Largillierre au musée Cognacq-Jay

Nicolas de Largillierre (1656-1746) est l’un des portraitistes les plus réputés des 17ème et 18ème siècles. A sa mort, il aurait laissé plus de 4 500 portraits. La chronique du 9 septembre 2021 n’en présentait que cinq, exposés dans les musées de Lille, Montpellier, Nantes, Strasbourg, Tours.

Quatre autres œuvres de Largillierre : un portrait du musée Cognacq-Jay, un portrait de famille du Louvre. Ce musée présente également une étude de mains et un décor.

Diaporama de 17 photos.

A. Portrait présumé de Madame la duchesse de Beaufort, Musée Cognacq-Jay, 1714, huile sur toile.

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« La tradition attachée à ce portrait livre un nom : Madame la duchesse de Beaufort. Il s’agirait d’une jeune femme de la grande noblesse anglaise peinte, sans doute, lors d’un séjour à Paris, mais nous ne disposons pas de plus de précisions sur sa vie et sa personnalité. Cette identification reste incertaine. Il existe plusieurs répliques autographes et copies anonymes de ce portrait dont les titres évoquent d’autres identifications du modèle (Burollet Thérèse, 2004, p.192-193) ». Source : citations de Paris Musées.

B. Études de mains, Musée du Louvre, vers 1715, huile sur toile.

Source : Ambroise Duchemin, Étude de mains. « Si l’œuvre peinte de Largillierre est bien connue, sa production graphique est beaucoup plus confidentielle. Peu de feuilles de sa main nous sont parvenues et celles-ci étaient déjà rares de son vivant.

Dans son Abrégé de la vie des plus fameux peintres, Dezallier d’Argenville explique : « Ses dessins sont peu communs ; il jettoit tout d’un coup sa pensée sur la toile : ceux que l’on conserve de lui, sont à la pierre noire, relevée de blanc de craie ; quelques uns à la sanguine, & la plume y est fort rarement employée, exceptée dans les croquis ; le feu et l’esprit qui étoient affectés à ce maitre, brillent de toutes parts. Ses études de draperies sont excellentes, & ses mains aux trois crayons, sont belles comme celles de Van Dyck ».

« Deux études de mains aux trois crayons s’ajoutent à cet ensemble. La première est une préparation avec légères variantes pour le Portrait de famille du Louvre. La seconde est un assemblage de mains repris de portraits précédemment peints par l’artiste. Ce second dessin a la même finalité que les célèbres Mains, toile conservée au Musée du Louvre. Il s’agit de souvenirs de compositions antérieures, couchés sur la feuille ou la toile, pour le plaisir du peintre. Ils constituent un répertoire réutilisable dans de futurs portraits ».

C. Portrait de famille, le peintre, sa femme et sa fille, vers 1720, huile sur toile, Musée du Louvre. Citation du cartel : « Les figures adoptent, en dépit du paysage de campagne sur lequel elles se détachent, les mines et les gestes policés des salons parisiens. La richesse des coloris traduit en infinies nuances la clarté changeante du ciel, les frondaisons du paysage jusqu’aux reflets satinés des étoffes ».

Source : extraits de l’article des Tableaux célèbres. « Nicolas de Largillière a situé son tableau, conventionnellement, dans un décor champêtre, sans même s’inquiéter de l’invraisemblance qu’il y avait à y faire figurer sa femme et sa fille, revêtues de leurs plus beaux atours et parées pour une réception bien plus que pour une promenade. C’étaient là fantaisies communes à cette époque : la figure importait seule dans un portrait et c’est à elle seule que s’attachait tout le soin de l’artiste. Pour le décor, il jouait également son rôle, mais un rôle de deuxième plan ; il était là pour faire valoir le personnage et rien que pour cela. Aussi, le peintre choisissait-il à son gré celui qui lui paraissait s’harmoniser le mieux au caractère du modèle, sans autrement se soucier de la vérité ou même de la vraisemblance.

Se conformant aux errements alors en cours, Largillière a mis sa famille en pleine campagne pour l’unique raison que le vert sombre du feuillage avantageait la beauté blonde de sa femme et de sa fille. Toutefois, comme s’il avait conscience de l’énormité de l’anachronisme, il a voulu faire une concession au bon sens : il s’est représenté lui-même avec un fusil entre les jambes et il a placé tout près de lui quelques oiseaux qu’il vient de tuer. Mais quel brillant et incommode costume pour courir les guérets ! Et comme on voit que le bon Largillière veut nous en faire accroire, qu’il n’a pas chassé, qu’il n’a pas aventuré sa haute perruque sous les branchages des fourrés ni risqué ses bas de soie aux piqûres des ronces ! Sur la roche où il est tranquillement assis, il ne donne pas l’impression d’un homme qui vient de battre la campagne. Sa tenue est irréprochable, la perruque retombe en boucles bien ordonnées autour de sa belle tête reposée qui n’est pas celle d’un Nemrod. Il porte un splendide costume gris très frais. Du bras gauche il s’accoude à la roche et par-dessus ses jambes croisées on aperçoit le museau d’un chien, compagnon bénévole de cette chasse peu meurtrière.

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