Marseille, 1720. L’abattoir et la peste

Marseille, 1720. L’abattoir et la peste. La chronique d’aujourd’hui est la seconde chronique du blog sur l’épidémie de peste de 1720 à Marseille. La première datait du 19 mai 2020 : 1720, la peste arrive à Marseille.

Bernard Carrière, ancien président de l’université Louis Pasteur, Strasbourg, m’a par ailleurs signalé l’ouvrage écrit par son père, professeur à l’Université de Provence : Charles Carrière, Marcel Courdurié, Ferréol Rebuffat, Marseille ville morte : la peste de 1720, Éditions Jeanne Laffitte, réédition 2016. Compte-rendu de l’ouvrage dans la Revue d’Histoire de la Pharmacie.

A. Extraits de Chroniques de la peste, 1720, Musée d’Histoire de Marseille.

« La peste de 1720 est la dernière grande épidémie de ce type en France. Elle se déclare à Marseille avec l’arrivée du Grand Saint-Antoine le 25 mai 1720 (navire marseillais qui revient des Échelles du Levant). Le fléau s’étend au terroir puis gagne la Provence. À Marseille, environ la moitié de la population est décimée. Trois cents ans après, il apparaît incontournable de revenir sur ce tragique évènement qui marque encore la mémoire collective.

Les trois auteurs, cités ci-dessous, ont vécu en ville durant la peste et y ont survécu.

Jean-Baptiste Bertrand (1670-1752) était un médecin marseillais célèbre en son temps et il fut l’un des fondateurs de l’Académie de Marseille. Son récit s’achève en juin 1721 et comprend des observations médicales relatives aux pestiférés qu’il a soigné. La relation de Bertrand vise à rendre une place honorable aux médecins marseillais et à contester l’action des médecins de Montpellier.

  • Bertrand (Jean-Baptiste), Relation historique de la peste de Marseille en 1720, J. Mossy éditeur, Amsterdam, 1779, 439 p. ; in-12.

Le Père Paul Giraud, Trinitaire Réformé, qui fut Ministre du couvent et Provincial de l’Ordre, a écrit la relation la plus longue et la plus détaillée. Transcrit par Fleur Beauvieux, Docteur ès Lettres, titulaire d’une thèse d’histoire relative à la peste, il sera prochainement publié.

  • Giraud (Paul), Journal historique de ce qui s’est passé en la ville de Marseille et son terroir, à l’occasion de la peste, depuis le mois de mai 1720 jusqu’en 1723, Manuscrit de la BMVR de Marseille, fonds patrimoniaux, Ms 1411, folios 144-348. 

Nicolas Pichatty de Croissainte, avocat, procureur du roi de la police, Conseil orateur de la Communauté durant la peste, publia dès 1720 un texte très bref et ultérieurement remanié par les soins du censeur royal. Cette source officielle, émanant du pouvoir local en charge de la gestion de l’épidémie, a pour but prioritaire de justifier l’action des échevins.

  • Nicolas Pichatty de Croissainte, Journal abrégé de ce qui s’est passé en la ville de Marseille depuis qu’elle est affligée de la contagion, Paris, chez Henry Charpentier et Pierre Prault, 1721.

B. Le cuir de la Tuerie, vecteur de propagation du mal.

Extraits. « La tuerie, c’est-à-dire l’abattoir de la ville, fut une source de préoccupation sérieuse durant l’épidémie. Elle était située à l’intérieur de l’enceinte urbaine, à l’ouest de la Porte de la Joliette, sur le promontoire du Cap Titol, c’est-à-dire d’une part, à proximité immédiate des bergeries par où, arrivaient du nord les moutons et, d’autre part, des tanneries et autres manufactures qui étaient le débouché de leurs sous-produits.

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