean Nicolas Lambrecht vendent la maison aux enchères. Le cordonnier Jean Georges Baur s’en porte acquéreur, Chambre des Contrats, vol.ume 615.
  • 1723. Originaire de Hüttenheim près de Benfend, Jean Georges Baur avait épousé en 1723 Marie Barbe Lambrecht, fille de Jean Nicolas (le précédent propriétaire). Mariage en l’église Saint-Louis, catholique.
  • Jean Georges Baur devient bourgeois par sa femme un mois après son mariage. Les nouveaux mariés font dresser l’inventaire de leurs apports. Ceux du mari s’élèvent à 323 livres, ceux de la femme à 232 livres.
  • Jean Georges Baur, assesseur au Grand Sénat, et Marie Barbe Lambrecht hypothèquent la maison au profit de la confrérie des cordonniers.
  • Jean Georges Baur, cordonnier et assesseur au Grand Sénat, vend la maison 2 400 livres au docteur en médecine Georges Henri Behr.
  • Marie Barbe Lambrecht, veuve de Jean Georges Baur, meurt en 1758 en délaissant quatre enfants. L’inventaire est dressé dans sa maison Grand rue. L’actif de la succession s’élève à 1 682 livres, le passif à 2 372 livres.

1746. Le docteur en médecine Georges Henri Behr achète la maison qui a appartenu aux cordonniers catholiques Nicolas Lambrecht, puis à Jean Georges Baur, son gendre.

  • Source. Fédération des Sociétés d’Histoire & d’Archéologie d’Alsace. Fils d’un chirurgien de Strasbourg, Georges Henri Behr y fit ses études et entreprit une pérégrination académique en Allemagne et en Hollande. Reçu docteur à Strasbourg, le 19.7.1731, après avoir soutenu une dissertation inaugurale, De pancreate ejus liquore, sous la présidence de J. Saltzmann, Behr acquit dans sa ville natale une grande notoriété. Il porta le titre d’archiâtre et de conseiller aulique du prince Joseph de Hohenlohe, de médecin ordinaire du prince Sangusko en Lithuanie et fut membre de l’Académie impériale des curieux de la Nature. Assesseur au Petit Sénat.

1752. Georges Henri Behr, en tant que maître d’ouvrage,  est autorisé à ajouter un balcon de 8 pieds de long sur trois de large. Il charge le maître maçon Paul Stæhling des travaux.

  • Paul Stæhling, maître maçon, et Anne Marguerite Eckert veuve de Jean Steitz – luthériens
  • Luthérien originaire de Barr, Paul Stæhling a fait son apprentissage auprès de son père et obtient en 1744 la qualité de compagnon.
  • Après que les Quinze l’ont dispensé de faire ses années d’épreuve, il s’inscrit en mai 1750 au chef d’œuvre qu’il présente début juillet. Les examinateurs qui relèvent un défaut à l’escalier le reçoivent maître, avec la restriction de n’employer que cinq compagnons pendant trois ans mais en pouvant former un apprenti.

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Académie Royale d’Architecture

L’Académie Royale d’Architecture a été créée en 1671 et supprimée en 1793. Source principale de la chronique : larges extraits de Wikipédia. En page 2 de cette chronique : liste des directeurs, des secrétaires généraux, des professeurs.

1671. L’Académie royale d’architecture est créée le 30 décembre par Louis XIV. Inspirée par Jean-Baptiste Colbert, elle a eu, pour premier directeur, l’architecte et théoricien François Blondel (1618-1686), architecte de la ville de Paris.

1692. Établie d’abord au Palais-Royal puis au Louvre, elle comporte une école d’architecture (chronique à venir).

L’académie se réunit une fois par semaine, discute des points techniques qui lui sont soumis, donne son avis sur des édifices quand il lui est demandé, fait la lecture des écrivains qui font autorité en architecture, les commente et les discute : Vitruve, Palladio Philibert de l’Orme, Scamozzi, Alberti, Serlio. Dès ses premières séances, elle a cherché à savoir s’il y avait des lois fixes pour le beau et traita du Bon Goust en architecture.

