Michel Adanson, 30 ans en 1757

L’ouvrage se vendit mal et, après la faillite de l’éditeur et le remboursement aux souscripteurs, Adanson estima que le livre lui avait coûté 5 000 livres ; sa situation financière s’en ressentit toujours.

1761. Il publia également un mémoire illustré sur le baobab, dont il fit connaître l’accroissement progressif. Il décrivait déjà cet arbre dans son livre sur le Sénégal : un arbre dont la grosseur prodigieuse attira mon attention. C’était un calebassier, autrement appelé pain-de-singe, que les Wolofs nomment goui dans leur langue. Adanson composa également un mémoire sur les arbres qui produisent la gomme d’Arabie (Senegalia senegal), l’un des principaux objets du commerce du Sénégal à cette époque.

1763. Publication de l’ouvrage sur les Familles des plantes.

Outre le baobab, grâce aux liens qu’il avait établis avec des Sénégalais (il connaissait un peu le wolof), il découvrit la gomme arabique, l’indigo, les palétuviers et le palmier à huile« .

Source B. Pour aller plus loin. Xavier Carteret, Michel Adanson au Sénégal (1749-1754) : Un grand voyage naturaliste et anthropologique du Siècle des lumières, Revue d’histoire des sciences, 2012/1 (Tome 65), pages 5 à 25.

« Adanson acquit très tôt le concept central de sa méthode naturelle. Dès son voyage au Sénégal, qu’il entreprit entre 1749 et 1754 et sur lequel nous axerons notre propos, il comprit que la découverte des relations « naturelles » (c’est-à-dire réelles, objectives) entre les êtres supposait non seulement la connaissance de toutes leurs parties, mais encore celle de tous les rapports existant entre ces parties. Les prémices de cette idée « holistique » apparaissent dans une lettre aux Jussieu, en date du 1er août 1750 :

J’ai trouvé, écrit Adanson, une façon de décrire bien différente de celle que j’usitois dans le temps de mon 1er envoi, et c’est la seule que je croie bonne et utile, parce que non seulement elle comprend absolument toutes les parties des différents corps naturels, mais encore par ce qu’elle décrit ces parties dans toutes les qualités qui leurs sont propres.

La révélation conceptuelle qu’eut le jeune Adanson au Sénégal est fondée sur la conviction que le partiel engendre le faux.

Source C. Lire également en libre accès. Michel Guédès, La méthode taxonomique d’Adanson, Revue d’histoire des sciences, Année 1967, 20-4, pp. 361-386

Source D. Lire aussi le roman de David Diop, La Porte du voyage sans retour, éditions du Seuil, 2021, 256 pages.

« La porte du voyage sans retour est le surnom donné à l’île de Gorée, d’où sont partis des millions d’Africains au temps de la traite des Noirs. C’est dans ce qui est en 1750 une concession française qu’un jeune homme débarque, venu au Sénégal pour étudier la flore locale. Botaniste, il caresse le rêve d’établir une encyclopédie universelle du vivant, en un siècle où l’heure est aux Lumières. Lorsqu’il a vent de l’histoire d’une jeune Africaine promise à l’esclavage et qui serait parvenue à s’évader, trouvant refuge quelque part aux confins de la terre sénégalaise, son voyage et son destin basculent dans la quête obstinée de cette femme perdue qui a laissé derrière elle mille pistes et autant de légendes.

S’inspirant de la figure de Michel Adanson, naturaliste français (1727-1806), David Diop signe un roman éblouissant, évocation puissante d’un royaume où la parole est reine, odyssée bouleversante de deux êtres qui ne cessent de se rejoindre, de s’aimer et de se perdre, transmission d’un héritage d’un père à sa fille, destinataire ultime des carnets qui relatent ce voyage caché.

Né à Paris en 1966, David Diop a grandi au Sénégal et est maître de conférences à l’Université de Pau. Il signe, avec La Porte du voyage sans retour, son troisième roman, après le succès de Frère d’âme (lauréat du prix Goncourt des lycéens 2018 et traduit dans seize pays) ».

Vidéos sur la Porte du voyage sans retour (7’02) et sur la Maison des esclaves, Ile de Gorée, Sénégal (4’42).

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