Mme Roland, guillotinée à 39 ans

8 novembre 1793. Manon Roland (1754-1793) est guillotinée à l’âge 39 ans.

Sources.

A. Biographie 1791-1793. « Acquise aux idées des Lumières, Manon Roland (1754-1793) écrit des articles politiques pour le Courrier de Lyon.

1791. La Révolution, qui l’enflamme d’un ardent patriotisme, lui donne l’occasion de mettre un terme à sa vie terne et monotone. En raison de l’ascension politique du mari, le couple s’installe à Paris en décembre 1791 à l’hôtel Britannique. Enthousiasmée par le mouvement qui se développe, elle se jette avec passion dans l’arène politique ».

L’égérie des Girondins

« Manon Roland décide d’accueillir dans son salon de nombreux hommes politiques influents, dont Brissot, Pétion, Robespierre« .

Cliquer sur les images pour les agrandir (source : Gallica Bnf in Wikipédia)

1792. « Grâce à ses relations au sein de la Gironde, Jean-Marie Roland (1734-1793) devient ministre de l’Intérieur le 23 mars. Dès lors, dans l’hôtel ministériel de la rue Neuve-des-Petits-Champs, Manon Roland devint l’égérie du parti girondin. Barbaroux, Brissot, Louvet, Pétion, et aussi Buzot auquel la lie une passion partagée, assistent aux dîners qu’elle offre deux fois par semaine. Manon Roland, cependant, reste fidèle à son mari, ce vénérable vieillard qu’elle chérit comme un père« .

« À ses côtés, elle joue, au ministère de l’Intérieur, un rôle essentiel, rédigeant notamment la lettre dans laquelle Roland demande au roi de revenir sur son veto, lettre qui provoque son renvoi le 13 juin 1792. Lorsque son mari retrouve son portefeuille après la prise des Tuileries, le 10 août, Manon Roland dirige plus que jamais ses bureaux.

Après les massacres de Septembre, elle voue à Danton une haine féroce. Dans une lettre en date du 9 septembre, elle écrit sans illusions : Danton conduit tout ; Robespierre est son mannequin, Marat tient sa torche et son poignard ; ce farouche tribun règne et nous ne sommes que des opprimés, en attendant que nous tombions ses victimes. Danton lui réplique : Nous avons besoin de ministres qui voient par d’autres yeux que ceux de leur femme. Manon Roland, dès lors, devient furieuse. Les Montagnards multiplient les attaques contre les Girondins, en particulier contre Roland.

1793. Lassé des attaques, le ministre de l’Intérieur démissionne le 23 janvier 1793. Son épouse et lui s’éloignèrent du pouvoir, sans renoncer à jouer dans l’ombre, un rôle politique ».

La prison, le procès, l’exécution

« Le 31 mai 1793, lors de la proscription des Girondins, elle ne fuit pas, comme elle aurait pu le faire et comme le font, entre autres, son mari et Buzot. Son époux s’échappe vers Rouen, mais Manon Roland se laisse arrêter le 1er juin 1793 à son domicile ; elle est incarcérée dans la prison de l’Abbaye. Elle ressent son arrestation comme un soulagement qu’elle décrit à Buzot dans une de ces pages de la correspondance passionnée et déchirante qu’ils échangent alors : Je chéris ces fers où il m’est libre de t’aimer sans partage. Relâchée le 24 juin, pendant une heure, elle est à nouveau arrêtée et placée à Sainte-Pélagie puis transférée à la Conciergerie où elle reste cinq mois.

En prison, certains privilèges lui sont accordés. Elle peut ainsi avoir de quoi écrire et recevoir des visites occasionnelles de ses amis. C’est à la Conciergerie qu’elle écrit son Appel à l’impartiale postérité, mémoires destinés à sa fille Eudora.

Elle est jugée le 8 novembre 1793. Tout de blanc vêtue, elle se présente devant le Tribunal révolutionnaire. La sentence est mise à exécution le soir même, en même temps qu’un autre condamné, Simon-François Lamarche, ancien directeur de la fabrication des assignats ».

« Quand la charrette arriva devant Saint-Roch, des forcenés les accablèrent d’injures, leur montrant le poing et criant : À la guillotine ! La charrette s’arrêta au pied de l’échafaud à 5 heures et quart. Elle est exécutée ».

Les Mémoires de Mme Roland (1793)

« Ils se situent à la croisée du public et du privé, de l’Histoire et de l’intime. Elle les a rédigés lors de son incarcération à la prison de l’Abbaye en 1793. Ils sont divisés en deux parties très ­distinctes : d’une part des Mémoires proprement historiques (Notices historiques, Interrogatoire de Mme Roland, Portraits et anecdotes, Brissot, Danton, Premier ministère, Second ministère, Seconde Arrestation, Anecdotes) ; d’autre part des Mémoires particuliers qui sont une chronique de la vie privée de la moyenne bourgeoisie parisienne entre 1760 et 1780, et fournissent un document socio-historique précieux sur la sensibilité, les mœurs, les idées et le goût à la fin de l’Ancien Régime, tout en permettant d’entrer dans l’intimité de la jeune Marie-Jeanne dite Manon Philipon ».

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Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, C. Ile-de-France, E. Arts Lettres Langues

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