Pendant quarante-six ans, le roi donne des brevets à ceux qu’il juge dignes d’entrer dans cette compagnie, dont son premier architecte était le directeur (chronique à venir).

1699. Le 4 mai, le Surintendant des Bâtiments Jules Hardouin-Mansart (1646-1708) réunit l’Académie.

Mansart peint par Rigaud (source Wikipédia). Cliquer sur les images pour les agrandir
  • Lire aussi Hyacinthe Rigaud in Portrait dit du comte de Gacé, Catalogue d’exposition, Musée des Beaux-arts de Caen, L’œuvre en question n° 3, 2006, 32 pages.

Mansart fait part de la décision du roi de rétablir l’académie dans son premier état, à savoir:

  • sept architectes : Robert de Cotte, Pierre Bullet, Pierre Delisle-Mansart, Jacques V Gabriel, Thomas Gobert, Pierre Lambert, Pierre Le Maistre, avec Philippe de La Hire, professeur, et Jean-François Félibien, secrétaire.

mais en créant une seconde classe de dix architectes :

  • Pierre Cailleteau dit Lassurance, Nicolas II Delespine, Mathieu, Antoine Desgodets, Le Maistre le jeune, Jean-Baptiste Bullet de Chamblain, François Bruand, Cochery, Armand Claude Mollet, Pierre Gittard fils.

1717. Le duc d’Antin (1665-1736), surintendant des bâtiments royaux, fait confirmer l’Académie d’architecture par lettres patentes, avec des statuts et un règlement qui lui confère le droit de recruter par élection.

Le nombre des académiciens passe de 8 à 24, avec deux classes, la première composée de dix architectes, d’un professeur et d’un secrétaire, et la deuxième de douze architectes.

  • Lire aussi. 1671-1726. Cinquante années de l’Académie Royale d’Architecture
  • Procès-verbaux de l’Académie royale d’architecture (1671- 1793), publiés pour la Société de l’histoire de l’art français, sous le patronage de l’Académie des Beaux-arts, par Henry Lemonnier. T. I-IV (1671-1726), Journal des Savants, Année 1915, 10, pp. 445-460.

1728. La seconde classe est augmentée de huit membres.

1756. Elle en perd quatre qui passent dans la première.

1767. L’Académie est supprimée par le roi le 2 octobre, pour avoir protesté contre la nomination illégale de Charles de Wailly directement dans la première classe, sans avoir fait partie de la seconde, contrairement aux statuts de l’académie. Mais elle est rétablie peu après.

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1757-1759. Le Poêle du Miroir

Ancien hôtel de la tribu des Marchands ou poêle du Miroir, 29 rue des serruriers à Strasbourg.

Diaporama de 30 photos (Pierre Dubois, mai 2021).

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Source 1. Archi Wiki. « La riche corporation des marchands et des négociants installe son poêle dans la maison Zu dem Spiegel (« au miroir » en allemand), citée dans les archives dès 1367.

L’immeuble est reconstruit de 1757 à 1759 dans le style Louis XV. Il forme un quadrilatère irrégulier de trois façades donnant sur les rues du Miroir, des Serruriers et Gutenberg ».

Source 2. Larges extraits du site Maisons de Strasbourg.

Le projet initial, qui se limitait au rez-de-chaussée, s’étend ensuite aux deux façades sur rue et à celle sur la cour. Le maître d’œuvre de la tribu est le maître maçon Jean Louis Müller. Les fonds nécessaires sont avancés par le Quinze Dietrich.

Jeudi 31 mars 1757. La tribu nomme une commission chargée d’examiner la demande des locataires qui souhaitent étendre leur bail à la salle de danse.

Note des députés à la construction, traduite de l’allemand. La veuve délaissée par le confiseur François Imbert, bourgeois de cette ville, et Pierre Imbert son fils comparaissent et déclarent que, pour assurer leur subsistance, ils ont non seulement besoin de l’appartement qu’ils occupent en ce moment mais aussi de la salle de danse qui se trouve sous le grand poêle de la tribu. Ils produisent à cet effet le plan des constructions à y faire en offrant de régler cinquante florins en sus de leur loyer actuel.

