18ème. Portraits, peints ou sculptés

Le portrait, peint ou sculpté : dix œuvres du 18ème siècle au Musée d’arts de Nantes. Dans cette chronique, six portraits de célébrités du temps : un conseiller à la Grand’Chambre du Parlement de Paris, son fils, un trésorier des États de Bretagne, un sculpteur attitré de Louis XV, un pape – Clément XIII -, un premier architecte de la ville de Nantes.

Diaporama de 31 photos.

En guise d’introduction. Ressource pédagogique : Portrait et pouvoir aux 17ème et 18ème siècles. Service culturel des musées d’Orléans, dossier réalisé par les enseignants détachés, Hervé Finous, Nadine Mazier, Odile Ringuedé, Dominique Massardier, 27 pages.

« Aux origines du portrait. Lié à la conception religieuse et à l’organisation sociale et politique d’une société, le portrait est initialement associé à la notion de survie et à la transmission de l’image d’une personne aux générations futures. Il témoigne de l’apparence d’un individu à un moment donné de sa vie et représente un moyen de conjurer l’état éphémère lié à la condition humaine. Par conséquent, le portrait joue un rôle social important… :

Des portraits de pouvoir. A une époque où la peinture d’histoire se situe au sommet de la hiérarchie des genres, le portrait est d’autant plus légitime qu’il est au service de l’histoire, qu’il est un portrait d’un personnage engagé dans l’histoire. Aussi les portraits des 17ème et 18ème siècles sont-ils bien souvent des portraits de pouvoir, qui, d’une manière ou d’une autre, exaltent chez la personne portraiturée la possession ou la pratique d’un pouvoir.

L’exaltation du pouvoir peut s’exprimer à travers des accessoires, des attributs symboliques : regalia du souverain, ordres religieux et militaires, coiffure et costume révélateurs du rang social ou caractéristiques de la fonction, instruments propres à une profession… Elle peut se manifester à travers la richesse du décor, la somptuosité de la mise en scène. Elle peut aussi s’étendre à l’ensemble de la personne portraiturée : sa pose, ses gestes, son regard. Elle peut enfin prendre une tournure allégorique par le truchement d’une identité d’emprunt qui se superpose à l’identité réelle du modèle »…

A. Charles-Paul-Jean-Baptiste de Bourgevin de Vialart de Saint-Morys, Conseiller à la Grand Chambre du Parlement de Paris par Jean-Baptiste Greuze (1725-1805), œuvre de la 2nde moitié du 18ème, huile sur bois.

« La Chambre au Plaid, devenue ensuite la Grand’Chambre, est le cœur du Parlement. Elle juge en appel les sentences des juridictions inférieures de son ressort. Les cas de crime de lèse-majesté lui sont soumis, ainsi que les procès concernant les pairs, les apanages, les parlementaires et les affaires de la régale. Au total y siègent plus de cent magistrats (premier président nommé par le roi, présidents à mortier, conseillers) et les princes du sang, ducs et pairs, qui tiennent particulièrement à ce grand privilège.

En 1753, translation de la Grand Chambre du Parlement à Pontoise ; dispersion et exil des magistrats des autres chambres en province ; enfin exil des magistrats de la Grand Chambre à Soissons (jusqu’à l’automne 1754) ».

Monsieur de Saint-Morys

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B. Cartel de l’œuvre du musée de Nantes. « Monsieur de Saint-Morys a certainement commandé ce portrait en même temps que celui de son fils.  A cette époque, la famille dispose d’une grande fortune grâce à l’héritage échu au jeune garçon, dont ses  parents avaient l’usufruit. Greuze connaît très bien la famille chez qui il a séjourné à plusieurs reprises. Cette relation explique sans doute l’approche directe et intime de ce portrait ».

C. Portrait de Monsieur 0live, trésorier des États de Bretagne, et de sa famille, par Marie-Geneviève Bouliard (Paris, 1763 – Château d’Arcy, 1825), 1791 ou 1792, huile sur toile.

« Les États de Bretagne s’assemblaient à partir de 1632 tous les deux ans, le plus souvent en hiver, après les récoltes et principaux travaux agricoles. Comme tous les états provinciaux, ceux de Bretagne comportaient en 1755 un nombre fixe de cent quatre sièges. Le vote se faisait par ordre et non par tête, chaque ordre ayant une voix. Aux représentants de la province s’unissait une vingtaine de commissaires du roi. Dans l’intervalle entre les assemblées, divers agents et organes assuraient l’exécution des décisions prises, dont le trésorier ».

Cartel de l’œuvre. « Ce portrait collectif n‘insiste pas sur le statut social du trésorier Olive, mais sur la représentation du bonheur conjugal et familial. Ceci illustre la nouvelle approche de l’éducation et de la place des enfants au sein de la famille, en écho aux écrits de Jean-Jacques Rousseau.

La carrière de Marie-Geneviève Bouliard, élève de Joseph Duplessis, témoigne de l’importance grandissante des femmes artistes à la fin du 18ème, comme Elisabeth Vigée Le Brun ».

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