Ch. de Saxe, princesse et abbesse

Christine de Saxe, princesse et abbesse. Née en 1735, elle est la fille de Frédéric Auguste III, électeur de Saxe et roi de Pologne. Venue en France en 1762, elle entre au chapitre noble de Remiremont en 1763 et en est élue abbesse en 1773. En 1779, elle achète la maison du 27 rue des Juifs à Strasbourg. Elle meurt à Brumath en 1782.

Hôtel de Saxe : diaporama de 21 photos.

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A. Biographie résumée. Citations de Christian Wolff (1985), Christine de Saxe, Princesse de Saxe, Varsovie (12. 2. 1735 – Brumath, 19. 11. 1782).

« Fille de Frédéric Auguste III, électeur de Saxe et roi de Pologne, et de Marie Josèphe de Habsbourg, archiduchesse d’Autriche. Sœur de la dauphine Marie Josèphe, tante de Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.

1762. Venue en France, elle entra grâce à Louis XV au chapitre noble de Remiremont en 1763, mena cependant grande vie et fut élue abbesse en 1773.

1775. Elle quitta Remiremont pour louer le château de Brumath qu’elle habita dès lors en été, séjournant en hiver à Strasbourg dans l’hôtel qu’elle avait acquis au 27, rue des Juifs.

Sa présence contribua beaucoup au développement de la vie de cour et des salons en Alsace sous Louis XVI.

Infirme de naissance, elle était dépensière, aimait la bonne chère au point de ne plus pouvoir marcher seule, mais son embonpoint ne l’empêchait pas de monter à cheval et de se livrer avec passion à la chasse, qu’elle allait pratiquer jusqu’à Porrentruy, chez le prince-évêque de Bâle, Frédéric de Wangen.

Le château de Brumath, où elle reçut nombre de grands personnages, en particulier son cousin le Maréchal de Saxe, ne fut plus habité après sa mort. Il devint en 1804 l’actuelle église protestante ».

B. Christine de Saxe et son Hôtel du 27 rue des Juifs. Source : citations de la notice érudite des Maisons de Strasbourg. La première construction est mentionnée en 1228.

« L’ancienne maison du stettmestre Henri Balthasar de Kippenheim (v. 1608-1679), chancelier de l’université, appartient ensuite à différentes familles nobles au service des Hanau (Geiling d’Altheim puis Buch) avant qu’un banquier strasbourgeois ne l’achète en 1765. Il a l’intention d’y faire des travaux d’après la demande qu’il présente aux directeurs du bâtiment mais l’affaire n’aura pas de suite. C’est jusqu’alors, comme sa voisine à l’est, une maison à encorbellement dont le prix de vente augmente lors des transactions successives.

1767. Le capitaine Claude Marie Rend de Purgerot de Wardener fait entièrement reconstruire la maison comme en témoignent les demandes que présente le maître maçon Georges Michel Müller.

Mardi 10 février 1767. Le maître maçon Georges Michel Müller demande l’autorisation de faire un balcon à la maison que M. Purgerot vient d’acheter au sieur Ritzhaub rue des Juifs. Décision, refus.
Mercredi 22 avril 1767. Visite des lieux rue des Juifs à la maison de M le stettmestre d’Oberkirch qui a un pignon commun avec la maison de M. Purgerot. Une poutre qui soutient l’encorbellement de M le stettmestre se trouve au premier étage de ce pignon que M. Purgerot croit avoir le droit de couper pour moitié. Comme M le stettmestre est depuis un temps immémorial en possession de cette poutre et que suite à sa visite le Petit Sénat a jugé que M. Purgerot était certes autorisé à couper sa part de mur commun mais sans porter dommage ni préjudice à la maison de M le stettmestre, celui-ci estime qu’il y a lieu de rejeter la demande et de lui assurer la paisible possession de ladite poutre. Décision, comme la demande n’est pas du ressort des Directeurs du bâtiment, elle sera portée devant le juge compétent. Les préposés laissent cependant M le stettmestre seul juge, à son titre de préposé général du bâtiment, du préjudice que pourrait subir l’encorbellement si la poutre était endommagée.

Mardi 28 avril 1767. Georges Michel Müller au nom de M. Purgerot. Le maître maçon Georges Michel Müller demande l’autorisation de placer quelques étais sous l’encorbellement de la maison qui appartient à M le stettmestre d’Oberkirch rue des Juifs. Il est en effet le maître d’œuvre de M. Purgerot chargé de couper pour moitié une poutre qui repose sur le mur commun aux deux maisons et qui soutient ledit encorbellement, ce qui pourrait l’exposer à un grand danger s’il n’était pas étayé. Décision, on invite le demandeur à prendre patience le temps de réunir davantage d’informations à ce sujet.

1779. La maison, achetée 5 250 livres strasbourgeoises en 1767, est revendue pour la somme de 13 750 livres en 1779 à Christine de Saxe, abbesse de Remiremont qui a longtemps passé pour la commanditaire. Elle possède non seulement la maison (27 rue des Juifs) mais aussi celle dans la rue des Charpentiers (actuel n° 17) qui communiquent par leur partie arrière.

Les transformations que Christine de Saxe apporte ne semblent pas modifier la maison elle-même, comme en témoigne le prix de vente de 1784 (12 750 livres) inférieur de mille livre à celui de 1779, d’autant qu’une partie de la cour de la maison rue des Charpentiers échoit à celle de la rue des Juifs lors du partage des maisons.

1784. Après la mort de Christine de Saxe en 1782, l’abbaye de Neubourg, près de Pfaffenhoffen, acquiert la maison pour remplacer son pied-à-terre de Strasbourg, jusqu’alors situé rue Sainte-Elisabeth.

1792. Particulièrement bien décrite lors de sa vente comme bien national, la maison échoit à Wolff Levy, un des gendres de Cerf Beer, préposé de la nation juive d’Alsace.

1806. Vendue par adjudication forcée à un agent de change insolvable, Jean Philippe Nerking, elle revient en 1806 à Louis Champy, maître des forges de Framont près de Schirmeck ».

1859. Elle entre ensuite dans la famille du médecin Joseph Auguste Bach et appartient depuis la fin de la Première Guerre mondiale à une Fondation diocésaine.

C. 27 rue des Juifs. Ancien hôtel Purgerot de Wardener dit hôtel de Saxe. Source : citations de l’article du Dictionnaire des monuments historiques d’Alsace, pp. 536-537.

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