Comme les locaux sont tout le temps vides et qu’ils ne rapportent plus rien puisque les cérémonies funéraires ont lieu à l’étage et qu’il n’y a plus de fêtes de mariage à la tribu, le chef de tribu est d’avis que l’assemblée des échevins peut être considérée comme curateur dans cette affaire et qu’elle doit veiller au mieux aux intérêts de la tribu considérée comme mineure. Comme par ailleurs le maître maçon Müller se propose de réaliser le bâtiment entier clés en main d’après le plan fourni pour la somme de six cents florins, il est d’avis d’accéder à la requête des pétitionnaires après que deux ou trois échevins auront donné leur opinion sur le local et les travaux à y faire et qu’ils les auront estimés avec le maçon.

Après avoir débattu de la question, il a été décidé que les échevins Wolff, conseiller, Franck et Trombert ainsi que le maître actuel de la tribu, Kuhn, sont nommés députés pour examiner en détail le bâtiment projeté et estimer les dépenses avec un maître d’œuvre compétent. On arrêtera ensuite ce qui paraîtra convenable.

5 juillet 1757. Le chef de la tribu rapporte que les locataires souhaitent connaître la décision, la commission quant à elle a constaté que le bâtiment existant n’est pas assez solide. Les frais de construction sont évalués à 1 000 livres.

29 juillet 1757. On abandonne le projet initial qui consistait à reconstruire seulement le rez-de-chaussée et on adopte un projet plus vaste qui comprend les deux façades, rue des Serruriers et rue du Miroir. L’accord passé avec le maître maçon Müller stipule une somme de 5 000 livres.

1 septembre 1757. Comme les travaux de fondations sont plus complexes que prévu, on modifie une nouvelle fois le projet le premier septembre sur la proposition du maître de chantier Pflug. Le mur sur cour fera aussi partie de la construction, le puits qui donne sur la rue sera déplacé dans la cour. Comme les fonds de la tribu ne suffiront pas à couvrir les frais de construction, le maître de la tribu propose de solliciter le Corps des marchands.

28 septembre 1757. L’assemblée règle les formalités nécessaires pour transférer le puits dans la cour de la tribu.

27 novembre 1757. L’assemblée décide que le charpentier Weber sera chargé de réaliser les combles.

13 décembre 1757. L’assemblée accepte la proposition du quinze Dietrich qui offre de prêter sans intérêt pendant un an les sommes nécessaires à la construction.

23 septembre 1758. Le sénateur Franck convoque le conseil du Miroir d’une part parce que le maître maçon Müller a suspendu les travaux depuis sept semaines et d’autre part parce qu’une partie du bâtiment s’est affaissée. Le conseil décide de faire appel à des experts qui examineront la construction.

4 octobre 1758. La tribu des maçons nomme les experts qui évalueront le bâtiment exécuté par le maître maçon Jean Louis Müller (la nomination des experts et leur billet d’estimation sont les seuls à mentionner son prénom). Ils constatent un affaissement mais estiment qu’il n’y a pas à craindre de suites fâcheuses.

16 mars 1759. Le bâtiment terminé, le conseil décide de faire vérifier les comptes par les députés qui avaient été commis à la construction ainsi que par le chef de chantier Werner et des maîtres serruriers.

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Toussaint Louverture, St. Domingue

18ème siècle. Saint-Domingue, une colonie disputée entre la France, l’Espagne et l’Angleterre, riche de ses cultures vivrières (sucre et café en particulier), cultivées par plus de 400 000 esclaves en 1788.

Saint-Domingue et ses conflits. 1800, Toussaint Louverture, général en chef de la colonie.

Le Conflit-clé. Législation Pour ou contre l’abolition de l’esclavage (chronique du blog : 1685-1802. De l’esclavage)

Conflits et guerres entre trois puissances coloniales : la France, l‘Espagne, l’Angleterre ; dans le dernier quart de siècle, dans les conflits commerciaux, intervient un quatrième acteur, les États-Unis, qui se sont déclarés indépendants de l’Angleterre en 1776 et qui ont gagné la Guerre d’indépendance (1775-1783). Chronique du blog.

