Strasbourg.10 peintures du 18ème

Exposition temporaire. Peintures européennes des 17, 18 et 19ème siècles du Musée des Beaux-arts, du 18 août 2021 au 14 février 2022.

Cette exposition est riche et, de ce fait, se trouve un peu à l’étroit dans la Galerie Heitz du Palais Rohan. Mais il y a un avantage certain à ces regroupements rapprochés : les tableaux sont disposés à hauteur de visage.

10 tableaux du 18ème européen : un diaporama de 44 photos.

Pour aller plus loin : la peinture française du 18ème siècle

1. La Belle Strasbourgeoise de Nicolas de Largillière. Cette toile a été présentée dans la chronique d’hier, Largillerre et ses 4 500 portraits

Détail du tableau. Cliquer sur les images pour les agrandir

2. Dernière acquisition du musée. Louis de Boullogne le Jeune (1654-1733), Le Triomphe de Galatée, peint vers 1700, huile sur toile, 72 x 103 cm. Notice du Musée.

Détail du tableau

« Louis de Boullogne est un artiste fascinant, dont la vie et l’œuvre se situent entre les grands décors du château de Versailles dirigés par Charles Le Brun et la « génération de 1700 » (comprenant Boucher et Chardin) qui incarne le Siècle de Louis XV…

Fils d’un bon peintre, Louis entreprit, comme son frère Bon, la même carrière. Il compléta sa formation à l’Académie de France à Rome et dès son retour fut employé à Versailles. Reçu en 1681 à l’Académie royale de Peinture et de Sculpture, son talent lui permit de recevoir tous les honneurs jusqu’à être nommé Premier Peintre de Louis XV et même anobli…

Le sujet est tiré des Métamorphoses d’Ovide. On voit à gauche le cyclope Polyphème qui tomba amoureux de Galatée représentée triomphante sur les mers, sur une conque tirée par un dauphin et entourée de naïades, putti et tritons. L’artiste a choisi de ne pas représenter Acis, rival malheureux de Polyphème.

Un tableau sur ce sujet fut exposé par l’artiste aux Salons de 1699 puis de 1704. Il est préparé par un important dessin préparatoire conservé au Louvre ».

3. François Boucher (1703-1770). Béthuel accueillant le serviteur d’Abraham, vers 1725, Huile sur toile, 100 x 83 cm. Notice du musée.

« Boucher est considéré comme un des géants de la peinture française du XVIIIe siècle. Il fut le peintre préféré de Madame de Pompadour et des fastueux financiers de son temps. Il eut tous les honneurs académiques, finissant sa carrière comme Premier Peintre de Louis XV en 1765.

D’après le texte de la Genèse, Abraham cherchait une jeune femme digne d’épouser son fils unique Isaac. Il envoya donc son serviteur Eliezer vers Béthuel, père de Rébecca. Le moment représenté est celui où le mariage est accepté par le père de Rébecca et où les servantes admirent les bijoux donnés à la jeune fille. Ces textes bibliques offraient l’intérêt de représenter des scènes orientales rustiques et très pittoresques.

Boucher a sans doute regardé les œuvres des Vénitiens (dont Véronèse et Ricci) et s’est inspiré de leur style enlevé et très coloré. Mais bien française est la manière de traiter le sujet un peu solennellement et de conserver une certaine réserve dans la touche. Dans cette peinture, une des premières œuvres du style rococo français, se ressent ainsi le souvenir de l’art maniériste de l’école de Fontainebleau, celui des peintres au service de François Ier« .

4. Giandomenico Tiepolo (1727-1804). La Vierge en gloire avec Saint Laurent et Saint François de Paule, Huile sur toile, 220 x 119 cm.

Détail. Le gril, instrument du martyre de Saint Laurent

« Ce grand tableau ornait au XVIIIe siècle l’autel principal de l’église de Campolongo al Torre, petite ville du Frioul au nord-est de Venise. Au XIXe siècle, il fut vendu afin de subvenir aux frais de reconstruction du campanile et, vers 1895, acheté par le musée des Beaux-Arts de Strasbourg chez un marchand de Florence.

