Strasbourg. Plan-relief (1725-1728)

Strasbourg. Quatre sources pour présenter le Plan-relief (1725-1728).

Diaporama de 19 photos.

Source 1. Citations de Thierry Hatt, Le plan-relief : une pièce exceptionnelle à de multiples égards, CRDP Canopé, avril 2014.

« Le relief de Strasbourg est une pièce exceptionnelle pour ses qualités intrinsèques et quelques hasards historiques conjugués.

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Les plans relief sont au XVIIe et XVIIIe siècle ce que sont les images 3D du cinéma d’aujourd’hui : une production de très haute technologie, ce que l’on fait de mieux en matière de repérage et de positionnement géographique, de qualité de rendu des volumes, de précision documentaire au service du roi de France. Les coûts de production des plans-reliefs sont importants au point que Vauban estime qu’ils entrent en concurrence avec le prix de la construction des places fortes.

La période de 1725 à 1760 correspond à l’âge d’or de cette fabrication. Élaboré entre 1725 et 1728 (on en a la preuve par une lettre du 19 mars 1727 du Ministre de la Guerre qui lui demande d’accélérer la fabrication) par l’ingénieur François de Ladevèze, le relief de Strasbourg a derrière lui une longue tradition technique commencée sous Louis XIV en 1663 avec le relief de Pignerol, 1725 est sa troisième version. Les deux premiers plans sont perdus. Toutes les compétences techniques nécessaires sont entre les mains des ingénieurs géographes militaires : qualité des instruments pour une grande précision des mesures de terrain en différences de niveaux et angles, calculs trigonométriques simplifiées par le recours aux tables de logarithmes.

Le corps des ingénieurs géographes est capable, en quelques semaines, d’établir les levés détaillés nécessaires, et mettent au point une démarche systématique en choisissant une échelle unique, soit, selon la valeur du pied et de la toise le 1/600, un pied pour 100 toises, échelle qui est conservée jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Il y eut à peu près 260 reliefs fabriqués. On connaît la date de 230 d’entre eux. On remarque le pic entre 1663 et la mort de Louis XIV en 1715. Il représente 138 reliefs, soit 60 % du total connu.

Ladevèze est un ingénieur expérimenté, à la tête d’une équipe solide. On lui attribue une dizaine de plans de 1710 à 1726 (il meurt en 1729). Sept d’entre eux sont conservés. Celui de Strasbourg est un des derniers réalisés. Son équipe est donc, à cette date, d’une maturité efficace ».

Source 2. Plan-relief de 1725-1728, conservé au Musée historique de Strasbourg. Citations de Maisons de Strasbourg

« L’état des Plans en relief des Places fortes (1794) mentionne que le plan relief (douze mètres sur six) de Strasbourg date de 1725-1728 et qu’il a été réparé en 1783. L’époque de sa construction est corroborée par une lettre du ministre de la Guerre à l’ingénieur ordinaire du roi à Strasbourg, Ladevèze, datée du 10 mars 1727, et par le séjour de Ladevèze au poêle des Charpentiers en 1726-1727.

Séjour de l’ingénieur Ladevèze à la tribu des Charpentiers (1726-1727). Texte du protocole des Conseillers et des Vingt-et-Un. Argument : L’ingénieur Ladevèze (Ladevesse) loge depuis quelque temps au poêle de la tribu des Charpentiers. Le maître de la tribu demande en décembre 1726 que les autres tribus soient tenues d’indemniser les Charpentiers des frais et du manque à gagner.

Le lundi 16 décembre, le représentant du maître de la tribu expose aux Conseillers et aux Vingt-et-Un que l’ingénieur qui lève les dessins de la ville loge au poêle des Charpentiers le temps de son travail. Il demande que chacune des autres tribus verse une indemnité aux Charpentiers. L’avocat Scheffmacher estime la demande fondée et propose de nommer une commission chargée d’estimer exactement le préjudice. Le Préteur royal appuie la proposition. L’assemblée l’adopte en nommant deux chargés de mission.

Lundi 23 décembre, les chargés de mission exposent leurs conclusions. Ils ont dressé un état des localités qu’occupe l’ingénieur Ladevèze et ont estimé que le manque à gagner s’élève à 54 livres, sans compter les frais de mise en état avant et après le séjour. Les échevins demandent que chaque tribu verse trois livres par an. Le Préteur royal approuve cette proposition pour toute la durée du séjour de l’ingénieur. Les Conseillers et les Vingt-et-Un adoptent la proposition.

Le plan relief qui faisait partie de la collection particulière des rois de France a d’abord été exposé dans la grande galerie du Louvre. Devenu propriété nationale à la Révolution, il a été transporté aux Invalides où le général prussien Blücher l’a fait enlever en 1815 après la défaite de Napoléon à Waterloo. Il a alors rejoint les collections prussiennes à l’Arsenal (Zeughaus) de Berlin en même temps que celui d’autres des villes du nord et de l’est (Fort-Louis, Landau, Sarrelouis, Bitche, Thionville, Longwy, Mézières, Sedan, Givet, Philippeville, Maubeuge, Avesnes, Le Quesnoy, Condé, Valenciennes, Cambrai, Lille, Ecluse de Graveline).

Il a quitté Berlin pour Strasbourg en 1903 après que l’empereur Guillaume eut signé le 13 juin 1902 à l’instigation du maire Back l’ordre de le remettre à la Ville de Strasbourg. Le plan-relief a d’abord été conservé au château des Rohan (1903-1923) avant d’entrer au Musée historique de la Grande Boucherie ».

Source 3. Œuvres du musée historique de Strasbourg : le plan-relief.

« Une ville pour le prestige et l’art de la guerre. Occupant 72m², réalisé en 23 tables, le plan-relief de Strasbourg par Ladevèze, ingénieur du roi, séduit par la profusion de détails.

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