Conflits entre différents groupes sociaux : conflits entre les 3 Ordres de l’Ancien Régime (ordres qui sont interdits à Saint-Domingue), conflits entre sujets de l’intérieur du Royaume et colons blancs, entre colons et esclaves, entre esclaves et esclaves affranchis, entre troupes expédiées du continent et troupes recrutées sur place.

Conflits de personnalités entre militaires blancs, noirs, et mulâtres.

Plan de cette chronique

  • La colonie de Saint-Domingue : page 1
  • Saint-Domingue au XVIIIe siècle : l’apogée économique : page 2
  • L’assistance militaire aux États-Unis et l’apparition d’officiers de couleur : page 3
  • La période de la Révolution française : page 4
  • Toussaint Louverture et les généraux mulâtres : page 5
  • Saint-Domingue sous l’autorité de Toussaint Louverture (1800-1802) : page 6.

A. La colonie de Saint-Domingue, située sur la partie occidentale de l’île d’Hispaniola, a été officiellement une possession française du 20 septembre 1697 (traité de Ryswick) au 1er janvier 1804, date de son indépendance sous le nom d’Haïti avec pour premier chef d’État un collaborateur de Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines.

Traité de Ryswick ou Traité de Nimégue (17 septembre 1678) ? Les droits de la France sur la colonie de Saint Domingue et le traité de Ryswick par François Blancpain, Outre-Mers. Revue d’histoire, Année 2007, 354-355, pp. 305-329.

De plus dès la fin des années 1620, les Français étaient déjà présents dans l’ouest d’Hispaniola, sous le ministère de Richelieu, notamment dans l’île de la Tortue. Jusqu’au début des années 1680, Saint-Domingue est principalement un repaire de flibustiers.

Entre 1680 et 1700, les gouverneurs français désarment progressivement ces flibustiers afin de développer une économie de plantation. Saint-Domingue va prendre une place de premier plan dans la production sucrière française et même mondiale comptant en 1788 plus de 400 000 esclaves et 22 000 affranchis.

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1685-1802. De l’esclavage

Législation Pour ou Contre l’abolition de l’esclavage

  • 1685. Le Code noir : condition juridique des esclaves et des affranchis.
  • 1794. Décret d’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises.
  • 1802. Napoléon Bonaparte légalise l’esclavage dans les colonies sucrières.

A. Mars 1685. Le Code noir est le titre donné à l’Ordonnance royale de Louis XIV touchant la police des îles de l’Amérique française,

Condition juridique des esclaves et des affranchis. « Les articles 2 et suivants organisent le primat de la religion catholique, en la rendant obligatoire aux esclaves (art. 2 et 3), interdisant aux maîtres protestants de leur imposer leur religion ou des commandeurs appartenant à leur religion (art. 4 et 5). Le dimanche est un jour chômé (art. 6), le mariage (art.10) et la sépulture des esclaves baptisés (art.14) doivent se faire selon le rite catholique et le droit français. Le concubinage entre le maître et l’esclave est interdit, sous peine d’amende et de confiscation, mais le maître peut épouser sa concubine et l’affranchir par ce moyen (art. 9). Le maître doit consentir au mariage de ses esclaves mais ne peut pas le leur imposer (art.11).

Dépourvu de personnalité juridique, l’esclave est légalement approprié par son maître et soumis à sa volonté. Il ne peut rien posséder en propre et appartient au patrimoine de son maître (art.28). En tant qu’objet de propriété, l’esclave est transmis héréditairement, en principe à titre de bien meuble (art. 44 et s.). Le maître peut non seulement l’obliger à travailler gratuitement et le punir en cas de désobéissance (art. 42), mais aussi le vendre, le louer ou le prêter. Le prix de l’esclave mis à mort par décision de justice doit être remboursé à son maître non complice du crime commis (art. 40), lequel doit en revanche réparer les dommages causés par son esclave à autrui (art.37), mais aussi le représenter en justice et défendre ses intérêts, tant en matière civile que criminelle (art. 31).

