Beaumarchais l’insolent (1732-1799)

Le Musée Carnavalet / Histoire de Paris consacre une salle à Pierre-Augustin Caron, né en 1732. Celui-ci prendra le nom De Beaumarchais en 1756. Partisan de la Révolution, il s’exilera cependant sous la Terreur, avant de revenir à Paris. Il mourra en 1799, dans la gêne. Il avait 67 ans.

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Beaumarchais en 1773, eau-forte d’Augustin de Saint-Aubin

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S’appuyant sur les œuvres du Musée, cette chronique n’évoque que certaines des périodes de la vie de Beaumarchais : A. L’horlogerie. B. L’opéra Tarare (1787), C. L’Hôtel particulier proche de la Bastille, confié de 1787 à 1789 à l’architecte Lemoine le Jeune.

Se référer à l’article de Wikipédia pour une biographie complète. Beaumarchais l’insolent est La référence filmique pour une biographie fondée sur des faits réels. Comédie d’Édouard Molinaro, en 1996, Fabrice Luchini jouant avec brio le rôle de Beaumarchais. Bande annonce du film (1’52). Musique originale (2’40). Film à la demande (VOD).

A1. Beaumarchais et l’horlogerie. Source : extraits de Wikipédia

« Pierre-Augustin, après des études dans une école d’Alfort de 1742 à 1745, entre en apprentissage dans l’atelier paternel à l’âge de 13 ans. Il donne du fil à retordre à son père, qui le chasse quelque temps de la maison familiale, mais finit par devenir un artisan compétent, puisqu’il invente, en 1753, un nouveau mécanisme d’échappement, dit « à hampe » ou « à double virgule » (peu utilisé aujourd’hui du fait des problèmes de frottement) ; ce sera l’occasion d’une première controverse : l’horloger du Roi Jean-André Lepaute s’attribue l’invention et Beaumarchais doit faire appel à l’Académie des sciences pour que lui soit reconnue la propriété de l’invention. Il devient fournisseur de la famille royale. Il ne tarde toutefois pas à abandonner l’horlogerie ; Jean-Antoine Lépine qui le remplace dans l’atelier paternel, devait épouser sa sœur Fanchon et devenir l’associé en 1756, puis le successeur d’André-Charles Caron.

Il prend le nom de Beaumarchais en 1756. Il épouse Madeleine Catherine Aubertin, de dix ans son aînée. La mort de celle-ci, un an plus tard, marque le début d’une longue série de conflits juridiques ».

A2. Bibliothèque Nationale de France (BNF), Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers. Article Horlogerie, réveil à poids.

« Pierre-Augustin Caron apprend le métier auprès de son père, grand horloger parisien. Ingénieux, il invente à 21 ans un nouveau système qui améliore l’exactitude des horloges (c’est l’échappement à double virgule). Or Jean-André Lepaute, horloger du roi, s’en attribue le mérite dans Le Mercure de France. Pierre-Augustin Caron lui intente un procès, fait appel à l’Académie des sciences et obtient gain de cause.

Il est maintenant connu à la Cour et nommé Horloger du roi.

Horloge de Caron / Beaumarchais

En 1759, faveur insigne, il est nommé professeur de harpe de Mesdames, les quatre filles du roi Louis XV, qui résident à la cour.

Il perfectionnera par la suite le mécanisme des pédales de harpes« .

A.3. Musée Carnavalet, Harpe à pédales. Jean-Henri Naderman (1734-1799)

« Originaire de Westphalie, Jean-Henri Naderman s’installe à Paris dès 1762. Luthier, éditeur et marchand de musique à partir de juin 1773, il devient luthier ordinaire de Madame la Dauphine puis luthier de la Reine. Naderman fait preuve d’un sens artistique développé qui le démarque de ses confrères. Il produit un type de harpe à l’ornementation sculptée, peinte, vernie ou dorée, d’un grand raffinement, qui dès lors fait de la harpe un objet de luxe et un élément décoratif important de l’ameublement des maisons élégantes ».

A.4. Beaumarchais, aventurier, espion… et avant tout horloger, par Judikael Hirel, Le Figaro, 3 septembre 2019.

« Avant d’être auteur à succès, éditeur, espion, créateur des droits d’auteur, Pierre-Augustin Caron, devenu de Beaumarchais par la suite, était avant tout horloger et fils d’horloger. Le seul garçon d’André-Charles Caron et de Louise Pichon naît en 1732, et son destin semble tout tracé : prendre la relève de cette lignée d’horlogers huguenots. Son père, maître horloger, abjure le protestantisme en 1721. Mais c’est surtout, plus que cette conversion forcée, son invention de la première montre squelette que l’histoire horlogère a retenue.

Vers 1760, sans doute inspiré par la pensée des Lumières, il imagine que les amateurs de garde-temps aimeraient en découvrir les arcanes, être éclairés sur leur fonctionnement. Il a alors l’idée d’en dévoiler les rouages complexes via une montre squelette, permettant d’admirer la complexité du mouvement. C’est finalement à Jean Antoine L’épine, qu’il forme au métier d’horloger et deviendra son gendre, qu’il s’associe, et non à son fils. Ce sera un disciple talentueux puisqu’il contribuera à affiner les montres en inventant le calibre qui porte son nom, et que ses complications horlogères feront de lui l’horloger du Roi Louis XV, à qui il présentera une montre astronomique associant équation du temps et quantième perpétuel.

Dépossédé de son invention par… l’horloger du Roi. Pour autant, en tant qu’horloger, Pierre Augustin Carton n’était pas, lui non plus, dénué de talent. Entré en apprentissage chez son père dès ses 13 ans, il invente en 1753, un nouveau mécanisme d’échappement, dit à hampe ou à double virgule, améliorant la précision des montres. Une invention qui le portera jusqu’à la cour, pour ne pas s’être laissé faire, malgré son âge : quand l’horloger du Roi en personne, Jean-André Lepaute s’attribue son invention, le jeune homme de 20 ans ne se laisse pas déposséder et en appelle à l’Académie des Sciences. Non seulement cette découverte horlogère lui est attribuée, mais il devient ainsi fournisseur de la famille royale. En 1755, il remplace même Lepaute comme horloger du Roi.

Son ascension sociale commence, mais ce n’est pas à ses montres, plutôt à sa musique puis à ses mots que celui désormais nommé Beaumarchais la devra : Qu’étais-je donc? Je n’étais rien que moi, et moi tel que je suis resté, libre au milieu des fers, serein dans les plus grands dangers, faisant tête à tous les orages, menant les affaires d’une main et la guerre de l’autre, paresseux comme un âne et travaillant toujours ; en butte à mille calomnies, mais heureux dans mon intérieur, n’ayant jamais été d’aucune coterie, ni littéraire, ni politique, ni mystique, n’ayant fait de cour à personne, et partant repoussé de tous. Un homme libre, qui survivra à la Terreur, mort à Paris en 1799, maître en son temps du temps comme du en même temps« .

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