Il était alors attribué à Giambattista Tiepolo, le plus célèbre des peintres italiens du XVIIIe siècle. À cette époque, on confondait souvent l’œuvre de ce peintre avec celle de son fils Giandomenico, au style très proche, et l’on attribuait volontiers les plus beaux tableaux au père. Ce n’est qu’au cours des dernières décennies que les historiens d’art ont pu départager les œuvres de l’un et de l’autre, mettant en lumière l’originalité et la grandeur de l’art de Giandomenico et lui rendant nombre d’œuvres importantes parmi lesquelles le tableau de Strasbourg ».

L’Immaculée Conception avec saint Laurent et saint François de Paule

« Le tableau représente Marie, mère de Jésus comme l’ Immaculée , apparaissant à Saint Laurent , qui la regarde, et à François de Paule , qui regarde le spectateur en pointant sa main gauche vers l’apparition. En raison de sa virtuosité flamboyante et de son expressivité, on a longtemps pensé que l’œuvre avait été peinte par le père de Giovanni Domenico, Giovanni Battista, mais depuis 1939, il est accepté comme un chef-d’œuvre précoce par le jeune Tiepolo. En raison des ressemblances stylistiques avec les peintures de Giovanni Battista, on pense qu’il a été peint peu de temps après sa mort, c’est-à-dire 1770, lorsque Giovanni Domenico portait encore le manteau de son père tout en commençant à développer son propre style, plus réaliste et même naturaliste (ici visible dans la corbeille en trompe-l’œil au bord inférieur du tableau).

Le tableau fut acheté en 1898 par Wilhelm von Bode au marchand d’art florentin Elia Volpi, et entra dans les collections en 1900″.

5. Jean-Baptiste Siméon Chardin. Nature morte, 1756, Huile sur toile.

« Jean Siméon Chardin, né à Paris  le 2 novembre 1699 et mort dans la même ville le 6 décembre 1779. Il est considéré comme l’un des plus grands peintres français et européens du XVIIIe siècle. Il est surtout reconnu pour ses natures mortes, ses peintures de genre et ses pastels.

Chardin se consacre à nouveau à la nature morte depuis 1748.. Les sujets en sont très variés : gibier, fruits, bouquets de fleurs, pots, bocaux, verres… Il semble s’intéresser davantage aux volumes et à la composition qu’à un vérisme soucieux du détail, voire des effets de trompe-l’œil. Les couleurs sont moins empâtées. Il est plus attentif aux reflets, à la lumière ».

Pierre Rosenberg : En un premier temps, l’artiste peint par larges touches qu’il dispose côte à côte sans les fondre entre elles (…) ; après avoir pendant quelques années, vers 1755-1757, multiplié et miniaturisé les objets qu’il éloigne du spectateur, tenté d’organiser des compositions plus ambitieuses, il accordera une place de plus en plus grande aux reflets, aux transparences, au « fondu »; de plus en plus ce sera l’effet d’ensemble qui préoccupera l’artiste, une vision synthétique qui fera surgir d’une pénombre mystérieuse objets et fruits, résumés dans leur permanence.

6. Joseph-Marie Vien (Montpellier, 1716 – Paris 1809), La Vertueuse athénienne, 1762, huile sur toile

Détail

« Élève de Natoire, languedocien comme lui, Vien remporta le grand prix en 1743 et partit l’année suivante pour Rome, où il resta jusqu’en 1750. Fortement influencé par J.-F. de Troy, alors directeur du palais Mancini, il donna quelques tableaux hérités du style de ce dernier et de celui des maîtres bolonais (Guerchin). 

Vien fut agréé en 1751 et reçu académicien en 1754 (Dédale et Icare). C’est vers la fin des années 1750 qu’il rompit brusquement avec la tradition rococo d’un Boucher (mort en 1770) et s’orienta vers un nouveau style, qui devait déterminer la peinture française pour de nombreuses années.

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