Enfin, les esclaves sont soumis à un statut social héréditaire (par voie matrilinéaire – art.13), discriminatoire et humiliant au sein de la société coloniale, destiné à garantir leur soumission. Le Code Noir leur interdit de porter des armes (art. 15), de s’attrouper (art. 16), de faire du commerce sans la permission de leur maître (art.18, 19 et 30), ainsi que d’agir et de témoigner en justice (art. 30 et 31). Il punit sévèrement les vols (art. 35 et 36), l’agression contre des personnes libres (art. 34) — et plus durement encore celle contre les maîtres et leur famille (art. 33) —, ainsi que la fuite des esclaves (art. 38), qu’on appellera en pratique le marronnage, bien que ce terme recouvre des réalités fort diverses.

Cependant, l’esclave est par ailleurs protégé par la loi, qui oblige son maître à le nourrir (art. 22), le vêtir (art. 25) et ne pas l’abandonner, même en cas d’incapacité provisoire ou définitive de travail par « maladie, vieillesse ou autrement » (art. 27), et à ne pas le mettre à mort, le torturer, le mutiler (art. 42 et 43) ou lui infliger de traitements « barbares et inhumains » (art. 26).

En ce qui concerne l’affranchissement, hormis le cas déjà mentionné du mariage entre le maître et sa concubine (art. 9), le maître peut affranchir l’esclave soit de son vivant, soit par testament (art. 55). De plus, l’esclave sera considéré comme affranchi s’il est désigné par son maître, légataire universel, exécuteur testamentaire ou tuteur de ses enfants (art. 56).

En principe, l’affranchi possède les mêmes droits que les personnes nées libres (art. 59). Néanmoins il devra conserver un respect particulier à son ancien maître et à sa famille (art. 58). Toutefois il ne s’agit que d’un respect moral, l’ancien maître ne pouvant pas exiger de son ex-esclave des services ou des privilèges économiques en qualité de patron (art. 58) ».

Ile de Saint-Domingue en 1764 (source Wikipédia)

B. 26 août 1789. Adoption par l’Assemblée constituante de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

Représentation, par le Barbier, de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. La Monarchie, tenant les chaînes brisées de la Tyrannie, et le génie de la Nation, tenant le sceptre du Pouvoir, entourent la déclaration. Source Wikipédia

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C. 15 mai 1791. Par décret de l’assemblée constituante, l’esclavage est confirmé, l’égalité des droits politiques est accordée aux mulâtres libres de deuxième génération.

D. 24 mars 1792. Par décret de l’assemblée législative, mesures en faveur de l’égalité politique de tous les libres.

E. 4 février 1794. « Le décret d’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises, voté à l’unanimité par la Convention, confirme la déclaration des droits de l’homme de 1789. Il décide l’abolition de l’esclavage des Nègres (mais pas explicitement la traite) dans toutes les Colonies. Il suit et confirme l’initiative des commissaires civils de Saint Domingue, Sonthonax et Polverel, et prend valeur de loi générale.

Le texte ne prévoit d’indemnisation pour aucune des catégories sociales. Inégalement appliqué, il a été abrogé par la loi du 20 mai 1802″.

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Toussaint Louverture, 1743-1803

Napoléon et l’esclavage. A l’occasion du Bicentenaire de sa mort, republication de la chronique du 6 août 2018, Toussaint Louverture, mort à Joux en 1803.

Extraits de Toussaint Louverture (1743–1803), L’héritier noir des Lumières, Blog Hérodote.net

Diaporama de 28 photos (juillet 2018) : cellule de Toussaint Louverture au Fort de Joux et exposition au Musée municipal de Pontarlier.

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 … « La colonie française, troublée par la guerre civile, se voit, qui plus est, assaillie par les Espagnols et par les troupes de Toussaint Louverture d’un côté, par la flotte anglaise de l’autre. Le général en chef Étienne Laveaux obtient de la Convention qu’elle consente enfin à voter le décret d’abolition de l’esclavage qui permettra de rallier les Noirs. C’est chose faite le 16 pluviôse An II (4 février 1794).

