D’Ixnard, architecte néo-classique

Pierre Michel dit d’Ixnard (1723-1795) est architecte dès 1754 et est célèbre pour son style néo-classique précoce. Il a travaillé surtout en Allemagne Méridionale. De 1780 à 1795, il est installé à Strasbourg.

Sources principales pour sa biographie : Archives de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg, citations de l’exposition Archi-Classique : dessins d’architecture 1770-1780 et du billet d’Archi-Wiki sur Pierre Michel d’Ixnard.

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1723. Naissance à Nîmes de Pierre Michel.

1743 (20 ans). Maître-menuisier (comme son père).

1751 (28 ans). Mariage avec Thérèse Isnard.

1751-1755 (28-32 ans). Établi à Cadenet (près d’Avignon). En 1754, il se fait appeler maître-architecte-menuisier.

1755-1763 (32-40 ans). Installé à Paris. A sans doute travaillé pour le prince de Rohan-Montauban, frère du cardinal Louis-Constantin de Rohan, puis pour l’évêque de Metz et le prince-évêque de Trèves.

Avis critique de Blondel, architecte du roi, sur Pierre Michel (vers 1755) : j’ai vu ses desseins et me suis transporté chez lui pour examiner quelques modèles qu’il avait faits. En général il sait très peu de théorie ; il entend davantage la pratique, mais il ne peut être employé qu’en second, sous la direction d’un habile homme. D’ailleurs il me paraît laborieux, avec de bonnes mœurs et s’offre pour très peu, s’avouant sobre et sans ambition. Chroniques du blog Histoires d’Universités sur Blondel.

1763 (40 ans). La piste de Michel est claire. Il accompagne comme dessinateur Jean Servandoni, architecte et décorateur de théâtre à Stuttgart, puis reste sur place comme décorateur indépendant. A cette date, il est encore Michel architecte.

1764 (41 ans). Mais en février, il ajoute le nom Dixnard (s’inspirant du patronyme de son épouse) à son patronyme Michel, dont il fait un second prénom. Et à partir de 1767, il détache le d initial par une apostrophe, pour signer désormais d’Ixnard.

Sa carrière commence alors vraiment : il est directeur des bâtiments du prince Joseph Guillaume de Hohenzollern-Hechingen.

1764 (41 ans). Il est très mobile, comme le montrent ses résidences successives ou simultanées : 1764-1766 à Hechingen, 1767 à Buchau en Haute Souabe, 1769-1774 à St-Blasien en Forêt-Noire, 1774 à Ellingen en Franconie, 1775 à Constance.

À partir de 1768 (45 ans), chantier de l’abbaye Sankt-Blasien (Saint-Blaise) en Forêt-Noire. Le complexe abbatial est reconstruit au 18ème siècle dans le style baroque. Après l’incendie de 1768, la nouvelle église est refaite en style classique : l’imposante abbatiale, œuvre de Pierre-Michel d’Ixnard, est surmontée d’un dôme de 46 mètres de large et de 63 mètres de haut. L’abbaye, dirigée par le prince-abbé Martin Gerbert, était en plein épanouissement. Les moines dirigeaient de nombreuses écoles populaires et trois collèges à Constance, Blinggau et bien sûr à Saint-Blaise. Ils avaient charge de 20 000 âmes.

« Ce n’est que vers la fin du 18ème siècle que les travaux de la cathédrale Notre-Dame de Constance reprennent, sur le modèle du classicisme français. L’architecte d’églises et de châteaux réputé Pierre Michel d’Ixnard, qui avait reçu peu auparavant la charge de l’aménagement d’une église par l’abbaye de Salem, dessine pour la cathédrale de Constance un maître-autel (1774) et une réorganisation autour de l’autel, de la croisée et des bras du transept dans un style antique ».

1777-1779 (54-56 ans). Pierre-Michel d’Ixnard travaille à Coblence.

1780 (57 ans). Il s’installe définitivement à Strasbourg.

Certains projets, qui correspondent à une commande, ne sont pas réalisés car la ville manque de moyens financiers pour assurer la mise en œuvre de grands travaux, sans compter les difficultés liées aux opérations d’expropriation et de démolition dans une ville engoncée dans les fortifications de Vauban. Pierre-Michel d’Ixnard signe presque systématiquement ses plans.

Projet de salle de spectacle pour Strasbourg

1782-1785 (59-62 ans). Construction de la façade du poêle de la corporation du Miroir (sur la rue Gutenberg) à Strasbourg. A partir de 1785, il a son logement au-dessous de la salle Mozart. Chronique et photos d’Histoires d’universités : Le Poêle du Miroir.

1785-1787 (62-64 ans). Salle des actes et bibliothèque du collège royal de Colmar (actuel lycée Bartholdi).

1790 (67 ans). Église Saint-Georges d’Epfig. La première église datant du 8ème siècle a probablement été détruite en 1198 et remplacé par un édifice de style roman. L’église actuelle est reconstruite à la fin du 18ème par l’architecte d’Ixnard.

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Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), D. Allemagne, E. Ingénierie, Architecture, E. Mobilité internationale

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