1694-1793. Enseigner l’architecture

A. Création de l’École de l’Académie royale d’architecture (suite de la chronique : Académie Royale d’Architecture, fondée en 1671).

1694. L’Académie royale d’architecture décide d’organiser un enseignement sous la forme de leçons, programmes et de concours accordés tous les mois.

1701. Des prix et des médailles sont décernés à partir de 1701.

1720. Un grand prix de l’Académie est accordé chaque année ; c’est l’ancêtre de ce qui va devenir le prix de Rome. Le lauréat se voit octroyer une bourse pour un séjour à l’Académie de France à Rome.

Des professeurs sont institués en plus des académiciens.

Années 1740. L’école de l’Académie se voit concurrencée par les cours particuliers qu’organisent certains architectes chez eux. C’est le cas de Jean-Laurent Legeay ou encore de Jacques-François Blondel qui, en créant une école indépendante, l’École des arts, parvient à monopoliser avec ses élèves la plupart des grands prix de l’Académie.

À la Révolution, la Convention nationale décide de confier l’enseignement de l’architecture à l’École polytechnique, avec comme professeur Jean-Nicolas-Louis Durand. L’enseignement est ensuite progressivement reconstitué au sein de la nouvelle école des beaux-arts.

B. 1743. Création de l’école des Arts par Jacques-François Blondel. Source : extraits de Wikipédia. Une première fois refusé par l’Académie royale d’architecture, il compense en ouvrant une école privée d’architecture, qui fermera deux fois, puis rouvrira (1747 et 1754) avant d’être mise en faillite en 1754. Elle rouvrira en 1755 et son enseignement est élogieusement cité comme étant dans la continuation des anciens… L’école ne fermera définitivement qu’à partir du moment où Blondel est, enfin, professeur de l’Académie (soit fin 1761).

  • Suivant le récit de Pierre Patte : Avant 1740, il n’y avoit pas d’École à Paris où un jeune Architecte pût se former, & apprendre tout ce qu’il lui importoit de savoir, le Dessin de l’Architecture, de l’Ornement & de la Figure, la Perspective, les Mathématiques, la Coupe des Pierres, le Toisé, & enfin tous les détails qui concernent la construction des bâtimens. Il falloit qu’il se transportât successivement chez différents Maîtres pour s’instruire de chacun de ces objets, ce qui allongeoit beaucoup ses études, & faisoit, qu’après l’exercice du dessin, il négligeoit le plus souvent tout le reste. Ce furent ces réflexions qui engagerent M. Blondel à former une École des Arts…  Avertissement à la publication du tome V du Cours d’Architecture de J-F. Blondel, Paris, 1777.

Cours d’architecture, ou Traité de la décoration, distribution et construction des bâtiments : contenant les leçons données en 1750 et les années suivantes. Tome 1

Cliquer sur les images pour les agrandir

1755. Enfin reçu à l’Académie royale d’architecture , Jacques-François Blondel deviendra le professeur de l’École de l’Académie en 1762, succédant à l’architecte Louis-Adam Loriot. Cette reconnaissance institutionnelle lui ouvre les portes de la commande publique : aménagements à Metz des abords de la cathédrale (chroniques du blog), plans d’aménagement de la ville de Strasbourg (chroniques du blog).

Le rédacteur de l’article de Wikipédia n’est pas particulièrement tendre pour l’enseignement de Jacques-François Blondel.

  • « Il souhaitait moderniser l’enseignement de l’architecture, le moins qu’on puisse dire est que ses références sont pour le moins archaïques. Son architecte de référence est François Mansart, mais rien n’est dit, par exemple, à propos des architectes contemporains, comme Jacques-Germain Soufflot dont les projets et travaux pour l’église Sainte-Geneviève (futur Panthéon) sont contemporains de son professorat. De même, rien n’est dit sur Laugier. Il est un autre moyen d’arriver à l’excellent ; il consiste à remonter à la source, en imitant François Mansart, en étonnant comme Perrault, en créant comme Jules Hardouin-Mansart, en plaisant comme Bullet, & non en affectant le faste des ornements arabes ou égyptiens, & une similitude de membres d’Architecture, souvent si peu faits pour aller ensemble. S’ils parviennent à goûter ces vérités, ils se persuaderont bientôt, qu’on peut faire encore, sinon du neuf, du moins des productions très-estimables. On ajoutera à cette collection certes tout à fait respectable, mais, encore une fois, un peu datée, François Blondel, Germain Boffrand et Libéral Bruant. Autrement résumé, Blondel arrête son corpus de référence, tant théorique qu’édificiel, en 1730. C’est d’ailleurs une des choses que lui reprochera son élève le plus connu, Claude Nicolas Ledoux, dans les pages centrales de L’Architecture considérée…

C. Laure Chabanne, L’École des arts de Jacques-François Blondel ou l’invention d’une pédagogie, vidéo Youtube, 1 heure 41′ 24 mai 2018.

Commentaires fermés sur 1694-1793. Enseigner l’architecture

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), C. Ile-de-France, E. Ingénierie, Architecture

Les commentaires sont fermés.