Toussaint comprend que les Espagnols ne sont pas prêts à libérer les esclaves, choisit de rejoindre le camp républicain avec ses hommes.

Il combat désormais aux côtés du général Laveaux avec le grade de général de division. Il chasse les Anglais, devient le gouverneur de la colonie, encourage les planteurs à revenir et oblige ses frères de couleur à travailler comme salariés dans les plantations dont ils étaient auparavant les esclaves.

Fort de ses succès, il s’empare de la partie espagnole de l’île et se désigne Gouverneur général à vie le 8 juillet 1801, avec le droit de désigner son successeur. N’ayant plus qu’un lien virtuel avec l’ancienne métropole, il administre son île en toute indépendance et conclut même des accords de commerce avec les États-Unis et la Grande-Bretagne…

À Paris, le Premier Consul Bonaparte n’accepte pas les velléités autonomistes de Toussaint Louverture et son irritation déborde quand il reçoit de celui-ci une lettre intitulée : Du Premier des Noirs au Premier des Blancs. Décidé à le remettre à la raison, il lui envoie une puissante armée de 25 000 hommes sous les ordres de son beau-frère Leclerc.

Le 2 mai 1802, peu après la capitulation de la forteresse de Crête-à-Pierrot, Toussaint Louverture, traqué, propose sa soumission à Leclerc. Il obtient de se retirer sur l’une de ses plantations. Mais il est arrêté le 7 juin suivant, à la suite d’une dénonciation de son lieutenant Jean-Jacques Dessalines, et incarcéré au fort de Joux, dans le Jura, l’un des endroits les plus froids de France.

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1737. Ancien Hôtel Müllenheim

1737. Ancien Hôtel Müllenheim, 8 quai Saint-Nicolas, Strasbourg. Diaporama de 18 photos (Pierre Dubois, juin 2020 et mai 2021).

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Sources. Archi-Wiki pour la biographie résumée de l’architecte Jean-Pierre Pflug et extraits de la fiche Maisons de Strasbourg.

« 15ème et 16ème siècles. Propriété de familles illustres tels que les Klobelouch (1469), les Landsperg (1587), les Ingolt.

17ème siècle. Longtemps maison noble des Müllenheim, l’hôtel se compose d’un bâtiment avant appelé Sigelmanns hoff (cour Sigelmann) puis à l’Homme de Pierre et d’un bâtiment arrière appelé Zur hohen Linden (au haut tilleul).

Après la Capitulation de 1681, les Müllenheim qui habitent la maison se convertissent et deviennent catholiques.

1737. Le Stettmeister, premier magistrat de la ville, Jean Jacques de Müllenheim, gendre du prêteur royal Klinglin, projette de transformer sa maison et acquiert du Magistrat deux bandes de terrain, l’une à l’avant, l’autre à l’arrière de la maison pour la rebâtir suivant l’alignement de l’église Saint-Nicolas et de la maison voisine à l’ouest.

Ce n’est cependant pas lui qui reconstruira la maison en style Régence sobre, mais Jean Thierry Falmer à qui il la vend avant les travaux .

Plan du 11 mars 1737, signé par le chef du chantier des maçons Jean-Pierre Pflug et le chef du chantier des charpentiers Jean Jacques Biermeyer.

  • Jean Pierre Pflug (1675-1748). Maître maçon (1713), architecte de la ville de Strasbourg (1726), architecte de l’abbaye de Marmoutier.
  • Il élève l’Orangerie d’Illkirch-Graffenstaden (1735),
  • l’hôtel de Klinglin (1736),
  • l’hôtel de l’Epine (1737),
  • le bâtiment Principal de l’Hôpital civil (1741),
  • l’hôtel de Marabail (1741).
  • Fils de Jean-Pierre Pflug, François-Pierre Pflug succède en 1749 à son père dans la charge d’architecte de la ville de Strasbourg.

