Ch. de Saxe, princesse et abbesse

« L’hôtel a longtemps passé pour avoir été construit en 1779 à la demande de Christine de Saxe, abbesse des Dames Nobles de Remiremont. En réalité, l’ancienne maison située à cet emplacement avait été acquise par le capitaine Claude-Marie Rend de Purgerot de Wardener en 1767 pour être remplacée par une construction neuve entreprise à la même année. Les travaux furent confiés à Georges Michel Muller qui demeurait à proximité.

Dès 1779, les Wardener vendent leur hôtel à la princesse de Saxe qui venait déjà de racheter l’hôtel des Waldner de Freundstein situé 17 rue des Charpentiers vers 1776. Implantées dans deux rues perpendiculaires, ces demeures communiquaient par leurs parties arrière pour ne former qu’une seule grande propriété. On pense que l’architecte de l’évêché, François Pinot (1731-1801), fut chargé des travaux d’aménagement qui s’étendirent aux intérieurs.

Trois ans après le décès de Christine de Saxe au château de Brumath (1782), l’abbaye de Neubourg installe ici son pied-à-terre strasbourgeois jusqu’à la Révolution.

De plan presque rectangulaire, le corps de logis principal sur rue se prolonge de deux ailes en retour sur la cour, d’inégale largeur et plus basses d’un étage. Entièrement parementée de grès rose, la façade principale, symétriquement ordonnancée, reste dans l’esprit mesuré du style de la Régence strasbourgeoise en dépit d’une date tardive. Sur trois étages couverts d’un toit brisé, neuf travées se répartissent trois par trois ; l’avant-corps central à peine saillant s’en détache à la fois par les chaînages à refends encadrant ses trois travées et par un niveau d’attique supplémentaire surmonté d’un fronton triangulaire percé d’un oculus.

Le décor sculpté se limite aux clefs de cintre harmonieusement distribuées : agrafes aux deux niveaux inférieurs et mascarons des quatre saisons aux premier et deuxième étages de l’avant-corps ; à l’étage noble, trois grilles d’appui en ferronnerie, de plan légèrement galbé, remplacent le balcon traditionnel, refusé aux Wardener en 1767.

Le portail axial, sans autre ornement qu’une arrière-voussure à refends, dessert le logis et la cour, fermés par un bâtiment bas à une époque récente.

Aux extrémités des ailes latérales, les deux beaux vases classiques en amortissement doivent remonter aux transformations opérées par Pinot à la demande de Christine de Saxe ».

D. Les mascarons de l’Hôtel de Saxe. Source : Répertoire des mascarons de Strasbourg.

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