1725. Mariage de Marie Leczinska

Strasbourg, 15 août 1725. Mariage par procuration de Marie Leczinska et de Louis XV.

Personnages principaux de cet épisode de l’Histoire du Royaume de France :

  • Louis XV (1710-1774), roi de France
  • Leczinska Marie (1703-1768), princesse de Pologne, reine de France suite à son mariage avec Louis XV, le 15 août 1725
  • Leczinski Stanislas (1677-1766), père de Marie, roi de Pologne
  • Charles XII (1682-1718), roi de Suède.
Marie Leczinska, d’après Carl Van Loo, Musée historique de Strasbourg. Cliquer sur les images pour les agrandir

Source 1. Extraits de Pierre de Nolhac, Le Mariage de Marie Leczinska, Revue des Deux Mondes, 4e période, tome 158, 1900 (p. 79-119). Source : Wikisource.

« En 1725, vivait sur terre française, à Wissembourg en Basse-Alsace, la famille d’un roi détrôné dont le nom, plus d’une fois mêle à l’histoire guerrière du commencement du siècle, semblait voué désormais au complet oubli.

Stanislas Leczinski (Leszczynski), simple palatin de Posnanie, élu roi de Pologne en 1704, grâce à l’amitié du grand Charles XII, avait partagé la fortune du héros de la Suède. Les revers de Charles avaient mis fin à ce règne, la Pologne ayant dû accepter à nouveau la royauté d’Auguste, électeur de Saxe, appuyé par les armées du tsar Pierre.

Le vainqueur de Pultawa, fidèle à la fraternité des armes, ne laissait point sacrifier entièrement le compagnon qui avait conduit au service de sa gloire la vaillance polonaise. Il lui donnait à gouverner la petite principauté de Deux-Ponts, rattachée momentanément à sa couronne ».

  • Les terres du duché de Deux-Ponts en Lorraine et en Alsace : des terres dispersées. Les ducs de Deux-Ponts, princes possessionnés, possédaient de nombreuses terres en Lorraine et en Alsace, cette dernière devenue province française d’Alsace en 1648 et étendue en 1680 : en particulier le comté de la Petite-Pierre et les bailliages de Seltz (bipontin en 1766, souveraineté française reconnue en 1768), de Bischwiller, de Gutemberg et de Hagenbach (ces deux derniers aujourd’hui en Allemagne). La souveraineté française sur d’autres bailliages bipontins, en particulier entre la Lauter et la Queich (dans l’actuel land allemand de Rhénanie-Palatinat) était disputée, comme pour ceux de Bad Bergzabern, Barbelroth, Wegelnbourg et Annweiler mais aussi au sud de la Lauter pour celui de Cleebourg où la souveraineté française n’est reconnue qu’en 1787.
  • Les ducs de Deux-Ponts ne sont pas seulement des princes possessionnés. Ils peuvent être propriétaires et commandants de régiments alliés au Royaume de France.
Source. Musée historique de Strasbourg

« Leczinski attendait d’abord, dans cet honorable exil, l’heure où le roi de Suède et son allié pourraient rentrer en vainqueurs dans Varsovie et reprendre à l’usurpateur le sceptre des Jagellons.

La mort de son protecteur ruinait bientôt ses espérances et celles du parti qui le soutenait encore en Pologne. Une prompte détresse suivait ce malheur ; il devait abandonner Deux-Ponts, réclamé par l’héritier légitime, et la sœur de Charles XII, devenue reine de Suède, cessait de lui servir sa pension. Il vivait quelque temps de secours plus ou moins déguisés et d’emprunts aux banques de Francfort. Mais son existence même n’était plus en sûreté : les agents du roi Auguste, qui avaient tenté à plusieurs reprises de l’enlever ou de le tuer, recommençaient leurs complots avec des facilités nouvelles.

Il fallait trouver à tout prix un asile : la frontière française était voisine, et la place de Landau le recevait en fugitif avec les siens. Bientôt après, sa demande de séjour était accueillie par le Régent, au nom du petit roi Louis XV, et on lui laissait choisir la ville de l’intendance d’Alsace où il lui plairait de résider sous la sauvegarde bienveillante du roi de France. C’est ainsi qu’au début de 1719, il s’était installé à Wissembourg. Il y gardait ce reste de petite Cour que conservent aux rois déchus le dévouement exalté par l’infortune et aussi l’indéracinable vanité des titres sonores.

Rien ne faisait prévoir que la vie déjà si agitée de Leczinski dût avoir des revirements encore plus étranges que ceux qu’elle avait subis. De simple gentilhomme vivant sur ses terres, il était devenu roi et chef d’armée ; à présent exilé et réduit à mendier sa vie, l’avenir lui ménageait des retours extraordinaires, une royauté encore, puis, de nouveau, les émotions d’un proscrit, enfin, pour couronner ces aventures, une espèce de trône honoraire et les studieux loisirs d’un philosophe ».

Source 2. Extrait de Henry Gauthier-Villars, De Louis XV d’après des documents nouveaux. Correspondance inédite de Stanislas Leczinski, Paris, Librairie Plon, 1900. Chapitre IX : les Leczinski.

Plan du chapitre. Le choix du duc Louis-Henri de Bourbon, chef de la maison de Condé. La famille Leczinski. Histoire de Stanislas. Son règne, sa chute, ses tribulations, sa vie errante. Comment il chercha un refuge en France. Comment il se lia d’amitié avec le comte du Bourg. En quête d’un foyer et d’une pension. A la recherche d’un mari. Ce qu’était la générosité du Régent. La Cour du roi déchu à Wissembourg. Marie Leczinska, sa douceur, sa piété, ses vertus. Difficultés pour la marier. Mme de Prie songe à la donner au duc.

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Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), E. Droit et Sciences politiques, E. Mobilité internationale

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