Paris, 18ème. Enseignes de boutiques

Paris, 18ème siècle. Enseignes de boutiques.

Parcours historique dans les 31 salles du Musée Carnavalet qui concernent le 18ème siècle. Dans certaines, ont été remontées des boiseries et apportés des plafonds peints. Les regroupements et subdivisions majeurs pour la période sont les suivants : Paris de 1715 à 1740, Paris de 1751 à 1788, Claude Nicolas Ledoux (chronique de ce blog), Paris au siècle des Lumières.

Diaporama de 33 photos (Pierre Dubois, 24 septembre 2021).

A. Histoire du musée Carnavalet / Histoire de Paris, le plus ancien musée de la Ville de Paris. « Il ouvre au public le 25 février 1880. Il est aujourd’hui composé de deux hôtels adjacents dans le quartier historique du Marais.

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Au 23 rue de Sévigné, l’Hôtel des Ligneris (dit Carnavalet) est, avec la Cour carrée du Louvre, l’un des rares témoins de l’architecture de l’époque Renaissance à Paris. Construit au milieu du 16e siècle (1548-1560) pour Jacques des Ligneris, président au parlement de Paris. À partir de 1660, le célèbre architecte François Mansart surélève le porche de l’hôtel et crée deux nouvelles ailes.

Au 29 rue de Sévigné, l’Hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau est construit entre 1688 et 1690, sur les plans de Pierre Bullet (1639-1716), architecte du Roi et de la Ville, pour le compte de Michel Le Peletier de Souzy (1640-1725).

En octobre 2016, le musée a fermé au public pour engager un grand chantier de rénovation, mené par l’architecte en chef des Monuments historiques François Chatillon« .

Après plus de 4 années de travaux, le Musée est ré-ouvert. Source : extraits du site : Le nouveau Musée.

« Les donations constituent le mode d’acquisition principal. Depuis la création du musée, des dizaines de milliers de donateurs ont ainsi contribué à la constitution et l’enrichissement des collections,

Le musée rassemble plus de 625 000 œuvres, de la préhistoire à nos jours. Peintures, sculptures, maquettes, enseignes, dessins, gravures, affiches, médailles et monnaies, objets d’histoire et de mémoire, photographies, boiseries, décors et pièces de mobilier.

Escalier de l’ancien Hôtel de Luynes, élevé en 1660-1661 par l’Architecte Pierre Le Muet pour la duchesse de Chevreuse. Première grande demeure de la rue Saint-Dominique, cet hôtel reçoit en 1747 un imposant décor pour son escalier. Paolo Antonio Brunetti (1723-1783), spécialiste de la perspective, y déploie une architecture en trompe-l’œil animée d’une élégante assemblée, incarnant les thèmes de l’amour et de la musique.

B. Visite des salles concernant le 18ème siècle (Source : citations des cartels à l’entrée de certaines salles).

« Enseignes parisiennes. La première salle des enseignes du musée est inaugurée le 4 juillet 1914 ; elle remporte un succès public immédiat. La commission du Vieux Paris a joué un rôle important dans les acquisitions, signalant au musée les enseignes pittoresques menacées de disparition. Une majorité d’entre elles provient de la rive droite de la Seine, où l’activité marchande était plus largement implantée.

L’enseigne placée en devanture d’un commerce a pour fonction de le signaler ; elle facilité aussi le repérage dans la ville, à une époque où les adresses ne sont pas encore individualisées. Tout au long du 18ème siècle, des dispositions successives fixent les dimensions, la hauteur et la pose, saillante ou non, des enseignes.

Peintes, sculptées, forgées ou émaillées, les enseignes peuvent être composées en différents matériaux : pierre, bois, plomb, fer, toile, céramique… Leurs formes, couleurs et messages sont variés. Leurs thèmes montrent également une grande diversité, évoquant un roi, portant le nom d’une ville, d’un saint, figurant un animal, un personnage, un symbole. Certaines indiquent clairement le type de commerce, tandis que d’autres sont présentées sous formes de devinette ou de rébus. Un corps de métier concentré dans une rue peut lui donner son nom.

Les noms des rues étaient parfois inscrits sur des plaques, mais celles-ci ne sont devenues obligatoires à Paris qu’à partir du 30 juillet 1729″.

C. Enseignes à travers les âges : fruits d’une inspiration goguenarde égayant maisons et rues. Source. Extraits d’après Le Petit Journal. Supplément du dimanche, paru en 1914.

« Même, la fureur des grandes enseignes parlantes prend à cette époque un développement considérable. Chacun veut avoir une enseigne plus volumineuse que celle de son voisin. Et tous ces attributs gigantesques qui se balancent en avant des maisons, au bout de longues potences, ne vont pas sans quelques inconvénients.

Si bien qu’au XVIIIe siècle, le lieutenant de police Antoine de Sartine (1759-1774) se résolut à mettre ordre à cet abus. Par ordonnance de 1766, il prescrivit la suppression de ces potences menaçantes et ordonna que les enseignes seraient dorénavant appliquées en tableaux sur les murs, scellées de plâtre et cramponnées en haut et en bas. Le pittoresque y perdit, mais la sécurité des passants y gagna.

Mercier, dans son Tableau de Paris, a applaudi à cette réforme. Les enseignes, écrit-il, sont maintenant (1780) appliquées contre le mur des maisons et des boutiques ; au lieu qu’autrefois elles pendaient à de longues potences de fer ; de sorte que l’enseigne et la potence, par les grands vents, menaçaient d’écraser les passants dans les rues. Quand le vent soufflait, toutes ces enseignes, devenues gémissantes, se heurtaient et se choquaient entre elles ; ce qui composait un carillon plaintif et discordant… De plus, elles jetaient, la nuit, des ombres larges qui rendaient nulle la faible lueur des lanternes.

Ces enseignes avaient pour la plupart un volume colossal, et en relief. Elles donnaient l’image d’un peuple gigantesque, aux yeux du peuple le plus rabougri de l’Europe. On voyait une garde d’épée de six pieds de haut, une botte grosse comme un muid, un éperon large comme une roue de carrosse, un gant qui aurait logé un enfant de trois ans dans chaque doigt, des têtes monstrueuses, des bras armés de fleurets qui occupaient toute la largeur de la rue. La ville, qui n’est plus hérissée de ces appendices grossiers, offre pour ainsi dire, un visage poli, net et rasé.

Et Mercier termine son article par un brillant éloge d’Antoine de Sartine, qui supprima impitoyablement le pittoresque des enseignes à potence. D’ailleurs, dès cette époque, les rues portaient des noms inscrits sur des plaques de tôle à toutes les encoignures ; de ce fait, les enseignes étaient moins indispensables qu’auparavant. Mais les maisons n’étaient pas encore numérotées. Une ordonnance de 1768 avait bien prescrit ce numérotage, mais les habitants n’en avaient guère tenu compte ; et ce n’est qu’à la fin du XVIIIe siècle que, dans les voies les plus importantes de la capitale, les maisons portèrent régulièrement des numéros ».

D. La boutique à Paris au XVIIIe siècle

Source. Extraits de Natacha Coquery, La boutique à Paris au XVIIIe siècle, Histoire, Université Paris I Panthéon Sorbonne, dossier en vue de l’obtention d’une habilitation à diriger des recherches, 26 juin 2006.

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