Mathern. Mausolée pour Goethe

4ème chronique en photos sur L’industrie Magnifique, Strasbourg, édition 2021.

Stéphanie-Lucie Mathern, Tombeau pour le Romantisme allemand, place de l’université.

Diaporama de 23 photos de Pierre Dubois.

Des bouquets de fleurs chatoyantes pour un Homme illustre.
Cliquer sur les images pour les agrandir.

Source : à propos de l’œuvre. « Stéphanie-Lucie Mathern est une peintre née en 1985, entre France et Allemagne. Elle a couplé les beaux-arts (à Nancy) avec la théologie (à Strasbourg), maniant le sacré comme une arme sur des grandes toiles colorées à l’expression sans repentirs.

Un travail sur le médium même, l’harmonie et la dissonance des couleurs, des gestes, et même des mots (le titre claque comme un manifeste). La philosophie est post-pop, d’une décadence gonzo renforçant la puissance de la forme. Un arrêt sur image où le brutalisme a remplacé le sfumato. Un travail instinctif qui donne la priorité à l’émotion tout en étant imprégné des siècles de culture dont nous découlons.

Le projet consiste à la mise en valeur de la statue de Goethe en la recouvrant d’un chapiteau à la manière d’un mausolée. Une phrase extraite de Faust, L’espionnage, semble-t-il, est dans tes goûts, en lettres capitales, fait figure d’épitaphe (inscription funéraire). La mystique enseigne le caché pour mieux révéler, l’art appuie cette idée en effaçant pour mieux émerveiller. Dissimulée sous une bâche, la statue engendre une curiosité et une beauté nouvelles. Le chapiteau est détourné de sa fonction première, de festif il passe à commémoratif. C’est aussi une chapelle de dévotion, un moyen magique de rendre présent l’absent ».

Mehr Licht, Plus de Liberté, sont les derniers mots que Goethe prononça avant sa mort. Pourquoi n’ont-ils pas été choisis pour être inscrits sur la façade du mausolée ?

Pourquoi donc cet épitaphe pour le Mausolée ? Il m’a mis mal à l’aise : Goethe serait-il venu espionner le Royaume de France à Strasbourg d’avril 1770 à août 1771 ? Lire mes chroniques : 1770-1771. Goethe à Strasbourg, 1770. Goethe et Marie-Antoinette

Reportage vidéo 2’57 dans les DNA 25 mai : échanges entre l’artiste plasticien et le mécène. Photos de 2021 sur Instagram

Stéphanie-Lucie Mathern parle de son œuvre, lors de l’exposition à la Galerie Pascal Gabert, 2019. 

« La peinture est pour moi un acte érotique, quelque chose qui vient (et doit toucher) la viscère. Et en même temps, elle représente une trace matérielle de l’intelligence. L’important est le style et au commencement était l’émotion. Disait Céline. C’est certainement ce qui m’importe, créer une incompréhension qui finira en attraction contradictoire. Mais les résonances immédiates et les alliés instantanés sont aussi les bienvenus. Mon idée est d’électriser les masses indécises par la profusion picturale. Le moment où les gestes deviennent des clashs colorés, où les touches entremêlées font se confondre les espèces.

On peint pour oublier de se suicider (chaque toile étant déjà un fragment qu’on laisse de soi), pour intégrer le mal (et le représenter positivement), pour en finir avec cette difficulté à exister. Le processus de destruction est intégré, et les arrangements laissés à l’abandon. La probabilité du meurtre (de Francis Heaulme à Charles Manson) est partout, toujours couplée à l’espoir, celui du surgissement de l’événement. Nous attendons la sensation, le bon rythme, l’accord (presque) parfait.

Les œuvres iront à ceux qui ont la foi, en Dieu (qui gagne à être connu) comme dans un trait. A ceux qui savent plier le genou pour obtenir, à ceux qui croient sans avoir vu. L’art a cette dimension sacrée, il faut puiser dans ses mythes (du moine copiste à la rock star) car le spontané de l’homme c’est sa culture disait Barthes. Il y a des siècles d’histoire dans un geste, et c’est à nous d’accommoder les restes. C’est en se confrontant à la matière et en intégrant la présence de la mort (à l’eau de rose) qu’on s’inscrit dans le monde avec intensité. L’expressionnisme est brutal comme la vérité. A l’intact, j’ai toujours préféré le tranchant. Et ce tranchant je le veux ambigu.

On égorgera les combinaisons d’atomes, on dissociera, on interpellera, on exterminera, on foudroiera, on sera la perfection des derniers morts ou la singularité des nouveau-nés, on fera les choses vite, on percevra sur un mode inhabituel. On aura le degré de liberté que notre audace aura réussi à conquérir. Pour le moment, ici, l’odeur des fleurs rendra l’estime du sexe. Tout finit en pyrotechnie, énergie fulgurante en pure perte, dans le charme d’un bouquet final ».

Entreprise Mècène : Espace Couvert

« Espace Couvert est une entreprise leader du Grand est, spécialisée dans l’installation de chapiteaux et de halls de stockage provisoires pour les entreprises et les particuliers.

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Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, BA. Photos, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), D. Allemagne, E. Arts Lettres Langues, E. Sciences humaines et sociales

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