18ème. Nattier, beau-père de Tocqué

Deux portraitistes du 18ème siècle. Jean-Marc Nattier (1685-1766), beau-père de Louis Tocqué (1696-1772).

Les lignées familiales de peintres ne sont pas rares au 18ème siècle. Jean-Marc Nattier (1685-1766) est le fils du portraitiste Marc Nattier et de la miniaturiste Marie Courtois, et frère du peintre Jean-Baptiste Nattier.

Le père de Louis Tocqué (1696-1772), peintre de portraits médiocre, destinait son fils à la même carrière que lui. Resté orphelin à l’âge de 10 ans, le jeune Louis fut recueilli par Nattier, qui lui fit faire des copies de portraits.

La lignée familiale s’élargit par une sorte d’adoption. Elle se poursuit par un mariage. Jean-Marc Nattier devient le beau-père de Louis Tocqué : celui-ci épouse sa fille aînée en 1747.

Les deux peintres ont aussi en commun d’être des portraitistes célèbres. Sous le long règne de Louis XV, ils ont obtenu régulièrement des commandes de la famille royale. Cf. les réponses au Quiz : 2 peintres et 2 portraits

Enfin, ils ont tous les deux peint l’autre.

1739. Nattier peint le portrait de Tocqué.

Source : Wikipédia. Cliquer sur les images pour les agrandir

1740. Tocqué peint Nattier.

Source : Wikipédia

Toutefois, une différence importante les a séparés en fin de vie : Nattier est mort dans la misère. Tocqué abandonna entièrement la peinture pour jouir tranquillement de la fortune que lui avaient procurée ses ouvrages.

A. Jean-Marc Nattier. Source : larges extraits de l’article de Wikipédia

« Nattier eut un talent précoce : à quinze ans il remporta le premier prix de dessin de l’Académie.

Jouvenet, son parrain, sollicita pour lui une place vacante à l’Académie de France à Rome, mais le jeune lauréat préféra rester à Paris.

1702-1704. Nattier. L’Éducation de Marie de Médicis, Estampe, Bibliothèque nationale de France, Paris. Le tout jeune Jean-Marc Nattier a obtenu l’autorisation de dessiner et de faire graver les vingt-quatre tableaux peints par Rubens entre 1621 et 1625 et représentant l’Histoire de Marie de Médicis (1575-1642). Ces tableaux retracent des épisodes de la vie de la Reine en les associant à des thèmes mythologiques.

En 1713, il fut reçu membre agréé de l’Académie. Deux ans plus tard, cédant aux instances de l’envoyé de Pierre Ier le Grand à Paris, il consentit à se rendre à Amsterdam, d’où il devait passer en Russie à la suite du tsar. il revint sur sa détermination première, et étant revenu à Paris ne put se décider à quitter son pays, la France.

Portraitiste officiel de la famille d’Orléans puis de la cour de Louis XV en 1748, il peignit tous les personnages marquants de son temps, et parmi eux le maréchal de Saxe (musée de Dresde), l’impératrice Marie-Thérèse (musée de Bruxelles), la reine Marie Leszczyńska ; mesdames Henriette et Adélaïde, filles du roi, qui figurèrent au salon de 1758.

Portrait de Marie-Adélaïde de France, fille de Louis XV, 1750-1751, musée Cognacq-Jay

Agréé en 1713, il avait été élu membre de l’Académie le 29 octobre 1718, sur la présentation d’un tableau de Phinée et ses compagnons pétrifiés par la tête de Méduse (musée de Tours).

Le 26 mars 1746, il fut nommé professeur. Mélangeant réalisme et fantaisies en insérant des personnages mythologiques dans ses œuvres, il exposa aux différents salons de 1737 à 1763 et figure aujourd’hui comme l’un des plus grands portraitistes du XVIIIe siècle.

Portrait de la Comtesse Tessin, 1741, Musée du Louvre

Autant le début de sa carrière avait été brillant, autant les dernières années de Nattier furent remplies de chagrin. Bien avant que d’être hors d’état de pouvoir toucher le pinceau, il fut malheureux. La guerre, le fléau des arts, l’inconstance du public, le goût de la nouveauté, tout se réunit pour lui faire éprouver le plus triste abandon… Aux chagrins qu’il ressentit de l’abandon du public et de ses anciens protecteurs vint se joindre une douleur plus grande encore… Six mois après son arrivée à Rome, son fils se noya en se baignant dans le Tibre.

Les trois filles de Nattier avaient épousé, deux d’entre elles les peintres Challe et Tocqué, la troisième, Brochier, secrétaire d’ambassade. Réduit à un état voisin de la misère, ayant échoué à obtenir une pension qu’il avait sollicitée le 27 juin 1754, ressentant les premières atteintes du mal qui le retint au lit pendant les quatre dernières années de sa vie. Vieux, pauvre et malade, Nattier fut recueilli par son gendre Challe, chez lequel il mourut, en 1766, à l’âge de 81 ans« .

Liste des peintures de Jean-Marc Nattier

Lire aussi. Revue universelle des arts, Nécrologie des artistes et des curieux : Nattier, pp. 118-122.

B. Louis Tocqué. Source : larges extraits de l’article de Wikipédia.

« Resté orphelin à l’âge de 10 ans, le jeune Louis Tocqué fut recueilli par Nattier, qui lui fit faire des copies de portraits que l’on doit aux plus grands maîtres en ce genre. Tocqué acquit ainsi une manière belle, large, et parvint à donner à ses copies la même perfection que les originaux…

Ses ouvrages, quoiqu’ils se distinguent par une touche franche, spirituelle, et par une belle marche de lumière, se ressentent du goût de son temps ; ses poses ont quelque chose de prétentieux et d’affecté qui donne à ses personnages un air théâtral et tout à fait opposé au naturel.

1731. Agréé à l’Académie, sur présentation de la Famille de Peirenc de Moras, il y fut reçu en même temps que Boucher, au commencement de 1734, avec des portraits en trois-quarts de Louis Galloche et de Jean-Baptiste Lemoyne (aujourd’hui au Louvre).

1737 à 1759. Tocqué exposa à presque tous les Salons sans voir son succès fléchir.

1739-1740. Il eut à peindre, en 1739, le portrait du grand dauphin, l’an d’après celui de la reine Marie Leczinska (Paris, musée du Louvre). Toutefois le portrait de celle-ci est ici la pièce maîtresse du peintre, la reine en pied et debout, le corps un peu tourné à gauche, la tête de face, la main droite désignant la couronne royale posée sur une console dorée ; la robe est de satin blanc fleuri de pavots rouges, de feuillages verts et d’or. D’une coloration souple et puissante qui n’exclue ni la force, ni la douceur, elle a un air de majesté aimable, d’autorité souriante qui fait de cette peinture, du plus incontestable mérite.

Portrait en pied de Marie Leczinska, 1740. Ce tableau, copié plusieurs fois, est conservé en plusieurs exemplaires se trouvant au Musée du Louvre, au Musée des châteaux de Versailles et des Trianons, à L’Assemblée nationale, et au musée chinois du musée national du château de Fontainebleau.

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