3 tableaux de Watteau (1684-1721)

Trois tableaux de Watteau (1684-1721) : Arlequin empereur dans la lune (Nantes), L’écureuse de cuivres (Strasbourg), La Chute d’eau (Valenciennes). Lire aussi la chronique : 1721. Watteau meurt à 37 ans.

A.Antoine Watteau a 23 ans quand il peint Arlequin empereur dans la lune, vers 1707. Source : Musée d’Arts de Nantes.

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« Passionné par le monde du théâtre, Watteau a souvent traité ce thème au cours de sa courte mais prestigieuse carrière. Il s’est principalement inspiré du théâtre de rue, des foires de Saint-Germain et de Saint-Laurent, marquant une nette préférence pour le théâtre italien, la commedia dell’arte. Cette scène est d’ailleurs inspirée d’une comédie de Nolant de Fatouville, Arlequin empereur dans la lune, créée en 1684 et jouée à la foire de Saint-Laurent en 1707 puis en 1719.

Sur un fond sombre et épuré où l’on devine quelques éléments de végétation, quatre personnages occupent l’espace. A gauche, on peut reconnaître le mezzetin, le valet toujours amoureux et sentimental, en costume rayé avec sa fraise blanche, coiffé d’un chapeau souple tombant sur l’arrière de sa tête ; Colombine, la femme de chambre toujours amoureuse et qui n’a pas sa langue dans sa poche ; le Dr Boloardo en costume noir, passionné d’astronomie, qui pense que la lune est habitée. A droite, leur faisant face, Arlequin est assis dans une carriole à soufflet, tirée par un âne qui regarde le spectateur affligé, annonçant la farce.

L’intrigue est simple et burlesque comme souvent. Le Dr Boloardo promet la main de Colombine, sa servante, à plusieurs prétendants : un fermier, un apothicaire et un boulanger. Mais Arlequin et Colombine s’aiment en secret. Arlequin décide alors de se déguiser en prenant l’identité de tous les prétendants, tour à tour, démontrant au Docteur qu’ils ne font pas l’affaire. Un jour il se présente comme étant l’ambassadeur de l’empereur de la lune. Le Dr Boloardo, charmé, lui accorde la main de Colombine. Mais il est rapidement démasqué et se voit dans l’obligation de renoncer à Colombine.

Cette petite huile sur toile a probablement été réalisée au début de la carrière du peintre. Le style est en effet encore fortement influencé par celui de son maître, Claude Gillot. Le trait sec, les personnages un peu figés et la palette chromatique peu lumineuse confirment cette hypothèse ».

B. Antoine Watteau a 25 ans quand il peint L’écureuse de cuivres, 1709-1710. Source : Musée des Beaux-arts de Strasbourg.

« On ne soulignera jamais assez que la formation de Watteau, né à Valenciennes, fut essentiellement flamande. L’œuvre du musée en est la parfaite illustration. S’inscrivant dans sa période de jeunesse, L’Écureuse de cuivres est une peinture atypique dans son œuvre. Le sujet est parfaitement trivial et le tableau semble un pastiche d’après des peintures semblables de Kalf. L’accrochage de cette peinture de Watteau au sein de la section nordique ne choque pas et permet au contraire des comparaisons fructueuses, tant dans les points communs que dans les différences.

Watteau est ici à la recherche de sa technique, étudiée d’après les maîtres flamands et hollandais mais aussi italiens et français de la couleur, et montre déjà sa virtuosité. Ce n’est plus un débutant mais il est encore en quête du genre qui lui permettra d’exprimer au mieux sa personnalité et de se forger une clientèle. Avec ce tableau, nous possédons aussi la plus achevée des natures mortes de Watteau. Le peintre montre sa sensibilité dans le traitement du ciel et le rendu des reflets métalliques des cuivres et des étains comme des étoffes. Passant du registre trivial à celui de la société raffinée, Watteau ne perdit pas son sens de l’observation et de sa poésie ».

C. Antoine Watteau a 31 ans quand il peint La chute d’eau (vers 1715, musée de Valenciennes). Source : exposition 2015 : La Chute d’eau d’Antoine Watteau et le paysage français au 18ème siècle.

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