1745. Fontaine des Quatre-saisons

Edme Bouchardon (1698-1762), Fontaine des Quatre-saisons (1739-1745), Paris, 57 et 59 rue de Grenelle.

Quatrième chronique d’Histoires d’universités sur Edme Bouchardon, sculpteur du roi (cf. ci-dessous : partie C).

Diaporama de 23 photos. Comme on peut le constater, le monument n’est guère entretenu : les sculptures des deux fleuves placés de chaque côté de Paris, au centre du monument, sont abimées ; de la végétation s’introduit dans les fissures. Les putti des bas-reliefs sont recouverts d’une couche de pollution grise. Cette fontaine, la plus coûteuse en son temps, est aujourd’hui indigne de Paris. Quand son ravalement est-il prévu ?

A. Source 1. Extraits de l’article de Wikipédia : Fontaine des Quatre-saisons (1739-1745)

« Édifiée sur un terrain donné par le couvent des Récolettes, la fontaine a fait l’objet d’un marché public passé le 1739. La construction représenta un très grand chantier entrepris par la Ville de Paris, sous la responsabilité de Michel-Étienne Turgot, prévôt des marchands et père du ministre de Louis XVI. Elle était destinée à procurer de l’eau au quartier mais aussi à être un monument commémoratif en l’honneur du roi Louis XV. Son coût a été considérable (plus de 139 000 livres). Le maître d’œuvre et l’ensemble de son décor sculpté sont confiés à Edme Bouchardon. Les travaux sont terminés en 1745.

L’importance du projet dans une si étroite rue suscita des réactions dont celle de Voltaire dans une lettre au Comte de Caylus en 1739 dans laquelle il raille le gigantisme et la prétention du projet pour un si petit service rendu. Cependant Michel-Étienne Turgot fut très satisfait du travail de Bouchardon et lui fit accorder une pension annuelle de 1500 livres.

La fontaine des Quatre-Saisons, nommée ainsi tardivement en raison des quatre bas-reliefs et des quatre statues représentant les saisons qui la décorent, est une fontaine unique à Paris de par son ampleur, son décor et son architecture. Elle se présente comme une façade de palais de style classique d’une dizaine de mètres de hauteur et qui se développe sur près de vingt mètres au long de la rue de Grenelle »…

B. Le chantier de la fontaine des Quatre-Saisons par Dominique Massounie, Livraisons de l’histoire de l’architecture, 16 | 2008, Openedition.

« L’histoire de la fontaine des Quatre-Saisons est sans conteste l’épisode le plus prestigieux de la carrière du sculpteur qui en réalisa le décor, Edme Bourchardon, qualifié par la Ville, le commanditaire de ce monument royal d’un nouveau genre, de Phidias moderne. L’exceptionnelle qualité des rondes-bosses du corps central et des niches latérales ainsi que des bas-reliefs a relégué au second plan l’étude de la construction de l’édifice dont les dimensions et le coût le classent également parmi les exceptions.

Les archives du bureau de la Ville et les archives notariales nous permettent de comprendre dans quelles circonstances il a vu le jour. Elles nous renseignent sur l’achat des terrains, celui des marbres statuaires et des pierres de Tonnerre, sur les émoluments de l’artiste, la nature des ouvrages de maçonnerie, le prix des mascarons de bronze et la rémunération de l’inspecteur des travaux.

Si la qualité des ouvrages est parfaitement connue, le coût global de la construction ne peut qu’être l’objet d’une estimation. En effet, le marché passé le 3 juin 1739 avec Jacques Mégrelin, sur la base du devis rédigé par Jean-Baptiste-Augustin Beausire, comporte uniquement le prix de la toise fixé pour chacun des ouvrages. En l’absence du toisé, est-il possible d’évaluer la dépense ? Elle a été considérable puisque ce chantier s’élevait déjà, hors paiements des ouvrages de maçonnerie et de plomberie, à plus de 139 000 livres. Elle fait de ce monument public, à la fois fontaine et monument commémoratif, vraisemblablement l’édifice le plus coûteux jamais construit pour l’embellissement des villes à l’époque moderne.

Entre 1739 et 1745, Edme Bouchardon, sculpteur du roi, travaille à la réalisation du décor de la nouvelle fontaine du faubourg Saint-Germain.

En 1902, dans un article consacré à l’édifice, Alphonse Roserot expliquait le caractère exceptionnel de cette commande par l’amitié qui liait à l’artiste le commanditaire, le prévôt des marchands Michel-Étienne Turgot, et par l’attention que le cardinal de Fleury, premier ministre, auteur de l’inscription du frontispice, porta à l’érection de ce monument. Ce chantier se signalait effectivement déjà par la qualité des acteurs, commanditaire et artiste, mais aussi par l’intérêt qu’il suscita, jusqu’aux plus hautes sphères du pouvoir.

Le troisième traité de Vienne, signé le 18 novembre 1738, qui mettait fin à la guerre de succession de Pologne, inspira sans doute une modification du programme. L’événement est signalé sur la table de marbre noir qui surmonte la figure de la Ville.

Deux des dispositions de ce traité :

  • L’Électeur de Saxe, devenu en 1733 roi de Pologne sous le nom d’Auguste III, est maintenu sur le trône de Pologne, son rival Stanislas Lezczyński, aussi élu en 1733, abandonnant toutes ses prétentions, tout en conservant le titre de roi de Pologne.
  • En dédommagement, Stanislas reçoit les duchés de Lorraine et Bar à titre viager ; à sa mort, ils seront réunis au royaume de France (ce qui surviendra en 1766).

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