Archives des XV, Samedi 16 mars 1737. Les préposés transmettent la demande de Jean Jacques de Müllenheim aux Quinze. L’affaire n’est en effet pas de leur compétence puisque le pétitionnaire souhaite devenir propriétaire de deux terrains communaux. Lire la note finale de cette chronique, page 2.

1739. De nouveaux travaux ont lieu dans le bâtiment arrière. La maison a alors un rez-de-chaussée surmonté de deux étages en maçonnerie.

1871-1880. La surface du sol diminue en passant de 5,90 à 5,55 ares mais augmente de nouveau à l’exercice 1924 (5,94 ares). Jean Thierry Falmer et les propriétaires suivants sont des négociants avant qu’une compagnie d’assurances n’acquière la maison peu après l’annexion de 1871.

Début des années 1930, elle passe aux Hospices Civils (symbole de la croix grecque entrecroisée).

Des mascarons ornent les pilastres (tête d’homme et de femme d’âge mûr).

Une partie centrale, à trois ouvertures (porte et deux fenêtres au rez-de-chaussée, trois fenêtres à chacun des deux étages), surmontée d’un fronton est flanquée de part et d’autre d’une partie latérale à trois ouvertures.

La toiture abrite un étage mansardé et deux étages de greniers ».

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Strasbourg, Hôtel des couples

Strasbourg, Hôtel des couples ou ancien Hôtel Hammerer (vers 1760). Diaporama de 19 photos (Pierre Dubois, mai 2021).

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Source 1. Extraits de l’article de Wikipédia.

« L’édifice devrait son nom (Kuppel) au Kuppelhof, Cour des Couples, bâtiments appartenant à deux propriétaires, mais dont les deux cours étaient contiguës (en quelque sorte accouplées). Cependant Roland Recht y voit plutôt un lien avec l’accouplement des chevaux destinés à la cavalerie urbaine, pratiqué au haras municipal qui s’y trouvait jusqu’en 1548.

À l’origine, il s’agit de l’une des nombreuses impasses du quartier qui permettaient d’accéder aux immeubles édifiés à proximité de la muraille lors de la seconde extension de l’enceinte de Strasbourg au 13ème siècle. En 1881, elle est prolongée en rue débouchant sur la place des Orphelins.

No 9 de La Cour des Couples : édifice reconstruit vers 1760 pour le marchand Jean Hammerer, échevin à la tribu du Miroir, d’où son appellation Ancien hôtel Hammerer.

C’est un exemple du style Rococo strasbourgeois. Disposé en fer à cheval autour d’une cour, il présente deux façades caractéristiques du 18ème siècle.

La façade qui donne sur la rue des Couples comprend trois étages de huit travées, avec un portail d’honneur à droite. Le décor sculpté se concentre sur ce portail et sur les clés de cintre du premier étage par un motif rocaille.

Le conseil des Maçons traite le 14 octobre 1776 une affaire de factures non payées que le maître maçon Laurent Gœtz a remises seize années auparavant à Jean Hammerer, maître d’ouvrage de l’hôtel des Couples. Les factures datent donc de 1760 environ ».

Depuis 2000, le bâtiment accueille l’école primaire du collège épiscopal Saint-Étienne« .

Source 2. Extraits d’Archi-Wiki : L’architecte Jean-Laurent Goetz.

Date de construction : 1760. Structure : Hôtel particulier. Courant architectural : rococo. Architecte : Jean-Laurent Goetz (1723-1809).

Roger Lehni (1936-2011), fascicule n°13, du Nouveau Dictionnaire de biographie alsacienne, pages 1222 et 1223.

« Jean-Laurent Goetz a fait son apprentissage de 1742 à 1744 dans l’entourage de la cour de Nassau. Le 3.12.1749, il est admis à la maîtrise de Strasbourg, où il acquiert le droit de bourgeoisie le 21.3.1750, à la suite de son mariage avec Marie Sophie Conrad, veuve du maître maçon, Johann Gottfried Bluttner.

Il devient Untermeister de la tribu des maçons et des tailleurs de pierre en 1758, puis Obermeister en 1759, et enfin Zunftmeister en 1762.

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